Article 5
Le cinquième commandement
I. Le respect de la vie humaine
Le témoignage de l’Histoire Sainte
L’Ancien Testament a toujours considéré le sang comme un signe sacré de la vie 1. La nécessité de cet enseignement est de tous les temps.
La légitime défense
Pendant longtemps, le recours à la peine de mort de la part de l’autorité légitime, après un procès régulier, fut considéré comme une réponse adaptée à la gravité de certains délits, et un moyen acceptable, bien qu’extrême, pour la sauvegarde du bien commun.
Aujourd’hui on est de plus en plus conscient que la personne ne perd pas sa dignité, même après avoir commis des crimes très graves. En outre, s’est répandue une nouvelle compréhension du sens de sanctions pénales de la part de l’État. On a également mis au point des systèmes de détention plus efficaces pour garantir la sécurité à laquelle les citoyens ont droit, et qui n’enlèvent pas définitivement au coupable la possibilité de se repentir.
C’est pourquoi l’Église enseigne, à la lumière de l’Évangile, que « la peine de mort est inadmissible car elle attente à l’inviolabilité et à la dignité de la personne » (François, Discours aux Participants à la Rencontre organisée par le Conseil Pontifical pour la Promotion de la Nouvelle Évangélisation, 11 octobre 2017) et elle s’engage de façon déterminée, en vue de son abolition partout dans le monde.
Rédaction antérieure (édition 1992)
Mais si des moyens non sanglants suffisent§2306 à défendre et à protéger la sécurité des personnes contre l’agresseur, l’autorité s’en tiendra à ces moyens, parce que ceux-ci correspondent mieux aux conditions concrètes du bien commun et sont plus conformes à la dignité de la personne humaine.
Aujourd’hui, en effet, étant données les possibilités dont l’État dispose pour réprimer efficacement le crime en rendant incapable de nuire celui qui l’a commis, sans lui enlever définitivement la possibilité de se repentir, les cas d’absolue nécessité de supprimer le coupable « sont désormais assez rares, sinon même pratiquement inexistants » (Evangelium vitæ, n. 56).
L’homicide volontaire
L’avortement
Mes os n’étaient point cachés devant toi quand je fus fait dans le secret, brodé dans les profondeurs de la terre 234.
Dieu, maître de la vie, a confié aux hommes le noble ministère de la vie, et l’homme doit s’en acquitter d’une manière digne de lui. La vie doit donc être sauvegardée avec soin extrême dès la conception : l’avortement et l’infanticide sont des crimes abominables e.
L’euthanasie
Le suicide
Des troubles psychiques graves, l’angoisse ou la crainte grave de l’épreuve, de la souffrance ou de la torture peuvent diminuer la responsabilité du suicidaire§1735.
II. Le respect de la dignité des personnes
Le respect de l’âme d’autrui : le scandale
Le respect de la santé
Le soin de la santé des citoyens requiert l’aide§1509 de la société pour obtenir les conditions d’existence qui permettent de grandir et d’atteindre la maturité : nourriture et vêtement, habitat, soins de santé, enseignement de base, emploi, assistance sociale.
Le respect de la personne et la recherche scientifique
Le respect de l’intégrité corporelle
Le respect des morts
III. La sauvegarde de la paix
La paix
La colère est un désir de vengeance. « Désirer la vengeance pour le mal de celui qu’il faut punir est illicite » ; mais il et louable d’imposer une réparation « pour la correction des vices et le maintien de la justice » a. Si la colère va jusqu’au désir délibéré de tuer le prochain ou de le blesser grièvement, elle va gravement contre la charité ; elle est péché mortel. Le Seigneur dit : « Quiconque se met en colère contre son frère sera passible du jugement » 2.
Éviter la guerre
Aussi longtemps cependant « que le risque de guerre subsistera, qu’il n’y aura pas d’autorité internationale compétente et disposant de forces suffisantes, on ne saurait dénier aux gouvernements, une fois épuisées toutes les possibilités de règlement pacifiques, le droit de légitime défense » a.§2268
– Que le dommage infligé par l’agresseur à la nation ou à la communauté des nations soit durable, grave et certain.
– Que tous les autres moyens d’y mettre fin se soient révélés impraticables ou inefficaces.
– Que soient réunies les conditions sérieuses de succès.
– Que l’emploi des armes n’entraîne pas des maux et des désordres plus graves que le mal à éliminer. La puissance des moyens modernes de destruction pèse très lourdement dans l’appréciation de cette condition.
Ce sont les éléments traditionnels énumérés dans la doctrine dite de la « guerre juste ».
L’appréciation de ces conditions de légitimité morale appartient au jugement prudentiel de ceux qui ont la charge§1897 du bien commun.
Ceux qui se vouent au service de la patrie dans§2239 la vie militaire, sont des serviteurs de la sécurité et de la liberté des peuples. S’ils§1909 s’acquittent correctement de leur tâche, ils concourent vraiment au bien commun de la nation et au maintien de la paix a.
Les actions délibérément contraires au droit des gens et à ses principes universels, comme les ordres qui les commandent, sont des crimes. Une obéissance aveugle ne suffit pas à excuser ceux qui s’y soumettent. Ainsi l’extermination d’un peuple, d’une nation ou d’une minorité ethnique doit être condamnée comme un péché mortel. On est moralement tenu de résister§2242 aux ordres qui commandent un génocide.
