En célébrant chaque année la liturgie de l’Avent, l’Église actualise cette attente du Messie : en communiant à la longue préparation de la première§1171 venue du Sauveur, les fidèles renouvellent l’ardent désir de son second Avènement 1. Par la célébration de la nativité et du martyre du Précurseur, l’Église s’unit à son désir : « Il faut que Lui grandisse et que moi je décroisse » 2.
Apocalypse 22, 17
Et l’Esprit et l’Épouse disent : « Venez ! » Que celui qui entend dise aussi : « Venez ! Que celui qui a soif, vienne ! Que celui qui le désire, prenne de l’eau de la vie gratuitement ! »Lire Apocalypse 22 en entier
Paragraphes du Catéchisme citant ce verset (6)
Déjà présent dans son Église, le Règne du Christ n’est cependant pas encore achevé « avec puissance et grande gloire » 1 par l’avènement du Roi sur la terre. Ce Règne est encore attaqué par les puissances mauvaises 2 même si elles ont été déjà vaincues à la base par la Pâque du Christ. Jusqu’à ce que tout lui ai été soumis 3, « jusqu’à l’heure où seront réalisés les nouveaux cieux et la nouvelle terre où la justice habite, l’Église en pèlerinage porte dans ses sacrements et ses institutions, qui relèvent de ce temps§769§773, la figure du siècle qui passe ; elle vit elle-même parmi les créatures qui gémissent présentement encore dans les douleurs de l’enfantement et attendent la manifestation des fils de Dieu » a. Pour cette raison les chrétiens§1043§1043§2046 prient, surtout dans l’Eucharistie 4, pour hâter le retour du Christ§2817 5 en lui disant : « Viens, Seigneur » 6.
L’unité du Christ et de l’Église, Tête et membres du Corps, implique aussi la distinction des deux dans une relation personnelle. Cet aspect est souvent exprimé par l’image de l’époux et de l’épouse. Le thème§757 du Christ Époux de l’Église a été préparé par les prophètes§219 et annoncé par Jean-Baptiste 1. Le Seigneur s’est lui-même désigné comme « l’Époux » 2. L’apôtre présente l’Église et chaque fidèle, membre de son Corps§772, comme une Épouse « fiancée » au Christ Seigneur, pour n’être avec Lui§1602 qu’un seul Esprit 3. Elle est l’Épouse immaculée de l’Agneau immaculé 4 que le Christ a aimée, pour laquelle Il s’est livré « afin de la sanctifier » 5, qu’Il s’est associée par§1616 une alliance éternelle, et dont Il ne cesse de prendre soin comme de son propre Corps 6 :
Voilà le Christ total, Tête et Corps, un seul formé de beaucoup. [...] Que ce soit la Tête qui parle, que ce soit les membres, c’est le Christ qui parle. Il parle en tenant le rôle de la Tête (ex persona capitis) ou bien en tenant le rôle du Corps (ex persona corporis). Selon ce qui est écrit : « Ils seront deux en une seule chair. C’est là un grand mystère, je veux dire en rapport avec le Christ et l’Église » 3. Et le Seigneur lui-même dans l’Évangile : « Non plus deux, mais une seule chair » 468. Comme vous l’avez vu, il y a bien en fait deux personnes différentes, et cependant, elles ne font qu’un dans l’étreinte conjugale. [...] En tant que Tête il se dit « Époux », en tant que Corps il se dit « Épouse » 912.
L’Église célèbre le Mystère de son Seigneur « jusqu’à ce qu’il vienne » et que « Dieu soit tout en tous » 1. Dès l’âge apostolique la Liturgie est attirée vers son terme par le gémissement de l’Esprit dans l’Église : « Marana Tha ! » 2. La liturgie participe ainsi au désir de Jésus : « J’ai désiré d’un grand désir manger cette Pâque avec vous [...] jusqu’à ce qu’elle s’accomplisse dans le Royaume de Dieu » 3. Dans les sacrements du Christ, l’Église reçoit déjà les arrhes§950 de son héritage, elle participe déjà à la vie éternelle, tout en « attendant la bienheureuse espérance et l’avènement de la gloire de notre grand Dieu et Sauveur, le Christ Jésus » 4. « L’Esprit et l’Épouse disent : Viens ! ... Viens, Seigneur Jésus ! » 5.
Saint Thomas résume ainsi les différentes dimensions du signe sacramentel : « Le sacrement est le signe qui remémore ce qui a précédé, à savoir la passion du Christ ; qui met en évidence ce qui s’opère en nous par la passion du Christ, à savoir la grâce ; qui pronostique, je veux dire qui annonce à l’avance la Gloire à venir » 27.
Sur ce chemin de la perfection, l’Esprit et l’Epouse appellent qui les entend 1 à la communion parfaite avec Dieu§314 :
Là sera la véritable gloire ; personne n’y sera loué par erreur ou par flatterie ; les vrais honneurs ne seront ni refusés à ceux qui les méritent, ni accordés aux indignes ; d’ailleurs nul indigne n’y prétendra, là où ne seront admis que ceux qui sont dignes. Là régnera la véritable paix où nul n’éprouvera d’opposition ni de soi-même ni des autres. De la vertu, Dieu lui-même sera la récompense, lui qui a donné la vertu et s’est promis lui-même à elle comme la récompense la meilleure et la plus grande qui puisse exister : « Je serai leur Dieu et ils seront mon peuple » 2. C’est aussi le sens des mots de l’apôtre : « Pour que Dieu soit tout en tous » 3. Il sera lui-même la fin de nos désirs, lui que nous contemplerons sans fin, aimerons sans satiété, louerons sans lassitude. Et ce don, cette affection, cette occupation seront assurément, comme la vie éternelle, communs à tous ». a.
La victoire sur le « prince de ce monde » 1 est acquise, une fois pour toutes, à l’Heure où Jésus se livre librement§677 à la mort pour nous donner sa Vie. C’est le jugement de ce monde et le prince de ce monde est jeté bas 2. « Il se lance à la poursuite de la Femme » 3, mais il n’a pas de prise sur elle : la nouvelle Ève, « pleine de grâce » de l’Esprit Saint§490, est préservée du péché et de la corruption de la mort a. « Alors, furieux de dépit contre la Femme, il s’en va guerroyer contre le reste de ses enfants » 4. C’est pourquoi l’Esprit et l’Église§972 prient : « Viens, Seigneur Jésus » 5 puisque sa Venue nous délivrera du Mauvais.
