Dieu qui « habite une lumière inaccessible » 1 veut communiquer sa propre vie divine aux hommes librement créés par Lui, pour en faire, dans son Fils unique, des fils adoptifs 2. En se révélant Lui-même, Dieu veut rendre les hommes capables de Lui répondre, de Le connaître et de L’aimer bien au-delà de tout ce dont ils seraient capables d’eux-mêmes.
Éphésiens 1, 4
C’est en lui qu’il nous a choisis dès avant la création du monde, pour que nous soyons saints et irrépréhensibles devant lui,Lire Éphésiens 1 en entier
Paragraphes du Catéchisme citant ce verset (10)
« O Trinité§758 lumière bienheureuse, O primordiale unité » a ! Dieu est éternelle béatitude, vie immortelle, lumière sans déclin. Dieu est amour : Père, Fils et Esprit§292 Saint§221§850. Librement Dieu veut communiquer la gloire de sa vie bienheureuse. Tel est le « dessein bienveillant » 1 qu’il a conçu dès avant la création du monde en son Fils bien-aimé, « nous prédestinant à l’adoption filiale en celui-ci » 2, c’est-à-dire « à reproduire l’image de Son Fils » 3 grâce à « l’Esprit d’adoption filiale » 4. Ce dessein est une « grâce donnée avant tous les siècles » 5, issue immédiatement de l’amour trinitaire. Il se déploie dans l’œuvre de la création, dans toute l’histoire du salut après la chute, dans les missions du Fils et de l’Esprit, que prolonge la mission de l’Église b.
Cette « sainteté éclatante absolument unique » dont elle est « enrichie dès le premier instant de sa conception » a lui vient tout entière du Christ : elle est « rachetée de façon éminente en considération des mérites§2011 de son Fils » b. Plus que toute autre personne créée, le Père§1077 l’a « bénie par toutes sortes de bénédictions spirituelles, aux cieux, dans le Christ » 1. Il l’a « élue en Lui, dès avant la fondation du monde, pour être sainte et immaculée en sa présence, dans l’amour » 2.
L’unité du Christ et de l’Église, Tête et membres du Corps, implique aussi la distinction des deux dans une relation personnelle. Cet aspect est souvent exprimé par l’image de l’époux et de l’épouse. Le thème§757 du Christ Époux de l’Église a été préparé par les prophètes§219 et annoncé par Jean-Baptiste 1. Le Seigneur s’est lui-même désigné comme « l’Époux » 2. L’apôtre présente l’Église et chaque fidèle, membre de son Corps§772, comme une Épouse « fiancée » au Christ Seigneur, pour n’être avec Lui§1602 qu’un seul Esprit 3. Elle est l’Épouse immaculée de l’Agneau immaculé 4 que le Christ a aimée, pour laquelle Il s’est livré « afin de la sanctifier » 5, qu’Il s’est associée par§1616 une alliance éternelle, et dont Il ne cesse de prendre soin comme de son propre Corps 6 :
Voilà le Christ total, Tête et Corps, un seul formé de beaucoup. [...] Que ce soit la Tête qui parle, que ce soit les membres, c’est le Christ qui parle. Il parle en tenant le rôle de la Tête (ex persona capitis) ou bien en tenant le rôle du Corps (ex persona corporis). Selon ce qui est écrit : « Ils seront deux en une seule chair. C’est là un grand mystère, je veux dire en rapport avec le Christ et l’Église » 3. Et le Seigneur lui-même dans l’Évangile : « Non plus deux, mais une seule chair » 468. Comme vous l’avez vu, il y a bien en fait deux personnes différentes, et cependant, elles ne font qu’un dans l’étreinte conjugale. [...] En tant que Tête il se dit « Époux », en tant que Corps il se dit « Épouse » 912.
L’Église est une, sainte, catholique et apostolique dans son identité profonde et ultime, parce que c’est en elle§811§541 qu’existe déjà et sera accompli à la fin des temps « le Royaume des cieux », « le Règne de Dieu » 1, advenu dans la Personne du Christ et grandissant mystérieusement au cœur de ceux qui Lui sont incorporés, jusqu’à sa pleine manifestation eschatologique. Alors tous les hommes rachetés par Lui, rendus en lui « saints et immaculés en présence de Dieu dans l’Amour » 2, seront rassemblés comme l’unique Peuple de Dieu, « l’Épouse de l’Agneau » 3, « la Cité Sainte descendant du Ciel, de chez Dieu, avec en elle la Gloire de Dieu » 4 ; et « le rempart de la ville repose sur les douze assises portant chacune le nom de l’un des douze apôtres de l’Agneau » 5.
« Béni soit le Dieu et Père de notre Seigneur Jésus-Christ, qui nous a bénis par toutes sortes de bénédictions spirituelles, aux§492 Cieux, dans le Christ. C’est ainsi qu’il nous a élus en lui, dès avant la fondation du monde, pour être saints et immaculés en sa présence, dans l’amour, déterminant d’avance que nous serions pour Lui des fils adoptifs par Jésus-Christ. Tel fut le bon plaisir de sa volonté, à la louange de gloire de sa grâce, dont Il nous a gratifiés dans le Bien-aimé » 1.
La conversion au Christ, la nouvelle naissance du Baptême, le don de l’Esprit Saint, le Corps et le Sang du Christ reçus en nourriture, nous ont rendu « saints et immaculés devant lui » 1, comme l’Église elle-même, épouse du Christ, est « sainte et immaculée devant lui » 2. Cependant, la vie nouvelle reçue dans l’initiation chrétienne n’a pas supprimé la fragilité et la faiblesse de la nature humaine, ni l’inclination au péché que la tradition appelle la concupiscence, qui demeure dans les baptisés§405§978 pour qu’ils fassent leurs preuves dans le combat de la vie chrétienne aidés par§1264 la grâce du Christ a. Ce combat est celui de la conversion en vue de la sainteté et de la vie éternelle à laquelle le Seigneur ne cesse de nous appeler bc.
Le terme « sanctifier » doit s’entendre ici, non d’abord dans son sens causatif (Dieu seul sanctifie, rend saint) mais surtout dans un sens estimatif : reconnaître comme saint, traiter d’une manière sainte. C’est ainsi que, dans l’adoration, cette invocation est parfois comprise§2097 comme une louange et une action de grâces (voir Ps 111:9 ; Lc 1:49). Mais cette demande nous est enseignée par Jésus comme un optatif : une demande, un désir et une attente où Dieu et l’homme sont engagés. Dès la première demande à notre Père, nous sommes plongés dans le mystère intime de sa Divinité et dans le drame du salut de notre humanité. Lui demander que son Nom soit sanctifié nous implique dans « le Dessein bienveillant qu’il avait formé par avance » pour que « nous soyons saints et immaculés en sa présence, dans l’amour » 1.
