Éphésiens 1, 9

en nous faisant connaître le mystère de sa volonté, selon le libre dessein que s’était proposé sa bonté,
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Paragraphes du Catéchisme citant ce verset (6)

« O Trinité§758 lumière bienheureuse, O primordiale unité » a ! Dieu est éternelle béatitude, vie immortelle, lumière sans déclin. Dieu est amour : Père, Fils et Esprit§292 Saint§221§850. Librement Dieu veut communiquer la gloire de sa vie bienheureuse. Tel est le « dessein bienveillant » 1 qu’il a conçu dès avant la création du monde en son Fils bien-aimé, « nous prédestinant à l’adoption filiale en celui-ci » 2, c’est-à-dire « à reproduire l’image de Son Fils » 3 grâce à « l’Esprit d’adoption filiale » 4. Ce dessein est une « grâce donnée avant tous les siècles » 5, issue immédiatement de l’amour trinitaire. Il se déploie dans l’œuvre de la création, dans toute l’histoire du salut après la chute, dans les missions du Fils et de l’Esprit, que prolonge la mission de l’Église b.
Dans le Symbole de la foi, l’Église confesse le mystère de la Trinité Sainte et son « dessein bienveillant » 1 sur toute la création§50 : le Père accomplit le « mystère de sa volonté » en donnant son Fils Bien-aimé et son Esprit Saint pour le salut du monde et pour la gloire de son Nom. Tel est le Mystère du Christ 2, révélé et réalisé dans l’histoire selon un plan, une « disposition » sagement ordonnée que saint Paul appelle « l’Économie du Mystère§236 » 3 et que la tradition patristique appellera « l’Économie du Verbe incarné » ou « l’Économie du salut ».
Du Christ, durant son ministère, les évangélistes ont retenu deux prières plus explicites. Or elles commencent chacune par§2637 l’action de grâces. Dans la première 1, Jésus confesse le Père, le reconnaît et le bénit parce qu’il a caché les mystères du Royaume à ceux qui se croient doctes et l’a révélé aux « tout petits » (les pauvres des Béatitudes). Son tressaillement§2546 « Oui, Père ! » exprime le fond de son cœur, son adhésion au « bon plaisir§494 » du Père, en écho au « Fiat » de Sa Mère lors de sa conception et en prélude à celui qu’il dira au Père dans son agonie. Toute la prière de Jésus est dans cette adhésion aimante de son cœur d’homme au « mystère de la volonté » du Père (Ep 1:9).
Deux formes fondamentales expriment ce mouvement : tantôt, elle monte, portée dans l’Esprit Saint, par le Christ§1083 vers le Père 1 ; tantôt, elle implore la grâce de l’Esprit Saint qui, par le Christ, descend d’auprès du Père 2.
Le terme « sanctifier » doit s’entendre ici, non d’abord dans son sens causatif (Dieu seul sanctifie, rend saint) mais surtout dans un sens estimatif : reconnaître comme saint, traiter d’une manière sainte. C’est ainsi que, dans l’adoration, cette invocation est parfois comprise§2097 comme une louange et une action de grâces (voir Ps 111:9 ; Lc 1:49). Mais cette demande nous est enseignée par Jésus comme un optatif : une demande, un désir et une attente où Dieu et l’homme sont engagés. Dès la première demande à notre Père, nous sommes plongés dans le mystère intime de sa Divinité et dans le drame du salut de notre humanité. Lui demander que son Nom soit sanctifié nous implique dans « le Dessein bienveillant qu’il avait formé par avance » pour que « nous soyons saints et immaculés en sa présence, dans l’amour » 1.
« Il nous a fait connaître le mystère de sa Volonté, ce dessein bienveillant qu’il avait formé par avance [...] ramener toutes§59 choses sous un seul Chef, le Christ. [...] c’est en lui que nous avons été mis à part, selon le plan préétabli de Celui qui mène toutes choses au gré de sa Volonté ». 1. Nous demandons instamment que se réalise pleinement ce Dessein bienveillant, sur la terre comme il l’est déjà dans le ciel.