Jean 15, 5

Je suis la vigne, vous êtes les sarments. Celui qui demeure en moi, et en qui je demeure, porte beaucoup de fruits : car, séparés de moi, vous ne pouvez rien faire.
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Paragraphes du Catéchisme citant ce verset (9)

C’est une vérité inséparable de la foi en Dieu le Créateur : Dieu agit en tout agir de ses créatures. Il est la cause première qui opère dans et par les causes secondes : « Car c’est Dieu qui opère en nous à la fois le vouloir et l’opération même, au profit de ses bienveillants desseins » 1. Loin de diminuer la dignité de la créature, cette vérité la rehausse. Tirée du néant par la puissance, la sagesse et la bonté de Dieu, elle ne peut rien§970 si elle est coupée de son origine, car « la créature sans le Créateur s’évanouit » a ; encore moins peut-elle atteindre sa fin ultime sans l’aide de la grâce 2.
La mission du Christ et de l’Esprit Saint§797-798 s’accomplit dans l’Église§1093-1109, Corps du Christ et Temple de l’Esprit Saint. Cette mission conjointe associe désormais les fidèles du Christ à sa communion avec le Père dans l’Esprit Saint : L’Esprit prépare les hommes, les prévient par sa grâce, pour les attirer vers le Christ. Il leur manifeste le Seigneur ressuscité, Il leur rappelle sa parole et leur ouvre l’esprit à l’intelligence de sa Mort et de sa Résurrection. Il leur rend présent le mystère du Christ, éminemment dans l’Eucharistie, afin de les réconcilier, de les mettre en communion avec Dieu, afin de leur faire porter « beaucoup de fruit » 1.
Dès le début, Jésus a associés ses disciples à sa vie 1 ; il leur a révélé le mystère du Royaume 2 ; il leur a donné part à sa mission, à sa joie 3 et à ses souffrances 4. Jésus parle d’une communion encore plus intime entre Lui et ceux qui le suivraient : « Demeurez en moi, comme moi en vous§755 [...]. Je suis le cep, vous êtes les sarments » 5. Et Il annonce une communion mystérieuse et réelle entre son propre corps et le nôtre : « Qui mange ma chair et boit mon sang demeure en moi et moi en lui » 6.
Jésus les unit à sa mission reçue du Père : comme « le Fils ne peut rien faire de Lui-même » 1, mais reçoit tout du Père qui l’a envoyé, ainsi ceux que Jésus envoie ne peuvent rien faire sans Lui 2 de qui ils reçoivent le mandat de mission et le pouvoir de l’accomplir. Les apôtres du Christ savent donc qu’ils sont qualifiés par Dieu comme§876 « ministres d’une alliance nouvelle » 3, « ministres de Dieu » 4, « en ambassade pour le Christ » 5, « serviteurs du Christ et dispensateurs des mystères de Dieu » 6.
« Le Christ envoyé par le Père étant la source et l’origine de tout l’apostolat de l’Église », il est évident que la fécondité de l’apostolat, celui des ministres ordonnés comme celui des laïcs, dépend§828 de leur union vitale avec le Christ 1a. Selon les vocations, les appels du temps, les dons variés du Saint-Esprit, l’apostolat prend les formes les plus§824 diverses. Mais c’est toujours la charité, puisée surtout dans l’Eucharistie, « qui est comme l’âme§1324 de tout apostolat » b.
Le terme de la mission de l’Esprit Saint dans toute action liturgique est de mettre en communion avec le Christ pour§788 former son Corps. L’Esprit Saint est comme la sève de la Vigne du Père qui porte son fruit dans les sarments 1. Dans la Liturgie se réalise la coopération la plus intime§1091 de l’Esprit Saint et de l’Église. Lui, l’Esprit de Communion, demeure indéfectiblement dans l’Église, et c’est pourquoi l’Église est le grand sacrement§775 de la Communion divine qui rassemble les enfants de Dieu dispersés. Le fruit de l’Esprit dans la Liturgie est inséparablement Communion avec la Trinité Sainte et Communion fraternelle 2.
Incorporés au Christ par le baptême 1, les chrétiens sont « morts au péché et vivants à Dieu dans le Christ Jésus » 2, participant§1267 ainsi à la vie du Ressuscité 3. À la suite du Christ et en union avec lui 4, les chrétiens peuvent « chercher à imiter Dieu comme des enfants bien-aimés et suivre la voie de l’amour » 5, en conformant leurs pensées, leurs paroles et leurs actions aux « sentiments qui sont dans le Christ Jésus » 6 et en suivant ses exemples 7.
Jésus dit : « Je suis la vigne ; vous êtes les sarments. Celui qui demeure en moi et moi en lui, celui-là porte beaucoup§2732 de fruit ; car hors de moi, vous ne pouvez rien faire » 1. Le fruit évoqué dans cette parole est la sainteté d’une vie fécondée par l’union au Christ. Lorsque nous croyons en Jésus-Christ, communions à ses mystères et gardons ses commandements§521, le Sauveur vient lui-même aimer en nous son Père et ses frères, notre Père et nos frères. Sa personne devient, grâce à l’Esprit, la règle vivante et intérieure de notre agir. « Voici quel est mon commandement : vous aimer les uns les autres, comme je vous ai aimés » 2.
La tentation la plus courante, la plus cachée, est notre manque de foi. Elle s’exprime moins par une incrédulité déclarée§2609§2089 que par une préférence de fait. Quand nous commençons à prier, mille travaux ou soucis, estimés urgents, se présentent comme prioritaires ; de nouveau, c’est le moment de la vérité du cœur et de son amour de préférence. Tantôt nous nous tournons vers le Seigneur comme le dernier recours : mais y croit-on vraiment ? Tantôt nous prenons le Seigneur comme allié, mais le cœur est§2092 encore dans la présomption. Dans tous les cas, notre manque de foi révèle que nous ne sommes pas encore dans la disposition du cœur humble : « Hors de moi, vous ne pouvez rien faire§2074 » 1.