Luc 1, 48

Parce qu’il a jeté les yeux sur la bassesse de sa servante. Voici, en effet, que désormais toutes les générations m’appelleront bienheureuse,
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Paragraphes du Catéchisme citant ce verset (5)

La Vierge Marie réalise de la façon la plus parfaite l’obéissance de la foi. Dans la foi§194, Marie accueillit l’annonce et la promesse§2617 apportées par l’ange Gabriel, croyant que « rien n’est impossible à Dieu » 1, et donnant son assentiment : « Je suis la servante du Seigneur, qu’il m’advienne selon ta parole » 2. Élisabeth la salua : « Bienheureuse celle qui a cru§506 en l’accomplissement de ce qui lui a été dit de la part du Seigneur » 3. C’est pour cette foi que toutes les générations la proclameront bienheureuse 4.
L’Esprit Saint a préparé Marie par sa grâce. Il convenait que fût « pleine de grâce » la mère de Celui en qui « habite corporellement la Plénitude de la Divinité » 1. Elle a été, par pure grâce, conçue sans péché comme la plus humble des créatures, la plus capable d’accueil au Don ineffable du Tout-Puissant. C’est à juste titre que l’ange Gabriel la salue comme la « Fille de Sion » : « Réjouis-toi » 2. C’est l’action§2676 de grâce de tout le Peuple de Dieu, et donc de l’Église, qu’elle fait monter vers le Père dans l’Esprit Saint en son cantique 3 alors qu’elle porte en elle le Fils éternel.
« Toutes les générations me diront bienheureuse » 1 : « La piété de l’Église envers la Saint Vierge est intrinsèque au culte chrétien » a. La sainte§1172 Vierge « est légitimement honorée par l’Église d’un culte spécial. Et de fait, depuis les temps les plus reculés, la bienheureuse Vierge est honorée sous le titre de ‘Mère de Dieu’ ; les fidèles se réfugient sous sa protection, l’implorant dans tous leurs dangers et leurs besoins [...]. Ce culte [...] bien que présentant un caractère absolument unique [...] n’en est pas moins essentiellement différent du culte d’adoration qui est rendu au Verbe incarné ainsi qu’au Père et à l’Esprit Saint ; il est éminemment apte à le servir » b ; il trouve son expression dans les fêtes liturgiques dédiées à la Mère de Dieu c et dans la prière mariale, telle le Saint Rosaire, « abrégé de tout§2678 l’Évangile » d.
Adorer Dieu, c’est, dans le respect et la soumission absolue reconnaître le « néant de la créature » qui n’est que par Dieu§2558. Adorer Dieu, c’est comme Marie, dans le Magnificat, le louer, l’exalter et s’humilier soi-même, en confessant avec gratitude qu’Il a fait de grandes choses et que saint est son nom 1. L’adoration du Dieu unique libère l’homme du repliement sur soi-même, de l’esclavage du péché et de l’idolâtrie du monde.
C’est à partir de cette coopération singulière de Marie à l’action de l’Esprit Saint que les Églises ont développé§970 la prière à la sainte Mère de Dieu, en la centrant sur la Personne du Christ manifestée dans§512 ses mystères. Dans les innombrables hymnes et antiennes qui expriment cette prière, deux mouvements alternent habituellement : l’un « magnifie » le Seigneur pour les§2619 « grandes choses » qu’il a faites pour son humble servante, et par elle, pour tous les humains 1 ; l’autre confie à la Mère de Jésus les supplications et les louanges des enfants de Dieu, puisqu’elle connaît maintenant l’humanité qui en elle est épousée par le Fils de Dieu.