Luc 24, 44

Puis il leur dit : « C’est là ce que je vous disais, étant encore avec vous, qu’il fallait que tout ce qui est écrit de moi dans la loi de Moïse, dans les Prophètes et dans les Psaumes s’accomplît. »
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Paragraphes du Catéchisme citant ce verset (7)

1. Porter une grande attention « au contenu et à l’unité de toute l’Écriture ». En effet, aussi différents que soient les livres qui la composent, l’Écriture est une en raison de l’unité§128 du dessein de Dieu§368, dont le Christ Jésus est le centre et le cœur, ouvert depuis sa Pâque 1.
Le cœur 23 du Christ désigne la Sainte Écriture qui fait connaître le cœur du Christ. Ce cœur était fermé avant la passion car l’Écriture était obscure. Mais l’Écriture a été ouverte après la passion, car ceux qui désormais en ont l’intelligence considèrent et discernent de quelle manière les prophéties doivent être interprétées a.
L’Église reste fidèle à « l’interprétation de toutes les Écritures » donnée par Jésus§599 lui-même avant comme après sa Pâque : « Ne fallait-il pas que le Messie endurât ces souffrances pour entrer dans sa gloire ? » 1. Les souffrances de Jésus ont pris leur forme historique concrète du fait qu’il a été « rejeté par les anciens, les grands prêtres et les scribes » 2 qui l’ont « livré aux païens pour être bafoué, flagellé et mis en croix » 3.
Ce dessein divin de salut par la mise à mort du « Serviteur, le Juste » 1 avait été annoncé par avance dans l’Écriture comme un mystère de rédemption universelle, c’est-à-dire de rachat qui libère les hommes de l’esclavage du péché 2. Saint Paul professe, dans une confession de foi qu’il dit avoir « reçue » 3 que « le Christ est mort pour nos péchés selon§652 les Écritures » 4. La mort rédemptrice de Jésus accomplit en particulier la prophétie du Serviteur souffrant§713 5. Jésus lui-même a présenté le sens de sa vie et de sa mort à la lumière du Serviteur souffrant 6. Après sa Résurrection, il a donné cette interprétation des Écritures aux disciples d’Emmaüs 7, puis aux apôtres eux-mêmes 8.
La Résurrection du Christ est accomplissement des promesses de l’Ancien Testament 1 et de Jésus§994 lui-même durant sa vie terrestre 2. L’expression « selon les Écritures » 3 indique que la Résurrection du Christ§601 accomplit ces prédictions.
C’est sur cette harmonie des deux Testaments§128-130 a que s’articule la catéchèse pascale du Seigneur 1, puis celle des Apôtres et des Pères de l’Église. Cette catéchèse dévoile ce qui demeurait caché sous la lettre de l’Ancien Testament : le mystère du Christ. Elle est appelée « typologique » parce qu’elle révèle la nouveauté du Christ à partir des « figures » (types) qui l’annonçaient dans les faits, les paroles, et les symboles de la première Alliance. Par cette relecture dans l’Esprit de Vérité à partir du Christ, les figures sont dévoilés (voir 2 Co 3:14-16). Ainsi, le déluge et l’arche de Noé préfiguraient le salut par le Baptême 2, la Nuée et la traversée de la Mer Rouge également, et l’eau du rocher était la figure des dons spirituels du Christ 3 ; la manne au désert préfigurait l’Eucharistie, « le vrai Pain du Ciel » 4.
Ces prières sont d’abord celles que les fidèles écoutent et lisent dans les Écritures, mais ils les actualisent, celles des Psaumes en particulier, à partir de leur accomplissement dans le Christ 1. L’Esprit Saint§1092, qui rappelle ainsi le Christ à son Église orante, la conduit aussi vers la Vérité tout entière et suscite des formulations nouvelles qui exprimeront l’insondable Mystère du Christ à l’œuvre dans la vie, les sacrements et la mission de son Église. Ces formulations se développeront dans les grandes traditions liturgiques§1200 et spirituelles. Les formes de la prière, telles que les révèlent les Écritures apostoliques canoniques, resteront normatives de la prière chrétienne.
Toutes les Écritures §2541, les Prophètes et les Psaumes) sont accomplies dans le Christ (voir Lc 24:44). L’Évangile est cette « Bonne§102 nouvelle ». Sa première annonce est résumée par saint Matthieu dans le Sermon sur la montagne 1. Or la prière à Notre Père est au centre de cette annonce. C’est dans ce contexte que s’éclaire chaque demande de la prière léguée par le Seigneur :
L’Oraison dominicale est la plus parfaite des prières. [...] En elle non seulement nous demandons tout ce que nous pouvons désirer avec rectitude, mais encore selon l’ordre où il convient de le désirer. De sorte que cette prière non seulement nous enseigne à demander, mais elle forme aussi toute notre affectivité (saint Thomas d’Aquin, summa theologiæ 2-2, 83, 9).