Le Royaume appartient aux pauvres et aux petits, c’est-à-dire à ceux qui l’ont accueilli avec un cœur humble. Jésus§709 est envoyé pour « porter la bonne nouvelle aux pauvres » 1. Il les déclare bienheureux car « le Royaume des cieux est à eux » 2 ; c’est aux§2443§2546 « petits » que le Père a daigné révéler ce qui reste caché aux sages et aux habiles 3. Jésus partage la vie des pauvres, de la crèche à la croix ; il connaît la faim 4, la soif 5 et le dénuement 6. Plus encore : il s’identifie aux pauvres de toutes sortes et fait de l’amour actif envers eux la condition de l’entrée dans son Royaume 7.
Matthieu 25, 40
Et le Roi leur répondra : En vérité, je vous le dis, toutes les fois que vous l’avez fait à l’un de ces plus petits de mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait.Lire Matthieu 25 en entier
Paragraphes du Catéchisme citant ce verset (10)
À la suite des prophètes 1 et de Jean-Baptiste 2, Jésus a annoncé dans sa prédication le Jugement du dernier Jour. Alors seront§1470 mis en lumière la conduite de chacun 3 et le secret des cœurs 4. Alors sera condamnée l’incrédulité coupable qui a tenu pour rien la grâce offerte par Dieu 5. L’attitude par rapport au prochain révélera l’accueil ou le refus de la grâce et de l’amour divin 6. Jésus dira au dernier jour : « Tout ce que vous avez fait à l’un de ces plus petits de mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait » 7.
Nous ne pouvons pas être unis à Dieu à moins de choisir librement de l’aimer. Mais nous ne pouvons pas aimer Dieu si nous péchons gravement contre Lui, contre notre prochain ou contre nous-mêmes : « Celui qui n’aime pas demeure dans la mort. Quiconque hait son frère est un homicide ; or vous savez qu’aucun homicide n’a la vie éternelle demeurant en lui » 1. Notre Seigneur nous avertit que nous serons séparés de Lui si nous omettons de rencontrer les besoins graves des pauvres et des petits qui sont ses frères 2. Mourir en péché mortel sans s’en être repenti et sans accueillir§1861 l’amour miséricordieux de Dieu, signifie demeurer séparé de Lui pour toujours par notre propre choix libre. Et c’est cet état d’auto-exclusion définitive§393 de la communion avec Dieu et avec les bienheureux qu’on désigne par le mot « enfer§633 ».
« Le Christ Jésus qui est mort, qui est ressuscité, qui est à la droite de Dieu, qui intercède pour nous » 1, est présent de multiples manières à son Église a : dans sa Parole, dans la prière de son Église, « là où deux ou trois sont rassemblés en mon nom » 2, dans les pauvres, les malades, les prisonniers 3, dans ses sacrements dont il est l’auteur, dans le sacrifice de la messe et en la personne du ministre. Mais « au plus haut point§1088 (il est présent) sous les espèces eucharistiques » (SC 7).
L’Eucharistie engage envers les pauvres : Pour recevoir dans la vérité le Corps et le Sang du Christ livrés pour nous, nous devons reconnaître§2449 le Christ dans les plus pauvres, Ses frères 1 :
Tu as goûté au sang du Seigneur et tu ne reconnais pas même ton frère. Tu déshonores cette table même, en ne jugeant pas digne de partager ta nourriture celui qui a été jugé digne de prendre part à cette table. Dieu t’a libéré de tous tes péchés et t’y a invité. Et toi, pas même alors, tu n’es devenu plus miséricordieux a.
Le Christ est mort par amour pour nous alors que nous étions encore « ennemis » 1. Le Seigneur nous demande d’aimer comme§604 Lui jusqu’à nos ennemis 2, de nous faire le prochain du plus lointain 3, d’aimer les enfants 4 et les pauvres comme Lui-même 5.
L’apôtre saint Paul a donné un incomparable tableau de la charité : « La charité prend patience, la charité rend service, elle ne jalouse pas, elle ne plastronne pas, elle ne s’enfle pas d’orgueil, elle ne fait rien de laid, elle ne cherche pas son intérêt, elle ne s’irrite pas, elle n’entretient pas de rancune, elle ne se réjouit pas de l’injustice, mais elle trouve sa joie dans la vérité. Elle excuse tout, elle croit tout, elle espère tout, elle endure tout » 6.
Les œuvres de miséricorde sont les actions charitables par lesquelles nous venons en aide à notre prochain dans ses§1460 nécessités corporelles et spirituelles 1. Instruire, conseiller, consoler, conforter sont des œuvres de miséricorde spirituelle, comme pardonner et supporter avec patience. Les œuvres de miséricorde corporelle consistent notamment à nourrir les affamés, loger les sans logis, vêtir les déguenillés, visiter les malades§1038 et les prisonniers, ensevelir les morts 2. Parmi ces gest§1004es, l’aumône faite aux pauvres§1969 3 est un des principaux témoignages de la charité fraternelle : elle est aussi une pratique de justice qui plaît à Dieu 4 :
Que celui qui a deux tuniques partage avec celui qui n’en a pas, et que celui qui a à manger fasse de même 25. Donnez plutôt en aumône tout ce que vous avez, et tout sera pur pour vous 7. Si un frère ou une sœur sont nus, s’ils manquent de leur nourriture quotidienne, et que l’un d’entre vous leur dise : « Allez en paix, chauffez-vous, rassasiez-vous », sans leur donner ce qui est nécessaire à leur corps, à quoi cela sert-il ? 89.
Dès l’Ancien Testament, toutes sortes de mesures juridiques (année de rémission, interdiction du prêt à intérêt et de la conservation d’un gage, obligation de la dîme, paiement quotidien du journalier, droit de grappillage et de glanage) répondent à l’exhortation du Deutéronome : « Certes les pauvres ne disparaîtront point de ce pays ; aussi je te donne ce commandement : tu dois ouvrir ta main à ton frère, à celui qui est humilié et pauvre dans ton pays » 1. Jésus fait sienne cette parole : « Les pauvres, en effet, vous les aurez toujours avec vous : mais moi, vous ne m’aurez pas toujours » 2. Par là il ne rend pas caduque§786 la véhémence des oracles anciens : « Parce qu’ils vendent le juste à prix d’argent et le pauvre pour une paire de sandales. » 3, mais il nous invite à reconnaître sa présence dans les pauvres qui§1397 sont ses frères 4 :
Le jour où sa mère la reprit d’entretenir à la maison pauvres et infirmes, sainte Rose de Lima lui dit : « Quand nous servons les pauvres et les malades, nous servons Jésus. Nous ne devons pas nous lasser d’aider notre prochain, parce qu’en eux c’est Jésus que nous servons » (Vita mirabilis (P. Hansen, Louvain 1668).
Mais la présence de ceux qui ont faim par manque de pain révèle une autre profondeur de cette demande. Le drame de la faim dans le monde appelle les chrétiens qui prient en vérité à une responsabilité effective envers leurs frères, tant dans leurs comportements personnels que dans leur solidarité avec la famille humaine. Cette demande de la Prière du Seigneur ne peut être isolée des paraboles du pauvre Lazare 1 et du jugement dernier§1038 2.
