Philippiens 2, 7

mais il s’est anéanti lui-même, en prenant la condition d’esclave, en se rendant semblable aux hommes, et reconnu pour homme par tout ce qui a paru de lui ;
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Paragraphes du Catéchisme citant ce verset (7)

Cette âme humaine que le Fils de Dieu a assumée est douée d’une vraie connaissance humaine. En tant que telle celle-ci ne pouvait pas être de soi illimitée : elle était exercée dans les conditions historiques de son existence dans l’espace et le temps. C’est pourquoi le Fils de Dieu a pu vouloir en se faisant homme « croître en sagesse, en taille et en grâce » 1 et de même avoir à s’enquérir sur ce que dans la condition humaine on doit apprendre de manière expérimentale 2. Cela correspondait à la réalité de son abaissement volontaire dans « la condition d’esclave » 3.
Saint Pierre peut en conséquence formuler ainsi la foi apostolique dans le dessein divin de salut : « Vous avez été affranchis de la vaine conduite héritée de vos pères par un sang précieux, comme d’un agneau sans reproche et sans tache, le Christ, discerné avant la fondation du monde et manifesté dans les derniers temps à cause de vous » 1. Les péchés des hommes, consécutifs au péché originel, sont sanctionnés par la mort 2. En envoyant§400 son propre Fils dans la condition d’esclave 3, celle d’une humanité déchue et vouée à la mort à cause du péché 4, « Dieu l’a fait péché pour nous§519, lui qui n’avait pas connu le péché, afin qu’en lui nous devenions justice pour Dieu » 5.
Défiguré par le péché et par la mort, l’homme demeure « à l’image de Dieu », à l’image du Fils, mais il est « privé§410 de la Gloire de Dieu » 1, privé de la « ressemblance ». La promesse faite à Abraham inaugure l’économie du salut au terme de laquelle le Fils lui-même assumera§2809 « l’image » 2 et la restaurera dans « la ressemblance » avec le Père en lui redonnant la Gloire, l’Esprit « qui donne la Vie ».
Les traits du Messie sont révélés surtout dans les chants du Serviteur 1. Ces chants annoncent le sens§601 de la passion de Jésus, et indiquent ainsi la manière dont Il répandra l’Esprit Saint pour vivifier la multitude : non pas de l’extérieur, mais en épousant notre « condition d’esclave » 2. Prenant sur lui notre mort, il peut nous communiquer son propre Esprit de vie.
Intrinsèquement lié à la nature sacramentelle du ministère ecclésial est son caractère de service§1551. En effet, entièrement dépendant du Christ qui donne mission et autorité, les ministres sont vraiment « esclaves du Christ§427 » 1, à l’image du Christ qui a pris librement pour nous « la forme d’esclave » 2. Parce que la parole et la grâce dont ils sont les ministres ne sont pas les leurs, mais celles du Christ qui les leurs a confiées pour les autres, ils se feront librement esclaves de tous 3.
Notre Seigneur s’est volontairement soumis au Baptême de saint Jean, destiné aux pécheurs, pour « accomplir toute justice§536 » 1. Ce geste de Jésus est une manifestation de son « anéantissement » 2. L’Esprit qui planait sur les eaux de la première création, descend alors sur le Christ, en prélude de la nouvelle création, et le Père manifeste Jésus comme son « Fils bien-aimé » 3.
Le péché est une offense de Dieu : « Contre toi, toi seul, j’ai péché. Ce qui est mal à tes yeux§1440, je l’ai fait » 1. Le péché se dresse contre l’amour de Dieu pour nous et en détourne nos cœurs. Comme le péché premier, il est une désobéissance, une révolte§397 contre Dieu, par la volonté de devenir « comme des dieux », connaissant et déterminant le bien et le mal 2. Le péché est ainsi « amour de soi jusqu’au mépris de Dieu » a. Par cette exaltation orgueilleuse de soi, le péché est diamétralement contraire§615 à l’obéissance de Jésus qui accomplit le salut 3.