Catéchisme

Prière d’intercession

8 paragraphes sélectionnés

1096, 1354, 1509, 2634, 2635, 2636, 2734, 2770

Liturgie juive et liturgie chrétienne. Une meilleure connaissance de la foi et de la vie religieuse du peuple juif, telles qu’elles sont professées et vécues encore maintenant, peut aider à mieux comprendre certains aspects de la liturgie chrétienne. Pour les juifs et pour les chrétiens l’Écriture Sainte est une part essentielle de leurs liturgies : pour la proclamation de la Parole de Dieu, la réponse à cette Parole, la prière de louange et d’intercession pour les vivants et les morts, le recours à la miséricorde divine. La liturgie de la Parole, dans sa structure propre, trouve son origine dans la prière§1174 juive. La prière des Heures et autres textes et formulaires liturgiques y ont leurs parallèles, ainsi que les formules mêmes de nos prières les plus vénérables, dont le Pater. Les prières eucharistiques§1352 s’inspirent aussi de modèles de la tradition juive. Le rapport entre liturgie juive et liturgie chrétienne, mais aussi la différence de leurs contenus, sont particulièrement visibles dans les grandes fêtes de l’année liturgique, comme la Pâque. Les chrétiens et les juifs célèbrent§841 la Pâque : Pâque de l’histoire, tendue vers l’avenir chez les juifs ; Pâque accomplie dans la mort et la résurrection du Christ chez les chrétiens, bien que toujours en attente de la consommation définitive.
Dans l’anamnèse qui suit, l’Église§954 fait mémoire de la passion, de la résurrection et du retour glorieux du Christ Jésus ; elle présente§1103 au Père l’offrande de son Fils qui nous réconcilie avec Lui.
« Guérissez les malades ! » 1. Cette charge, l’Église l’a reçue du Seigneur et tâche de la réaliser autant par les soins qu’elle apporte aux malades que par la prière d’intercession avec laquelle elle les accompagne. Elle croit en la présence vivifiante du Christ, médecin des âmes et des corps. Cette présence est particulièrement agissante à travers les sacrements, et de manière toute spéciale par l’Eucharistie, pain qui donne la vie§1405 éternelle 2 et dont saint Paul insinue le lien avec la santé corporelle 3.
L’intercession est une prière de demande qui nous conforme de près à la prière de Jésus. C’est Lui l’unique Intercesseur auprès du Père en faveur de tous les hommes, des pécheurs en particulier 1. Il est§432 « capable de sauver de façon définitive ceux qui par lui s’avancent vers Dieu, étant toujours vivant pour intercéder en leur faveur » 2. L’Esprit Saint lui-même « intercède pour nous [...] et son intercession pour les saints correspond aux vues de Dieu » 3.
Intercéder, demander en faveur d’un autre, est, depuis Abraham, le propre d’un cœur accordé à la miséricorde de Dieu. Dans le temps§2571 de l’Église, l’intercession chrétienne participe à celle du Christ : elle est l’expression de la communion des saints. Dans l’intercession, celui qui prie ne « recherche pas ses propres intérêts, mais songe plutôt à ceux§2577 des autres » 1, jusqu’à prier pour ceux qui lui font du mal 2.
Les premières communautés chrétiennes ont vécu intensément cette forme de partage 1. L’Apôtre Paul les fait participer ainsi à son ministère de l’Évangile 2, mais il intercède aussi pour elles 3. L’intercession des chrétiens ne connaît pas de frontières : « pour tous les hommes§1900, pour les dépositaires de l’autorité » 4, pour ceux qui persécutent 5, pour le salut§1037 de ceux qui repoussent l’Évangile 6.
La confiance filiale est éprouvée – elle se prouve – dans la tribulation 1. La difficulté principale concerne la prière de demande, pour§2629 soi ou pour les autres dans l’intercession. Certains cessent même de prier parce que, pensent-ils, leur demande n’est pas exaucée. Ici deux questions se posent : Pourquoi pensons-nous que notre demande n’a pas été exaucée ? Comment notre prière est-elle exaucée, « efficace » ?
Dans la Liturgie eucharistique la Prière du Seigneur apparaît comme la prière de toute l’Église. Là se révèle son sens§1350 plénier et son efficacité. Située entre l’Anaphore (Prière eucharistique) et la liturgie de la Communion, elle récapitule d’une part toutes les demandes et intercessions exprimées dans le mouvement de l’épiclèse, et, d’autre part, elle frappe à la porte du Festin du Royaume que la Communion sacramentelle va anticiper.