Catéchisme

Jugement de l’Église

6 paragraphes sélectionnés

119, 553, 2032, 2246, 2420, 2423

« Il appartient aux exégètes de s’efforcer, suivant ces règles, de pénétrer et d’exposer plus profondément le sens de la Sainte Écriture§113, afin que, par leurs études en quelque sorte préparatoires, mûrisse le jugement§94 de l’Église. Car tout ce qui concerne la manière d’interpréter l’Écriture est finalement soumis au jugement de l’Église, qui exerce le ministère et le mandat divinement reçus de garder la parole de Dieu et de l’interpréter » a :
Je ne croirais pas à l’Évangile, si l’autorité de l’Église catholique ne m’y poussait b.
Jésus a confié à Pierre une autorité spécifique : « Je te donnerai les clefs du Royaume des Cieux : quoi que tu lies§381 sur la terre, ce sera tenu dans les cieux pour lié, et quoi que tu délies sur la terre, ce sera tenu dans les cieux pour délié » 1. Le « pouvoir des clefs » désigne l’autorité pour gouverner la maison de Dieu, qui est l’Église. Jésus, « le Bon Pasteur » 2 a confirmé cette charge après sa Résurrection : « Pais mes brebis » 3. Le pouvoir de « lier et délier » signifie l’autorité pour absoudre§1445 les péchés, prononcer des jugements doctrinaux et prendre des décisions disciplinaires dans l’Église. Jésus a confié cette autorité à l’Église par le ministère des apôtres 4 et particulièrement de Pierre, le seul à qui il a confié explicitement les§641§881 clefs du Royaume.
L’Église, « colonne et soutien de la vérité » 1, « a reçu des Apôtres le solennel commandement du Christ de prêcher la vérité du salut » a. « Il appartient à l’Église d’annoncer en tout temps§2246 et en tout lieu les principes de la morale, même en ce qui concerne l’ordre social, ainsi que de porter un jugement sur toute réalité humaine, dans la mesure§2420 où l’exigent les droits fondamentaux de la personne et le salut des âmes » b.
Il appartient à la mission de l’Église de « porter un jugement moral, même en des matières qui touchent le domaine politique§2032, quand les droits fondamentaux de la personne ou le salut des âmes l’exigent, en utilisant tous les moyens, et ceux-là seulement, qui sont conformes§2420 à l’Évangile et en harmonie avec le bien de tous, selon la diversité des temps et des situations » a.
L’Église porte un jugement moral, en matière économique et sociale, « quand les droits fondamentaux de la personne ou le salut§2032 des âmes l’exigent » a. Dans l’ordre de la moralité elle relève d’une mission distincte de celle des autorités politiques : l’Église se soucie des aspects temporels du bien commun en raison de leur ordination au souverain Bien, notre§2246 fin ultime. Elle s’efforce d’inspirer les attitudes justes dans le rapport aux biens terrestres et dans les relations socio-économiques.
La doctrine sociale de l’Église propose des principes de réflexion ; elle dégage des critères de jugement ; elle donne des orientations pour l’action :