Catéchisme

Assemblée eucharistique

5 paragraphes sélectionnés

1329, 1348, 1383, 1566, 2777

Repas du Seigneur 1 parce qu’il s’agit de la Cène que le Seigneur a pris avec ses disciples la veille de sa passion et de l’anticipation§1382 du repas des noces de l’Agneau 2 dans la Jérusalem céleste.
Fraction du Pain parce que ce rite, propre au repas juif, a été utilisé par Jésus lorsqu’il bénissait et distribuait le pain en maître de table 3, surtout lors de la dernière Cène 4. C’est à ce geste que les disciples le reconnaîtront après sa résurrection 5, et c’est de cette expression que les premiers chrétiens désigneront leurs assemblées eucharistiques 6. Ils signifient par là que tous ceux qui mangent à l’unique pain rompu, le Christ§1348, entrent en communion§790 avec Lui et ne forment plus qu’un seul corps en Lui 7.
Assemblée eucharistique (synaxis) parce que l’Eucharistie est célébrée en l’assemblée des fidèles, expression visible de l’Église (voir 1 Co 11:17-34).
Tous se rassemblent. Les chrétiens accourent dans un même lieu pour l’assemblée eucharistique. À sa tête le Christ lui§1140-même qui est l’acteur principal de l’Eucharistie. Il est le grand prêtre de la Nouvelle Alliance. C’est Lui-même qui préside invisiblement toute célébration eucharistique. C’est en Le représentant que l’évêque ou le prêtre §1548« in persona Christi capitis ») préside l’assemblée, prend la parole après les lectures, reçoit les offrandes et dit la prière eucharistique. Tous ont leur part active dans la célébration, chacun à sa manière : les lecteurs, ceux qui apportent les offrandes, ceux qui donnent la communion, et le peuple tout entier dont l’Amen manifeste la participation.
L’autel, autour duquel l’Église est rassemblée dans la célébration de l’Eucharistie, représente les deux aspects d’un même mystère : l’autel du sacrifice et la table du Seigneur§1182, et ceci d’autant plus que l’autel chrétien est le symbole du Christ lui-même, présent au milieu de l’assemblée de ses fidèles, à la fois comme la victime offerte pour notre réconciliation et comme aliment céleste qui se donne à nous. « Qu’est-ce en effet l’autel du Christ sinon l’image du Corps du Christ ? » – dit saint Ambroise a, et ailleurs : « L’autel représente le Corps [du Christ], et le Corps du Christ est sur l’autel » b. La liturgie exprime cette unité du sacrifice et de la communion dans de nombreuses prières. Ainsi, l’Église de Rome prie dans son anaphore :
« C’est dans le culte ou synaxe eucharistique que s’exerce par excellence leur charge sacrée : là, tenant la place du Christ§1369 et proclamant son mystère, ils joignent les demandes des fidèles au sacrifice de leur chef, rendant présent et appliquant dans le sacrifice de la messe, jusqu’à ce que le Seigneur vienne, l’unique sacrifice du Nouveau Testament, celui du Christ§611 s’offrant une fois pour toutes à son Père en victime immaculée »a. De ce sacrifice unique, tout leur ministère sacerdotal tire sa force b.
Dans la liturgie romaine, l’assemblée eucharistique est invitée à prier Notre Père§270 avec une audace filiale ; les liturgies orientales utilisent et développent des expressions analogues : « Oser en toute assurance », « Rends-nous dignes de ». Devant le Buisson ardent, il fut dit à Moïse : « N’approche pas. Ote tes sandales » 1. Ce seuil de la Sainteté divine, Jésus seul pouvait le franchir, lui qui, « ayant accompli la purification des péchés » 2, nous introduit devant la Face du Père : « Nous voici, moi et mes enfants que tu m’as donnés » 3 :
La conscience que nous avons de notre situation d’esclaves nous ferait rentrer sous terre, notre condition terrestre se fondrait en poussière, si l’autorité de notre Père lui-même et l’Esprit de son Fils ne nous poussaient à proférer ce cri : ‘Abba, Père !’ 4 [...] Quand la faiblesse d’un mortel oserait-elle appeler Dieu son Père, sinon seulement lorsque l’intime de l’homme est animé par la Puissance d’en haut ? a.