Catéchisme

6 paragraphes sélectionnés

1351, 1883, 2440, 2444, 2447, 2829

Dès le début, les chrétiens apportent, avec le pain et le vin pour l’Eucharistie, leurs dons pour le partage§1397 avec ceux qui sont dans le besoin. Cette coutume de la collecte 1, toujours actuelle, s’inspire de l’exemple du Christ§2186 qui s’est fait pauvre pour nous enrichir 2 :
Ceux qui sont riches et qui veulent, donnent, chacun selon ce qu’il s’est lui-même imposé ; ce qui est recueilli est remis à celui qui préside et lui, il assiste les orphelins et les veuves, ceux que la maladie ou toute autre cause prive de ressources, les prisonniers, les immigrés et, en un mot, il secourt tous ceux qui sont dans le besoin a.
La socialisation présente aussi des dangers. Une intervention trop poussée de l’État peut menacer la liberté et l’initiative personnelles. La doctrine de l’Église a élaboré le principe dit de subsidiarité. Selon celui-ci, « une société d’ordre supérieur ne doit pas intervenir dans la vie interne d’une société d’ordre inférieur en lui enlevant ses compétences, mais elle doit plutôt la soutenir en cas de nécessité et l’aider à coordonner son action avec celle§2431 des autres éléments qui composent la société, en vue du bien commun » ab.
L’aide directe constitue une réponse appropriée à des besoins immédiats, extraordinaires, causés par exemple par des catastrophes naturelles, des épidémies, etc. Mais elle ne suffit pas à réparer les graves dommages qui résultent des situations de dénuement ni à pourvoir durablement aux besoins. Il faut aussi réformer les institutions économiques et financières internationales pour qu’elles promeuvent mieux des rapports équitables avec les pays moins avancés a. Il faut soutenir l’effort des pays pauvres travaillant à leur croissance et à leur libération b. Cette doctrine demande à être appliquée d’une manière très particulière dans le domaine du travail agricole. Les paysans, surtout dans le Tiers Monde, forment la masse prépondérante des pauvres.
« L’amour de l’Église pour les pauvres [...] fait partie de sa tradition constante » a. Il s’inspiré de l’Évangile des béatitudes 1, de la pauvreté§1716 de Jésus 2 et de son attention aux pauvres 3. L’amour des pauvres est même un des motifs du devoir de travailler, afin de « pouvoir faire le bien en secourant les nécessiteux » 4. Il ne s’étend pas seulement à la pauvreté matérielle, mais aussi aux nombreuses formes de pauvreté culturelle et religieuse b.
Les œuvres de miséricorde sont les actions charitables par lesquelles nous venons en aide à notre prochain dans ses§1460 nécessités corporelles et spirituelles 1. Instruire, conseiller, consoler, conforter sont des œuvres de miséricorde spirituelle, comme pardonner et supporter avec patience. Les œuvres de miséricorde corporelle consistent notamment à nourrir les affamés, loger les sans logis, vêtir les déguenillés, visiter les malades§1038 et les prisonniers, ensevelir les morts 2. Parmi ces gest§1004es, l’aumône faite aux pauvres§1969 3 est un des principaux témoignages de la charité fraternelle : elle est aussi une pratique de justice qui plaît à Dieu 4 :
Que celui qui a deux tuniques partage avec celui qui n’en a pas, et que celui qui a à manger fasse de même 25. Donnez plutôt en aumône tout ce que vous avez, et tout sera pur pour vous 7. Si un frère ou une sœur sont nus, s’ils manquent de leur nourriture quotidienne, et que l’un d’entre vous leur dise : « Allez en paix, chauffez-vous, rassasiez-vous », sans leur donner ce qui est nécessaire à leur corps, à quoi cela sert-il ? 89.
« Donne-nous » est encore l’expression de l’Alliance : nous sommes à Lui et il est à nous, pour nous. Mais ce « nous » le reconnaît aussi comme le Père de tous les hommes et nous le prions pour§1939 eux tous, en solidarité avec leurs besoins et leurs souffrances.