Catéchisme

Réconciliation avec les frères

6 paragraphes sélectionnés

1424, 1469, 2608, 2840, 2843, 2845

Il est appelé sacrement de la confession puisque l’aveu, la confession des péchés devant le prêtre est un élément essentiel§1456 de ce sacrement. Dans un sens profond ce sacrement est aussi une « confession », reconnaissance et louange de la sainteté de Dieu et de sa miséricorde envers l’homme pécheur.
Il est appelé sacrement du pardon puisque§1449 par l’absolution sacramentelle du prêtre, Dieu accorde au pénitent « le pardon et la paix » a.
Il est appelé sacrement de Réconciliation car il donne§1442 au pécheur l’amour de Dieu qui réconcilie : « Laissez-vous réconcilier avec Dieu » 1. Celui qui vit de l’amour miséricordieux de Dieu est prêt à répondre à l’appel du Seigneur : « Va d’abord te réconcilier avec ton frère » 2.
Ce sacrement nous réconcilie avec l’Église. Le péché ébrèche ou brise la communion fraternelle. Le sacrement de Pénitence la répare ou la restaure§953. En ce sens, il ne guérit pas seulement celui qui est rétabli dans la communion ecclésiale, il a aussi un effet vivifiant sur la vie de l’Église qui a souffert du péché d’un de ses membres 1. Rétabli ou affermi dans la communion des saints, le pécheur est fortifié par l’échange des biens spirituels§949 entre tous les membres vivants du Corps du Christ, qu’ils soient encore dans l’état de pèlerinage ou qu’ils soient déjà dans la patrie céleste a :
Il faut rappeler que la réconciliation avec Dieu a comme conséquence, pour ainsi dire, d’autres réconciliations qui porteront remède à d’autres ruptures produites par le péché : le pénitent pardonné se réconcilie avec lui-même dans la profondeur de son être, où il récupère la propre vérité intérieure ; il se réconcilie avec les frères que de quelque manière il a offensé et blessé ; il se réconcilie avec l’Église ; il se réconcilie avec la création toute entière b.
Dès le Sermon sur la Montagne, Jésus insiste sur la conversion du cœur : la réconciliation avec le frère avant de présenter une§541§1430 offrande sur l’autel 1, l’amour des ennemis et la prière pour les persécuteurs 2, prier le Père « dans le secret » 3, ne pas rabâcher de multiples paroles 4, pardonner du fond du cœur dans la prière 5, la pureté du cœur et la recherche du Royaume 6. Cette conversion est toute polarisée vers le Père, elle est filiale.
Or, et c’est redoutable, ce flot de miséricorde ne peut pénétrer notre cœur tant que nous n’avons pas pardonné à ceux qui nous ont offensés. L’Amour, comme le Corps du Christ, est indivisible : nous ne pouvons pas aimer le Dieu que nous ne voyons pas si nous n’aimons pas le frère, la sœur, que nous voyons 1. Dans le refus de pardonner à nos frères et sœurs, notre cœur se referme, sa dureté le rend imperméable à l’amour miséricordieux du Père ; dans§1864 la confession de notre péché, notre cœur est ouvert à sa grâce.
Ainsi prennent vie les paroles du Seigneur sur le pardon, cet Amour qui aime jusqu’à l’extrême de l’amour 1. La parabole du serviteur impitoyable, qui couronne l’enseignement du Seigneur sur la communion ecclésiale 2, s’achève sur cette parole : « C’est ainsi que vous traitera mon Père céleste, si chacun de vous ne pardonne pas à son frère du fond du cœur ». C’est là, en effet, « au fond du cœur » que tout se noue et se dénoue§368. Il n’est pas en notre pouvoir de ne plus sentir et d’oublier l’offense ; mais le cœur qui s’offre à l’Esprit Saint retourne la blessure en compassion et purifie la mémoire en transformant l’offense en intercession.
Il n’y a ni limite ni mesure à ce pardon essentiellement divin 1. S’il s’agit d’offenses 2, en fait nous sommes toujours débiteurs : « N’ayez de dettes§1441 envers personne, sinon celle de l’amour mutuel » 3. La Communion de la Trinité Sainte est la source et le critère de la vérité de toute relation 4. Elle est vécue dans la prière, surtout dans l’Eucharistie 5 :
Dieu n’accepte pas le sacrifice des fauteurs de désunion, il les renvoie de l’autel pour que d’abord ils se réconcilient avec leurs frères : Dieu veut être pacifié avec des prières de paix. La plus belle obligation pour Dieu est notre paix, notre concorde, l’unité dans le Père, le Fils et le Saint-Esprit de tout le peuple fidèle 2a.