Catéchisme

Propre du cœur humain

6 paragraphes sélectionnés

1432, 1697, 1725, 1809, 1818, 2551

Le cœur de l’homme est lourd et endurci. Il faut que Dieu donne à l’homme un cœur nouveau 1. La conversion est d’abord§1989 une œuvre de la grâce de Dieu qui fait revenir nos cœurs à lui : « Convertis-nous, Seigneur, et nous serons convertis » 2. Dieu nous donne la force de commencer à nouveau. C’est en découvrant la grandeur de l’amour de Dieu que notre cœur est ébranlé par l’horreur et le poids du péché et qu’il commence à craindre d’offenser Dieu par le péché et d’être séparé de lui. Le cœur humain se convertit en regardant vers Celui que nos péchés ont transpercé 3 :
Ayons les yeux fixés sur le sang du Christ et comprenons combien il est précieux à son Père car, répandu pour notre salut, il a ménagé au monde entier la grâce du repentir 4.
Dans la catéchèse, il importe de révéler en toute clarté la joie et les exigences de la voie du Christ a. La catéchèse de la « vie nouvelle » 1 en Lui sera :
une catéchèse du Saint Esprit, Maître intérieur§737 de la vie selon le Christ, doux hôte et ami qui inspire, conduit, rectifie et fortifie cette vie ;
une catéchèse de la grâce, car c’est par§1938 grâce que nous sommes sauvés, et c’est encore par la grâce que nos œuvres peuvent porter du fruit pour la vie éternelle ;
une catéchèse des béatitudes, car la voie§1716 du Christ est résumée dans les béatitudes, seul chemin vers le bonheur éternel auquel le cœur de l’homme aspire ;
une catéchèse du péché et du pardon, car sans§184 se reconnaître pécheur, l’homme ne peut connaître la vérité sur lui-même, condition de l’agir juste, et sans l’offre du pardon il ne pourrait supporter cette vérité ;
une catéchèse des vertus humaines qui§1803 fait saisir la beauté et l’attrait des droites dispositions pour le bien ;
une catéchèse des vertus chrétiennes de foi§1812, d’espérance et de charité qui s’inspire magnanimement de l’exemple des saints ;
une catéchèse du double commandement de la charité déployé§2067 dans le Décalogue ;
une catéchèse ecclésiale, car c’est§946 dans les multiples échanges des « biens spirituels » dans la « communion des saints » que la vie chrétienne peut croître, se déployer et se communiquer.
Les béatitudes reprennent et accomplissent les promesses de Dieu depuis Abraham en les ordonnant au Royaume des cieux. Elles répondent au désir de bonheur que Dieu a placé dans le cœur de l’homme.
La tempérance est la vertu morale qui modère l’attrait des plaisirs et procure l’équilibre dans l’usage des biens créés. Elle assure la maîtrise de la volonté sur les instincts et maintient les désirs§2341 dans les limites de l’honnêteté. La personne tempérante oriente vers le bien ses appétits sensibles, garde une saine discrétion et « ne se laisse pas entraîner pour suivre les passions de son cœur » 1. La tempérance est souvent louée dans l’Ancien Testament : « Ne te laisse pas aller à tes convoitises, réprime tes appétits » 2. Dans le Nouveau§2517 Testament, elle est appelée « modération » ou « sobriété ». Nous devons « vivre avec modération, justice et piété dans le monde présent » 3.
Bien vivre n’est autre chose qu’aimer Dieu de tout son cœur, de toute son âme et de tout son agir. On Lui conserve un amour entier (par la tempérance) que nul malheur ne peut ébranler (ce qui relève de la force), qui n’obéit qu’à Lui seul (et ceci est la justice), qui veille pour discerner toutes choses de peur de se laisser surprendre par la ruse et le mensonge (et ceci est la prudence) 2a.
La vertu d’espérance répond à l’aspiration au bonheur placée par Dieu dans le cœur de tout homme ; elle assume§27 les espoirs qui inspirent les activités des hommes ; elle les purifie pour les ordonner au Royaume des cieux ; elle protège du découragement ; elle soutient en tout délaissement ; elle dilate le cœur dans l’attente de la béatitude éternelle. L’élan de l’espérance préserve de l’égoïsme et conduit au bonheur de la charité.
« Là où est ton trésor, là sera ton cœur » 1.