Catéchisme

7 paragraphes sélectionnés

144, 145, 146, 165, 2570, 2572, 2676

Obéir (ob-audire) dans la foi, c’est se soumettre librement à la parole écoutée, parce que sa vérité est garantie par Dieu, la Vérité même. De cette obéissance, Abraham est le modèle que nous propose l’Écriture Sainte. La Vierge Marie en est la réalisation la plus parfaite.
L’Épître aux Hébreux, dans le grand éloge de la foi des ancêtres, insiste particulièrement sur la foi d’Abraham§59§2570 : « Par la foi, Abraham obéit à l’appel de partir vers un pays qu’il devait recevoir en héritage, et il partit ne sachant où il allait » 1. Par la foi, il a vécu en étranger et en pèlerin dans la Terre promise 2. Par la foi, Sara reçut de concevoir§489 le fils de la promesse. Par la foi enfin, Abraham offrit son fils unique en sacrifice 3.
Abraham réalise ainsi la définition de la foi donnée par l’épître aux Hébreux : « La foi est la garantie des biens§1819 que l’on espère, la preuve des réalités qu’on ne voit pas » 1. « Abraham eut foi en Dieu, et ce lui fut compté comme justice » 2. Grâce à cette « foi puissante » 3, Abraham est devenu « le père de tous ceux qui croiraient » 4.
C’est alors que nous devons nous tourner vers les témoins de la foi : Abraham, qui crut, « espérant contre toute espérance » 1 ; la Vierge Marie qui, dans « le pèlerinage de la foi » a, est allée§2719 jusque dans la « nuit de la foi » b en communiant à la souffrance de son Fils et à la nuit de son tombeau ; et tant d’autres témoins de la foi : « Enveloppés d’une si grande nuée de témoins, nous devons rejeter tout fardeau et le péché qui nous assiège et courir avec constance l’épreuve qui nous est proposée, fixant nos yeux sur le chef de notre foi, qui la mène à la perfection, Jésus »2.
Dès que Dieu l’appelle, Abraham part « comme le lui avait dit le Seigneur » 1 : son cœur est tout « soumis§145 à la Parole », il obéit. L’écoute du cœur qui se décide selon Dieu est essentielle à la prière, les paroles lui sont relatives. Mais la prière d’Abraham s’exprime d’abord par des actes : homme de silence, il construit, à chaque étape, un autel au Seigneur. Plus tard seulement apparaît sa première prière en paroles : une plainte voilée qui rappelle à Dieu ses promesses qui ne semblent pas se réaliser 2. Dès le début apparaît ainsi l’un des aspects du drame de la prière : l’épreuve de la foi en la fidélité de Dieu.
Ultime purification de sa foi, il est demandé au « dépositaire des promesses » 1 de sacrifier le fils que Dieu§603 lui a donné. Sa foi ne faiblit pas : « C’est Dieu qui pourvoira à l’agneau pour l’holocauste » 2, « car Dieu, pensait-il, est capable même de ressusciter les morts » 3. Ainsi le père des croyants est-il conformé à la ressemblance du Père qui n’épargnera pas son propre Fils mais le livrera pour nous tous 4. La prière restaure l’homme à la ressemblance de Dieu et le fait participer à la puissance de l’amour de Dieu qui sauve la multitude 5.
Ce double mouvement de la prière à Marie§722§490§435 a trouvé une expression privilégiée dans la prière de l’« Ave Maria » :§146