Beaucoup de péchés causent du tort au prochain. Il faut faire le possible pour le réparer §2412choses volées, rétablir la réputation de celui qui a été calomnié, compenser§2487 des blessures). La simple justice exige cela. Mais en plus, le péché blesse et affaiblit le pécheur lui-même, ainsi que ses relations avec Dieu et avec le prochain. L’absolution enlève le péché, mais elle ne remédie pas à tous les désordres que le péché a causés (voir concile de Trente : DS 1712). Relevé du péché, le pécheur doit encore recouvrer la pleine santé spirituelle. Il doit donc faire quelque chose de plus pour réparer ses§1473 péchés : il doit « satisfaire » de manière appropriée ou « expier » ses péchés. Cette satisfaction s’appelle aussi « pénitence ».
6 paragraphes sélectionnés
1459, 1787, 2401, 2446, 2447, 2487
Le septième commandement défend de prendre ou de retenir le bien du prochain injustement et de faire du tort au prochain en ses biens de quelque manière que ce soit. Il prescrit la justice et la charité§1807 dans la gestion des biens terrestres et des fruits du travail des hommes. Il demande en vue du bien commun le respect de la destination universelle des biens et du droit de propriété privée. La vie chrétienne s’efforce d’ordonner à Dieu et à la charité§952 fraternelle les biens de ce monde.
Saint Jean Chrysostome le rappelle vigoureusement : « Ne pas faire participer les pauvres à ses propres biens, c’est les voler et leur enlever la vie. Ce ne sont pas nos biens que nous détenons, mais§2402 les leurs » a. « Il faut satisfaire d’abord aux exigences de la justice, de peur que l’on n’offre comme don de la charité ce qui est déjà dû en justice » b :
Quand nous donnons aux pauvres les choses indispensables, nous ne leur faisons point de largesses personnelles, mais leur rendons ce qui est à eux. Nous remplissons bien plus un devoir de justice que nous n’accomplissons un acte de charité c.
Les œuvres de miséricorde sont les actions charitables par lesquelles nous venons en aide à notre prochain dans ses§1460 nécessités corporelles et spirituelles 1. Instruire, conseiller, consoler, conforter sont des œuvres de miséricorde spirituelle, comme pardonner et supporter avec patience. Les œuvres de miséricorde corporelle consistent notamment à nourrir les affamés, loger les sans logis, vêtir les déguenillés, visiter les malades§1038 et les prisonniers, ensevelir les morts 2. Parmi ces gest§1004es, l’aumône faite aux pauvres§1969 3 est un des principaux témoignages de la charité fraternelle : elle est aussi une pratique de justice qui plaît à Dieu 4 :
Que celui qui a deux tuniques partage avec celui qui n’en a pas, et que celui qui a à manger fasse de même 25. Donnez plutôt en aumône tout ce que vous avez, et tout sera pur pour vous 7. Si un frère ou une sœur sont nus, s’ils manquent de leur nourriture quotidienne, et que l’un d’entre vous leur dise : « Allez en paix, chauffez-vous, rassasiez-vous », sans leur donner ce qui est nécessaire à leur corps, à quoi cela sert-il ? 89.
Toute faute commise à l’égard de la justice et de la vérité appelle le devoir de réparation, même si son auteur a été pardonné§1459. Lorsqu’il est impossible de réparer un tort publiquement, il faut le faire en secret ; si celui qui a subi un préjudice ne peut être directement dédommagé, il faut lui donner satisfaction moralement, au nom de la charité. Ce devoir de réparation concerne§2412 aussi bien les fautes commises à l’égard de la réputation d’autrui. Cette réparation, morale et parfois matérielle, doit s’apprécier à la mesure du dommage qui a été causé. Elle oblige en conscience.
