Beaucoup de péchés causent du tort au prochain. Il faut faire le possible pour le réparer §2412choses volées, rétablir la réputation de celui qui a été calomnié, compenser§2487 des blessures). La simple justice exige cela. Mais en plus, le péché blesse et affaiblit le pécheur lui-même, ainsi que ses relations avec Dieu et avec le prochain. L’absolution enlève le péché, mais elle ne remédie pas à tous les désordres que le péché a causés (voir concile de Trente : DS 1712). Relevé du péché, le pécheur doit encore recouvrer la pleine santé spirituelle. Il doit donc faire quelque chose de plus pour réparer ses§1473 péchés : il doit « satisfaire » de manière appropriée ou « expier » ses péchés. Cette satisfaction s’appelle aussi « pénitence ».
8 paragraphes sélectionnés
1459, 1849, 2302, 2303, 2409, 2477, 2485, 2539
Le péché est une faute contre la raison, la vérité, la conscience droite ; il est un manquement à l’amour véritable, envers Dieu§311 et envers le prochain, à cause d’un attachement pervers à certains biens. Il blesse la nature de l’homme et porte atteinte à la solidarité humaine. Il a été défini comme « une parole, un acte ou un désir contraires à la loi éternelle§1952 » ab.
En rappelant le précepte : « Tu ne tueras pas » 1, notre Seigneur demande la paix du cœur et dénonce l’immoralité de la colère§1765 meurtrière et de la haine :
La colère est un désir de vengeance. « Désirer la vengeance pour le mal de celui qu’il faut punir est illicite » ; mais il et louable d’imposer une réparation « pour la correction des vices et le maintien de la justice » a. Si la colère va jusqu’au désir délibéré de tuer le prochain ou de le blesser grièvement, elle va gravement contre la charité ; elle est péché mortel. Le Seigneur dit : « Quiconque se met en colère contre son frère sera passible du jugement » 2.
La colère est un désir de vengeance. « Désirer la vengeance pour le mal de celui qu’il faut punir est illicite » ; mais il et louable d’imposer une réparation « pour la correction des vices et le maintien de la justice » a. Si la colère va jusqu’au désir délibéré de tuer le prochain ou de le blesser grièvement, elle va gravement contre la charité ; elle est péché mortel. Le Seigneur dit : « Quiconque se met en colère contre son frère sera passible du jugement » 2.
La haine volontaire est contraire à la charité. La haine du prochain est un péché quand l’homme lui veut délibérément§2094§1933 du mal. La haine du prochain est un péché grave quand on lui souhaite délibérément un tort grave. « Eh bien ! moi je vous dis : Aimez vos ennemis, priez pour vos persécuteurs ; ainsi vous serez fils de votre Père qui est aux cieux. » 1.
Toute manière de prendre et de détenir injustement le bien d’autrui, même si elle ne contredit pas les dispositions de la loi civile, est contraire au septième commandement. Ainsi, retenir délibérément des biens prêtés ou des objets perdus ; frauder dans le commerce 1 ; payer d’injustes§1867 salaires 2 ; hausser les prix en spéculant sur l’ignorance ou la détresse d’autrui 3.
Le respect de la réputation des personnes interdit toute attitude et toute parole susceptibles de leur causer un injuste dommage a. Se rend coupable
– de jugement téméraire celui qui, même tacitement admet comme vrai, sans fondement suffisant, un défaut moral chez le prochain.
– de médisancecelui qui, sans raison objectivement valable, dévoile à des personnes qui l’ignorent les défauts et les fautes d’autrui 1.
– de calomniecelui qui, par des propos contraires à la vérité, nuit à la réputation des autres et donne occasion à de faux jugements à leur égard.
– de jugement téméraire celui qui, même tacitement admet comme vrai, sans fondement suffisant, un défaut moral chez le prochain.
– de médisancecelui qui, sans raison objectivement valable, dévoile à des personnes qui l’ignorent les défauts et les fautes d’autrui 1.
– de calomniecelui qui, par des propos contraires à la vérité, nuit à la réputation des autres et donne occasion à de faux jugements à leur égard.
Le mensonge est condamnable dans sa nature. Il est une profanation de la parole qui a pour tâche de communiquer à d’autres§1756 la vérité connue. Le propos délibéré d’induire le prochain en erreur par des propos contraires à la vérité constitue un manquement à la justice et à la charité. La culpabilité est plus grande quand l’intention de tromper risque d’avoir des suites funestes pour ceux qui sont détournés du vrai.
L’envie est un vice capital. Elle désigne la tristesse éprouvée devant le bien d’autrui et le désir immodéré de se l’approprier, fût-ce indûment§1866. Quand elle souhaite un mal grave au prochain, elle est un péché mortel :
Saint Augustin voyait dans l’envie « le péché diabolique par excellence » a. « De l’envie naissent la haine, la médisance, la calomnie, la joie causée par le malheur du prochain et le déplaisir causé par sa prospérité » b.
