Action liturgique
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15, 1070, 1074, 1088, 1097, 1108, 1111, 1136, 1140, 1153, 1155
Le mot « Liturgie » dans le Nouveau Testament est employé pour désigner non seulement la célébration du culte divin 1, mais aussi l’annonce de l’Évangile 2 et la charité en acte 3. Dans toutes ces situations, il s’agit du service de Dieu et des hommes. Dans la célébration liturgique, l’Église est servante, à l’image de son Seigneur, l’unique « Liturge » 4, participant à son sacerdoce§783 (culte) prophétique (annonce) et royale (service de charité) :
C’est donc à juste titre que la liturgie est considérée comme l’exercice de la fonction sacerdotale de Jésus-Christ, exercice dans lequel la sanctification de l’homme est signifiée par des signes sensibles et est réalisée d’une manière propre à chacun d’eux, dans lequel le culte public intégral est exercé par le Corps mystique de Jésus-Christ, c’est-à-dire par le Chef et par ses membres. Par suite, toute célébration liturgique, en tant qu’œuvre du Christ prêtre et de son Corps qui est l’Église, est l’action sacrée par excellence dont nulle autre action de l’Église ne peut atteindre l’efficacité au même titre et au même degré 24.
« La Liturgie est le sommet auquel tend l’action de l’Église, et en même temps la source d’où découle toute sa vigueur » a. Elle est donc le lieu privilégié de la catéchèse du Peuple de Dieu. « La catéchèse est intrinsèquement reliée à toute l’action liturgique et sacramentelle, car c’est dans les Sacrements, et surtout dans l’Eucharistie, que le Christ Jésus agit en plénitude pour la transformation des hommes » b.
« Pour l’accomplissement d’une si grande œuvre » – la dispensation ou communication de son œuvre de salut, – « le Christ est§776 toujours là auprès de son Église, surtout dans les actions liturgiques§669. Il est là présent dans le Sacrifice de la Messe, et dans la personne du ministre, ‘le même offrant maintenant par le ministère des prêtres qui s’offrit alors Lui-même sur la Croix’ et, au plus haut point, sous les espèces eucharistiques. Il est§1373 là présent par sa vertu dans les sacrements, au point que lorsque quelqu’un baptise, c’est le Christ Lui-même qui baptise. Il est là présent dans sa parole, car c’est Lui qui parle tandis qu’on lit dans l’Église les Saintes Écritures. Enfin il est là présent lorsque l’Église prie et chante les psaumes, Lui qui a promis : ‘Là où deux ou trois sont rassemblés en mon nom, je suis là, au milieu d’eux’ 1 » a.
Dans la Liturgie de la Nouvelle Alliance, toute action liturgique, spécialement la célébration de l’Eucharistie et des sacrements, est une rencontre entre le Christ et l’Église. L’assemblée liturgique tient son unité de la « Communion de l’Esprit Saint » qui rassemble les enfants de Dieu dans l’unique Corps du Christ. Elle dépasse les affinités humaines, raciales, culturelles et sociales.
Le terme de la mission de l’Esprit Saint dans toute action liturgique est de mettre en communion avec le Christ pour§788 former son Corps. L’Esprit Saint est comme la sève de la Vigne du Père qui porte son fruit dans les sarments 1. Dans la Liturgie se réalise la coopération la plus intime§1091 de l’Esprit Saint et de l’Église. Lui, l’Esprit de Communion, demeure indéfectiblement dans l’Église, et c’est pourquoi l’Église est le grand sacrement§775 de la Communion divine qui rassemble les enfants de Dieu dispersés. Le fruit de l’Esprit dans la Liturgie est inséparablement Communion avec la Trinité Sainte et Communion fraternelle 2.
L’œuvre du Christ dans la Liturgie est sacramentelle parce que son Mystère de salut y est rendu présent par la puissance de son Esprit Saint ; parce que son Corps, qui est l’Église, est comme le sacrement (signe et instrument) dans lequel l’Esprit Saint dispense le Mystère du salut ; parce qu’à travers ses actions liturgiques, l’Église pérégrinante participe déjà, en avant-goût, à la Liturgie céleste.
C’est toute la Communauté, le Corps du Christ uni à son Chef, qui célèbre. « Les actions liturgiques ne sont pas des§752§1348 actions privées, mais des célébrations de l’Église, qui est ‘le sacrement de l’unité’, c’est-à-dire le peuple saint réuni et organisé sous l’autorité des Évêques. C’est pourquoi elles appartiennent au Corps tout entier de l’Église, elles le manifestent et elles l’affectent ; mais elles atteignent chacun de ses membres, de façon diverse, selon la diversité des ordres, des fonctions et de la participation effective » a. C’est pourquoi aussi « chaque§1372 fois que les rites, selon la nature propre de chacun, comportent une célébration commune, avec fréquentation et participation active des fidèles, on soulignera que celle-ci, dans la mesure du possible, doit l’emporter sur leur célébration individuelle et quasi privée » b.
Une célébration sacramentelle est une rencontre des enfants de Dieu avec leur Père, dans le Christ et l’Esprit Saint, et cette rencontre s’exprime comme un dialogue, à travers des actions et des paroles§53. Certes, les actions symboliques sont elles-mêmes déjà un langage, mais il faut que la Parole de Dieu et la réponse de foi accompagnent et vivifient ces actions, pour que la semence du Royaume porte son fruit dans la bonne terre. Les actions liturgiques signifient ce que la Parole de Dieu exprime : à la fois l’initiative gratuite de Dieu et la réponse de foi de son peuple.
Indissociables en tant que signes et enseignement, la parole et l’action liturgiques le sont aussi en tant que réalisant§1127 ce qu’ils signifient. L’Esprit Saint ne donne pas seulement l’intelligence de la Parole de Dieu en suscitant la foi ; par les sacrements il réalise aussi les « merveilles » de Dieu annoncées par la Parole : il rend présent et communique l’œuvre du Père accomplie par le Fils Bien-aimé.
