Catéchisme

Voir Dieu

11 paragraphes sélectionnés

163, 1531, 1547, 1548, 1549, 1550, 1716, 1722, 2518, 2519, 2557

La foi nous fait goûter comme à l’avance, la joie et la lumière de la vision béatifique, but de notre cheminement ici-bas. Nous verrons alors Dieu « face à face » 1, « tel qu’Il est » 2. La foi est donc§1088 déjà le commencement de la vie éternelle :
Tandis que dès maintenant nous contemplons les bénédictions de la foi, comme un reflet dans un miroir, c’est comme si nous possédions déjà les choses merveilleuses dont notre foi nous assure qu’un jour nous en jouirons a.
L’essentiel de la célébration de ce sacrement consiste en l’onction sur le front et les mains du malade (dans le rite romain) ou sur d’autres parties du corps (en Orient), onction accompagnée de la prière liturgique du prêtre célébrant qui demande la grâce spéciale de ce sacrement.
Le sacerdoce ministériel ou hiérarchique des évêques et des prêtres, et le sacerdoce commun de tous les fidèles, bien§1142 que « l’un et l’autre, chacun selon son mode propre, participent de l’unique sacerdoce du Christ » a, diffèrent cependant essentiellement, tout en étant « ordonnés l’un à l’autre » b. En quel sens ? Alors que le sacerdoce commun des fidèles se réalise dans le déploiement de la grâce baptismale, vie de foi, d’espérance et de charité, vie selon l’Esprit, le sacerdoce ministériel est au service du sacerdoce commun§1120, il est relatif au déploiement de la grâce baptismale de tous les chrétiens. Il est un des moyens par lesquels le Christ ne cesse de construire et de conduire son Église. C’est pour cela qu’il est transmis par un sacrement propre, le sacrement de l’Ordre.
Dans le service ecclésial du ministre ordonné, c’est le Christ lui-même qui est présent à son Église en tant que§875§792 Tête de son corps, Pasteur de son troupeau, grand prêtre du sacrifice rédempteur, Maître de la Vérité. C’est ce que l’Église exprime en disant que le prêtre, en vertu du sacrement de l’Ordre, agit in persona Christi Capitis a1bcd2 :
C’est le même Prêtre, le Christ Jésus, dont en vérité le ministre tient le rôle. Si, en vérité, celui-ci est assimilé au Souverain Prêtre, à cause de la consécration sacerdotale qu’il a reçue, il jouit du pouvoir d’agir par la puissance du Christ lui-même qu’il représente (virtute ac persona ipsius Christi) ef.
Le Christ est la source de tout le sacerdoce : car le prêtre de l’ancienne loi était figure du Christ et le prêtre de la nouvelle agit en la personne du Christ (saint Thomas d’Aquin, summa theologiæ 3, 22, 4).
Par le ministère ordonné, spécialement des évêques et des prêtres, la présence du Christ comme chef de l’Église, est rendue visible au milieu de la communauté des croyants a. Selon la belle expression de saint Ignace d’Antioche, l’évêque est typos tou Patros§1142, il est comme l’image vivante de Dieu le Père bc.
Cette présence du Christ dans le ministre ne doit pas être comprise comme si celui-ci était prémuni contre toutes les§896 faiblesses humaines, l’esprit de domination, les erreurs, voire le péché. La force de l’Esprit Saint ne garantit pas de la même manière tous les actes des ministres. Tandis que dans les sacrements cette garantie est donnée, de sorte que même§1128 le péché du ministre ne peut empêcher le fruit de grâce, il existe beaucoup d’autres actes§1584 où l’empreinte humaine du ministre laisse des traces qui ne sont pas toujours le signe de la fidélité à l’Évangile, et qui peuvent nuire par conséquent à la fécondité apostolique de l’Église.
Les béatitudes sont au cœur de la prédication de Jésus. Leur annonce reprend les promesses faites au peuple élu depuis Abraham. Elle les accomplit en les ordonnant non plus à la seule jouissance d’une terre, mais au Royaume des Cieux :
Bienheureux ceux qui ont une âme de pauvre, car le Royaume des cieux est à eux.
Bienheureux les doux, car ils possèderont la terre.
Bienheureux les affligés, car ils seront consolés.
Bienheureux les affamés et assoiffés de la justice, car ils seront rassasiés.
Bienheureux les miséricordieux, car ils obtiendront miséricorde.
Bienheureux les cœurs purs, car ils verront Dieu.
Bienheureux les artisans de paix, car ils seront appelés fils de Dieu.
Bienheureux les persécutés pour la justice, car le Royaume de Dieu est à eux.
Bienheureux êtes-vous quand on vous insultera, qu’on vous persécutera et qu’on dira faussement contre vous toute sorte d’infamie à cause de moi.
Soyez dans la joie et l’allégresse, car votre récompense sera grande dans les cieux
1.
Une telle béatitude dépasse l’intelligence et les seules forces humaines. Elle résulte d’un don gratuit de Dieu. C’est pourquoi§1028 on la dit surnaturelle, ainsi que la grâce qui§294 dispose l’homme à entrer dans la jouissance divine.
« Bienheureux les cœurs purs parce qu’ils verront Dieu ». Certes, selon sa grandeur et son inexprimable gloire, « nul ne verra Dieu et vivra », car le Père est insaisissable ; mais selon son amour, sa bonté envers les hommes et sa toute-puissance, il va jusqu’à accorder à ceux qui l’aiment le privilège de voir Dieu [...] « car ce qui est impossible aux hommes est possible à Dieu » a.
La sixième béatitude proclame : « Bienheureux les cœurs purs, car ils verront Dieu » 1. Les « cœurs purs » désignent ceux§94 qui ont accordé §158leur intelligence et leur volonté aux exigences de la sainteté de Dieu, principalement en trois domaines : la charité 2, la chasteté ou rectitude sexuelle 3, l’amour de la vérité et l’orthodoxie de la foi 4. Il existe un lien entre la pureté du cœur, du corps et de la foi :
Les fidèles doivent croire les articles du Symbole, « afin qu’en croyant, ils obéissent à Dieu ; qu’en obéissant, ils vivent bien ; qu’en vivant bien, ils purifient leur cœur et qu’en purifiant leur cœur, ils comprennent ce qu’ils croient » 3.
Aux « cœurs purs » est promis de voir Dieu§2548§2501 face-à-face et de Lui être semblables 1. La pureté du cœur est le préalable à la vision. Dès aujourd’hui, elle nous donne de voir selon Dieu, de recevoir autrui comme un « prochain » ; elle nous permet de percevoir le corps humain, le nôtre et celui du prochain, comme un temple de l’Esprit Saint§2819, une manifestation de la beauté divine.
L’homme de désir dit : « Je veux voir Dieu ». La soif de Dieu est étanchée par l’eau de la vie éternelle 1.