Catéchisme

Repas du royaume

6 paragraphes sélectionnés

1642, 1682, 2618, 2770, 2837, 2861

Le Christ est la source de cette grâce. « De même que Dieu prit autrefois l’initiative d’une alliance d’amour et de fidélité avec§1615 son peuple, ainsi, maintenant, le Sauveur des hommes, Epoux de l’Église, vient§796 à la rencontre des époux chrétiens par le sacrement du Mariage » a. Il reste avec eux, il leur donne la force de le suivre en prenant leur croix sur eux, de se relever après leurs chutes, de se pardonner mutuellement, de porter les uns les fardeaux des autres 1, d’être « soumis les uns aux autres dans la crainte du Christ » 2 et de s’aimer d’un amour surnaturel, délicat et fécond. Dans les joies de leur amour et de leur vie familiale il leur donne, dès ici-bas, un avant-goût du festin des noces de l’Agneau :
Où vais-je puiser la force de décrire de manière satisfaisante le bonheur du mariage que l’Église ménage, que confirme l’offrande, que scelle la bénédiction ; les anges le proclament, le Père céleste le ratifie. [...] Quel couple que celui de deux chrétiens, unis par une seule espérance, un seul désir, une seule discipline, le même service ! Tous deux enfants d’un même Père, serviteurs d’un même Maître ; rien ne les sépare, ni dans l’esprit ni dans la chair ; au contraire, ils sont vraiment deux en une seule chair. Là où la chair est une, un aussi est l’esprit b.
Le jour de la mort inaugure pour le chrétien, au terme de sa vie sacramentelle, l’achèvement de sa nouvelle naissance commencée au Baptême, la « ressemblance » définitive à « l’image du Fils » conférée par l’Onction de l’Esprit Saint et la participation au Festin du Royaume qui était anticipée dans l’Eucharistie, même si d’ultimes purifications lui sont encore nécessaires pour revêtir la robe nuptiale.
L’Évangile nous révèle comment Marie prie et intercède dans la foi : à Cana 1 la mère de Jésus prie son fils§2674 pour les besoins d’un repas de noces, signe d’un autre Repas, celui des noces de l’Agneau donnant son Corps et son Sang à la demande de l’Église, son Epouse. Et c’est à l’heure de la nouvelle Alliance, au pied de la Croix 2, que Marie est exaucée§726 comme la Femme, la nouvelle Ève, la véritable « mère des vivants ».
Dans la Liturgie eucharistique la Prière du Seigneur apparaît comme la prière de toute l’Église. Là se révèle son sens§1350 plénier et son efficacité. Située entre l’Anaphore (Prière eucharistique) et la liturgie de la Communion, elle récapitule d’une part toutes les demandes et intercessions exprimées dans le mouvement de l’épiclèse, et, d’autre part, elle frappe à la porte du Festin du Royaume que la Communion sacramentelle va anticiper.
« De ce jour ». Ce mot, épiousios, n’a pas d’autre emploi dans le Nouveau Testament. Pris dans un sens temporel§2659, il est une reprise pédagogique de « aujourd’hui » 1 pour nous confirmer dans une confiance « sans réserve ». Pris au sens qualitatif, il signifie le nécessaire à la vie, et plus largement tout bien suffisant pour la subsistance 2. Pris à la lettre §2633 : « sur-essentiel »), il désigne directement le Pain de Vie, le Corps du Christ, « remède§1405 d’immortalité » (saint Ignace d’Antioche) sans lequel nous n’avons pas la Vie en nous a. Enfin, lié au précédent, le sens céleste est évident : « ce Jour » est celui du Seigneur§1166, celui du Festin du Royaume, anticipé dans l’Eucharistie qui est déjà l’avant-goût du Royaume qui vient. C’est pourquoi il convient que la Liturgie eucharistique soit§1389 célébrée « chaque jour ».
L’Eucharistie est notre pain quotidien. La vertu propre à ce divin aliment est une force d’union : elle nous unit au Corps du Sauveur et fait de nous ses membres afin que nous devenions ce que nous recevons. [...] Ce pain quotidien est encore dans les lectures que vous entendez chaque jour à l’Église, dans les hymnes que l’on chante et que vous chantez. Tout cela est nécessaire à notre pèlerinage 3.
Le Père du ciel nous exhorte à demander comme des enfants du ciel, le Pain du ciel. b. Le Christ « lui-même est le pain qui, semé dans la Vierge, levé dans la chair, pétri dans la Passion, cuit dans la fournaise du sépulcre, mis en réserve dans l’Église, apporté aux autels, fournit chaque jour aux fidèles une nourriture céleste » (saint Pierre Chrysologue, sermones 71 : PL 52, 402D).
Dans la quatrième demande, en disant « Donne-nous », nous exprimons, en communion avec nos frères, notre confiance filiale envers notre Père des cieux. « Notre pain » désigne la nourriture terrestre nécessaire à notre subsistance à tous et signifie aussi le Pain de Vie : Parole de Dieu et Corps du Christ. Il est reçu dans l’ « Aujourd’hui » de Dieu, comme la nourriture indispensable, (sur-)essentielle du Festin du Royaume qu’anticipe l’Eucharistie.