L’initiative appartenant à Dieu dans l’ordre de la grâce, personne ne peut mériter la grâce première, à l’origine de la conversion, du pardon§1998 et de la justification. Sous la motion de l’Esprit Saint et de la charité, nous pouvons ensuite mériter pour nous-mêmes et pour autrui les grâces utiles pour notre sanctification, pour la croissance de la grâce et de la charité, comme pour l’obtention de la vie éternelle. Les biens temporels eux-mêmes, comme la santé, l’amitié, peuvent être mérités suivant la sagesse de Dieu. Ces grâces et ces biens sont l’objet de la prière chrétienne. Celle-ci pourvoit à notre besoin de la grâce pour les actions méritoires.
5 paragraphes sélectionnés
2010, 2559, 2590, 2736, 2830
« La prière est l’élévation de l’âme vers Dieu ou la demande à Dieu des biens convenables§2736 » a. D’où parlons-nous en priant ? De la hauteur de notre orgueil et de notre volonté propre, ou des « profondeurs » 1 d’un cœur humble et contrit ? C’est celui qui s’abaisse qui est élevé 2. L’humilité est le fondement de la prière§2613. « Nous ne savons que demander pour prier comme il faut » 3. L’humilité est la disposition pour recevoir gratuitement le don de la prière : L’homme est un mendiant de Dieu b.
Sommes-nous convaincus que « nous ne savons que demander pour prier comme il faut » 1 ? Demandons-nous à Dieu « les§2559 biens convenables » ? Notre Père sait bien ce qu’il nous faut, avant que nous le lui demandions 2 mais il attend notre demande parce que la dignité§1730 de ses enfants est dans leur liberté. Or il faut prier avec son Esprit de liberté, pour pouvoir connaître en vérité son désir 3.
« Notre pain ». Le Père, qui nous donne la vie, ne peut pas ne pas nous donner la nourriture nécessaire à la vie, tous les§2633 biens « convenables », matériels et spirituels. Dans le Sermon sur la montagne, Jésus§227 insiste sur cette confiance filiale qui coopère à la Providence de notre Père 1. Il ne nous engage à aucune passivité 2 mais veut nous libérer de toute inquiétude entretenue et de toute préoccupation. Tel est l’abandon filial des enfants de Dieu :
À ceux qui cherchent le Royaume et la justice de Dieu, il promet de donner tout par surcroît. Tout en effet appartient à Dieu : à celui qui possède Dieu, rien ne manque, si lui-même ne manque pas à Dieu a.
