Catéchisme

Seigneur

11 paragraphes sélectionnés

202, 209, 446, 447, 448, 449, 450, 451, 455, 668, 669

Jésus§446 Lui-même confirme que Dieu§42 est « l’unique Seigneur » et qu’il faut L’aimer « de tout son cœur, de toute son âme, de tout son esprit et de toutes ses forces » 1. Il laisse en même temps entendre qu’Il est Lui-même « le Seigneur » 2. Confesser que « Jésus est Seigneur§152 » est le propre de la foi chrétienne. Cela n’est pas contraire à la foi en Dieu l’Unique. Croire en l’Esprit Saint « qui est Seigneur et qui donne la Vie » n’introduit aucune division dans le Dieu unique :
Nous croyons fermement et nous affirmons simplement, qu’il y a un seul vrai Dieu, immense et immuable, incompréhensible, Tout-Puissant et ineffable, Père et Fils et Saint Esprit : Trois Personnes, mais une Essence, une Substance ou Nature absolument simple a.
Par respect pour sa sainteté, le peuple d’Israël ne prononce pas le nom de Dieu. Dans la lecture de l’Écriture Sainte le nom révélé§446 est remplacé par le titre divin « Seigneur » (Adonaï, en grec Kyrios). C’est sous ce titre que sera acclamée la Divinité de Jésus : « Jésus est Seigneur ».
Dans la traduction grecque des livres de l’Ancien Testament, le nom ineffable sous lequel Dieu s’est révélé à Moïse 1, YHWH, est rendu par Kyrios (« Seigneur »). Seigneur devient dès lors le nom le plus habituel pour désigner la divinité même du Dieu d’Israël. C’est dans ce sens fort que le Nouveau Testament§209 utilise le titre de « Seigneur » à la fois pour le Père, mais aussi, et c’est là la nouveauté, pour Jésus reconnu ainsi comme Dieu lui-même 2.
Jésus lui-même s’attribue de façon voilée ce titre lorsqu’il discute avec les Pharisiens sur le sens du Psaume 109 1, mais aussi de manière explicite en s’adressant à ses apôtres 2. Tout au long de sa vie§548 publique ses gestes de domination sur la nature, sur les maladies, sur les démons, sur la mort et le péché, démontraient sa souveraineté divine.
Très souvent, dans les Évangiles, des personnes s’adressent à Jésus en l’appelant « Seigneur ». Ce titre exprime le respect et la confiance de ceux qui s’approchent de Jésus et qui attendent de lui secours et guérison 1. Sous la motion de l’Esprit Saint, il exprime la reconnaissance du mystère§208§683 divin de Jésus 2. Dans la rencontre avec Jésus ressuscité, il devient adoration : « Mon Seigneur et mon Dieu ! » 3. Il prend alors une connotation d’amour et d’affection qui va rester le propre de la tradition chrétienne§641 : « C’est le Seigneur ! » 4.
En attribuant à Jésus le titre divin de Seigneur, les premières confessions de foi de l’Église affirment, dès l’origine 1, que le pouvoir, l’honneur et la gloire dus à Dieu le Père conviennent aussi à Jésus§461 2 parce qu’il est de « condition divine » 3 et que le Père a manifesté cette souveraineté§653 de Jésus en le ressuscitant des morts et en l’exaltant dans sa gloire 4.
Dès le commencement de l’histoire chrétienne, l’affirmation de la seigneurie de Jésus sur le monde§668§672 et sur l’histoire 1 signifie aussi la reconnaissance que l’homme ne doit soumettre sa liberté personnelle, de façon absolue, à aucun pouvoir terrestre, mais seulement à Dieu le Père§2242 et au Seigneur Jésus-Christ : César n’est pas « le Seigneur » 2. « L’Église croit [...] que la clé, le centre et la fin de toute histoire humaine se trouve en son Seigneur et Maître » a.
La prière chrétienne est marquée par le titre « Seigneur », que ce soit l’invitation à la prière « le Seigneur soit§2664-2665 avec vous », ou la conclusion de la prière « par Jésus-Christ notre Seigneur » ou encore le cri plein de confiance et d’espérance : « Maran atha » (« le Seigneur vient ! ») ou « Marana§2817 tha » (« Viens, Seigneur ! ») 1 : « Amen, viens, Seigneur Jésus ! » 2.
Le nom de Seigneur signifie la souveraineté divine. Confesser ou invoquer Jésus comme Seigneur, c’est croire en sa divinité. « Nul ne peut dire ‘Jésus est Seigneur’ s’il n’est avec l’Esprit Saint » 1.
« Le Christ est mort et revenu à la vie pour être le Seigneur des morts et des vivants » 1. L’Ascension du Christ au Ciel signifie sa participation, dans son humanité, à la puissance et à l’autorité de Dieu lui-même. Jésus-Christ est Seigneur : il possède tout pouvoir§450 dans les cieux et sur la terre. Il est « au-dessus de toute autorité, pouvoir, puissance et souveraineté », car le Père « a tout mis sous ses pieds » 2. Le Christ est le Seigneur du cosmos 3 et de l’histoire. En lui, l’histoire de l’homme et même toute la création trouvent leur « récapitulation » 4, leur achèvement transcendant§518.
Comme Seigneur, le Christ est aussi la tête de l’Église qui est son Corps 1. Élevé au ciel et glorifié, ayant ainsi accompli§792§1088 pleinement sa mission, il demeure sur la terre dans son Église. La Rédemption est la source de l’autorité que le Christ, en vertu de l’Esprit Saint§541, exerce sur l’Église 2. « Le règne du Christ est déjà mystérieusement présent dans l’Église », « germe et commencement de ce Royaume sur la terre » a3.