En désignant Dieu§2779 du nom de « Père », le langage de la foi indique principalement deux aspects : que Dieu est origine première de tout et autorité transcendante et qu’il est en même temps bonté et sollicitude aimante pour tous ses enfants. Cette tendresse parentale de Dieu peut aussi être exprimée par l’image de la maternité 1 qui indique davantage l’immanence de Dieu, l’intimité entre Dieu et Sa créature. Le langage de la foi puise ainsi dans l’expérience humaine des parents qui sont d’une certaine façon les premiers représentants de Dieu pour l’homme. Mais cette expérience dit aussi que les parents humains sont faillibles et qu’ils peuvent défigurer le visage de la paternité et de la maternité. Il convient alors de rappeler que Dieu transcende la distinction humaine des sexes. Il n’est ni homme, ni femme, il est Dieu§370. Il transcende aussi la paternité et la maternité humaines 2, tout en en étant l’origine et la mesure 3 : Personne n’est père comme l’est Dieu.
9 paragraphes sélectionnés
239, 308, 310, 311, 759, 1500, 1951, 2086, 2828
C’est une vérité inséparable de la foi en Dieu le Créateur : Dieu agit en tout agir de ses créatures. Il est la cause première qui opère dans et par les causes secondes : « Car c’est Dieu qui opère en nous à la fois le vouloir et l’opération même, au profit de ses bienveillants desseins » 1. Loin de diminuer la dignité de la créature, cette vérité la rehausse. Tirée du néant par la puissance, la sagesse et la bonté de Dieu, elle ne peut rien§970 si elle est coupée de son origine, car « la créature sans le Créateur s’évanouit » a ; encore moins peut-elle atteindre sa fin ultime sans l’aide de la grâce 2.
Mais pourquoi Dieu n’a-t-il pas créé un monde aussi parfait qu’aucun mal ne puisse y exister ? Selon sa puissance infinie, Dieu§412§1042-1050 pourrait toujours créer quelque chose de meilleur a. Cependant dans sa sagesse et sa bonté infinies, Dieu a voulu librement créer un monde « en état de voie » vers sa perfection ultime. Ce devenir comporte, dans le dessein de Dieu, avec l’apparition de certains êtres, la disparition d’autres, avec le plus parfait aussi§342 le moins parfait, avec les constructions de la nature aussi les destructions. Avec le bien physique existe donc aussi le mal physique, aussi longtemps que la création n’a pas atteint sa perfection b.
Les anges et les hommes, créatures intelligentes et libres, doivent cheminer vers leur destinée ultime par choix§396 libre et amour de préférence. Ils peuvent donc se dévoyer. En fait, ils ont péché. C’est§1849 ainsi que le mal moral est entré dans le monde, sans commune mesure plus grave que le mal physique. Dieu n’est en aucune façon, ni directement ni indirectement, la cause du mal moral ab. Il le permet cependant, respectant la liberté de sa créature, et, mystérieusement, il sait en tirer le bien :
Car le Dieu Tout-puissant [...], puisqu’il est souverainement bon, ne laisserait jamais un mal quelconque exister dans ses œuvres s’il n’était assez puissant et bon pour faire sortir le bien du mal lui-même c.
« Le Père éternel par la disposition absolument libre et mystérieuse de sa sagesse et de sa bonté a créé§293 l’univers ; il a décidé d’élever les hommes à la communion de sa vie divine », à laquelle il appelle tous les hommes dans son Fils : « Tous ceux qui croient au Christ, le Père a voulu les appeler à former la sainte Église ». Cette « famille de Dieu§1655 » se constitue et se réalise graduellement au long des étapes de l’histoire humaine, selon les dispositions du Père : en effet, l’Église a été « préfigurée dès l’origine du monde ; elle a été merveilleusement préparée dans l’histoire du peuple d’Israël et dans l’Ancienne Alliance ; elle a été instituée enfin en ces temps qui sont les derniers ; elle est manifestée grâce à l’effusion de l’Esprit Saint et, au terme des siècles, elle sera consommée dans la gloire » a.
La maladie et la souffrance ont toujours été parmi les problèmes les plus graves qui éprouvent la vie humaine. Dans la maladie, l’homme fait l’expérience de son impuissance, de ses limites et de sa finitude. Toute maladie peut nous faire entrevoir la mort§1006.
La loi est une règle de conduite édictée par l’autorité compétente en vue du bien commun. La loi morale suppose l’ordre rationnel établi entre les créatures, pour leur bien et en vue de leur fin, par la puissance, la sagesse§301 et la bonté du Créateur. Toute loi trouve dans§295 la loi éternelle sa vérité première et ultime. La loi est déclarée et établie par la raison§306 comme une participation à la providence du Dieu vivant Créateur et Rédempteur de tous. « Cette ordination de la raison, voilà ce qu’on appelle la loi » ab :
Seul parmi tous les êtres animés, l’homme peut se glorifier d’avoir été digne de recevoir de Dieu une loi : animal doué de raison, capable de comprendre et de discerner, il réglera sa conduite en disposant de sa liberté et de sa raison, dans la soumission à Celui qui lui a tout remis c.
« Le premier des préceptes embrasse la foi, l’espérance et la charité. Qui dit Dieu, en effet, dit un être constant§212, immuable, toujours le même, fidèle, parfaitement juste. D’où il suit que nous devons nécessairement accepter ses Paroles, et avoir en lui une foi et une confiance entières. Il est tout-puissant, clément, infiniment porté à faire du bien. Qui pourrait ne pas mettre en lui toutes ses espérances ? Et qui pourrait ne pas l’aimer en contemplant les trésors de bonté et de tendresse qu’il a répandus sur nous ? De là cette formule que Dieu emploie dans la Sainte Écriture soit au commencement§2061, soit à la fin de ses préceptes : ‘Je suis le Seigneur’ » a.
« Donne-nous » : elle est belle la confiance des enfants qui attendent tout de leur Père. « Il fait lever son soleil§2778 sur les méchants et sur les bons et tomber la pluie sur les justes et sur les injustes » 1 et il donne à tous les vivants « en son temps leur nourriture » 2. Jésus nous apprend cette demande : elle glorifie en effet notre Père parce qu’elle reconnaît combien il est Bon au-delà de toute bonté.
