« La révélation chrétienne conduit à une intelligence plus pénétrante des lois de la vie sociale » a. L’Église reçoit§1960 de l’Évangile la pleine révélation de la vérité de l’homme. Quand elle accomplit sa mission d’annoncer l’Évangile, elle atteste à l’homme, au nom du Christ, sa dignité propre§359 et sa vocation à la communion des personnes ; elle lui enseigne les exigences de la justice et de la paix, conformes à la sagesse divine.
7 paragraphes sélectionnés
2419, 2420, 2421, 2422, 2423, 2424, 2425
L’Église porte un jugement moral, en matière économique et sociale, « quand les droits fondamentaux de la personne ou le salut§2032 des âmes l’exigent » a. Dans l’ordre de la moralité elle relève d’une mission distincte de celle des autorités politiques : l’Église se soucie des aspects temporels du bien commun en raison de leur ordination au souverain Bien, notre§2246 fin ultime. Elle s’efforce d’inspirer les attitudes justes dans le rapport aux biens terrestres et dans les relations socio-économiques.
La doctrine sociale de l’Église s’est développée au dix-neuvième siècle lors de la rencontre de l’Évangile avec la société industrielle moderne, ses nouvelles structures pour la production de biens de consommation, sa nouvelle conception de la société, de l’État et de l’autorité, ses nouvelles formes de travail et de propriété. Le développement de la doctrine de l’Église, en matière économique et sociale, atteste la valeur permanente de l’enseignement de l’Église, en même temps que le sens véritable de sa Tradition toujours vivante et active a.
L’enseignement social de l’Église comporte un corps de doctrine qui s’articule à mesure que l’Église interprète les événements au cours de l’histoire, à la lumière de l’ensemble de la parole révélée par le Christ Jésus avec l’assistance de l’Esprit Saint a1. Cet enseignement devient d’autant plus acceptable pour les hommes de bonne volonté qu’il inspire davantage la conduite§2044 des fidèles.
L’Église a rejeté les idéologies totalitaires et athées associées, dans les temps modernes, au « communisme » ou au « socialisme ». Par ailleurs, elle a récusé§676 dans la pratique du « capitalisme » l’individualisme et le primat absolu de la loi du marché sur le travail humain a1. La régulation de l’économie par la seule planification centralisée pervertit à la base les liens sociaux ; sa régulation par la seule loi du marché manque à la justice sociale « car il y a de nombreux besoins humains qui ne peuvent être satisfaits par le marché » b. Il faut préconiser une régulation raisonnable du marché et des initiatives économiques, selon une juste hiérarchie des valeurs et en vue du bien commun§1886.
