Avant sa Pâque, Jésus annonce l’envoi d’un « autre Paraclet » (Défenseur), l’Esprit Saint. À l’œuvre depuis la création (voir Gn 1:2), ayant§683 jadis « parlé par les prophètes » (Symbole de Nicée-Constantinople), il sera maintenant auprès des disciples§2780 et en eux 1, pour les enseigner (voir Jn 14:26) et les conduire « vers la vérité tout entière§687 » 2. L’Esprit Saint est ainsi révélé comme une autre personne divine par rapport à Jésus et au Père.
Révélation de l’Esprit
6 paragraphes sélectionnés
243, 244, 245, 683, 686, 687
L’origine éternelle de l’Esprit se révèle dans sa mission temporelle. L’Esprit Saint est envoyé aux apôtres et à l’Église aussi bien par le Père au nom du Fils, que par le Fils en personne, une fois retourné auprès du Père 1. L’envoi de la personne de l’Esprit après la glorification de Jésus 2 révèle en plénitude le mystère de la Sainte Trinité§732.
La foi apostolique concernant l’Esprit a été confessée par le deuxième Concile œcuménique en 381 à Constantinople : « Nous croyons dans§152 l’Esprit Saint, qui est Seigneur et qui donne la vie ; il procède du Père » a. L’Église reconnaît par là le Père comme « la source et l’origine de toute la divinité » b. L’origine éternelle de l’Esprit Saint n’est cependant pas sans lien avec celle du Fils : « L’Esprit Saint qui est la Troisième Personne de la Trinité, est Dieu, un et égale au Père et au Fils, de même substance et aussi de même nature. [...] Cependant, on ne dit pas qu’il est seulement l’Esprit du Père, mais à la fois l’Esprit du Père et du Fils » c. Le Credo du Concile de Constantinople§685 de l’Église confesse : « Avec le Père et le Fils il reçoit même adoration et même gloire » d.
« Nul ne peut appeler Jésus Seigneur§2670§249 sinon dans l’Esprit Saint » 1. « Dieu§424§152 a envoyé dans nos cœurs l’Esprit de son Fils qui crie : Abba, Père ! » 2. Cette connaissance de foi n’est possible que dans l’Esprit Saint. Pour être en contact avec le Christ, il faut d’abord avoir été touché par l’Esprit Saint. C’est lui qui vient au devant de nous, et suscite en nous la foi. De par notre Baptême, premier sacrement de la foi, la Vie, qui a sa source dans le Père et nous est offerte dans le Fils, nous est communiquée intimement et personnellement par l’Esprit Saint dans l’Église :
Le Baptême nous accorde la grâce de la nouvelle naissance en Dieu le Père par le moyen de son Fils dans l’Esprit Saint. Car ceux qui portent l’Esprit de Dieu sont conduits au Verbe, c’est-à-dire au Fils ; mais le Fils les présente au Père, et le Père leur procure l’incorruptibilité. Donc, sans l’Esprit, il n’est pas possible de voir le Fils de Dieu, et, sans le Fils, personne ne peut approcher du Père, car la connaissance du Père, c’est le Fils, et la connaissance du Fils de Dieu se fait par l’Esprit Saint a.
L’Esprit Saint est à l’œuvre avec le Père et le Fils du commencement à la consommation du dessein de notre salut. Mais c’est§258 dans les « derniers temps », inaugurés avec l’Incarnation rédemptrice du Fils, qu’Il est révélé et donné, reconnu et accueilli comme Personne. Alors ce dessein divin, achevé dans le Christ, « Premier-Né » et Tête de la nouvelle création, pourra prendre corps dans l’humanité par l’Esprit répandu : l’Église, la communion des saints, la rémission des péchés, la résurrection de la chair, la vie éternelle.
« Nul ne connaît ce qui concerne Dieu, sinon l’Esprit de Dieu » 1. Or, son Esprit qui le révèle nous fait§243 connaître le Christ, son Verbe, sa Parole vivante, mais ne se dit pas lui-même. Celui qui « a parlé par les prophètes » nous fait entendre la Parole du Père. Mais lui, nous ne l’entendons pas. Nous ne le connaissons que dans le mouvement où il nous révèle le Verbe et nous dispose à L’accueillir dans la foi. L’Esprit de Vérité qui nous « dévoile » le Christ « ne parle pas de lui-même » 2. Un tel effacement, proprement divin, explique pourquoi « le monde ne peut pas le recevoir, parce qu’il ne le voit pas ni ne le connaît », tandis que ceux qui croient au Christ le connaissent parce qu’il demeure avec eux 3.
