Catéchisme

Source et origine de toute la divinité

3 paragraphes sélectionnés

245, 246, 248

La foi apostolique concernant l’Esprit a été confessée par le deuxième Concile œcuménique en 381 à Constantinople : « Nous croyons dans§152 l’Esprit Saint, qui est Seigneur et qui donne la vie ; il procède du Père » a. L’Église reconnaît par là le Père comme « la source et l’origine de toute la divinité » b. L’origine éternelle de l’Esprit Saint n’est cependant pas sans lien avec celle du Fils : « L’Esprit Saint qui est la Troisième Personne de la Trinité, est Dieu, un et égale au Père et au Fils, de même substance et aussi de même nature. [...] Cependant, on ne dit pas qu’il est seulement l’Esprit du Père, mais à la fois l’Esprit du Père et du Fils » c. Le Credo du Concile de Constantinople§685 de l’Église confesse : « Avec le Père et le Fils il reçoit même adoration et même gloire » d.
La tradition latine du Credo confesse que l’Esprit « procède du Père et du Fils (filioque) ». Le Concile de Florence, en 1438, explicite : « Le Saint-Esprit tient son essence et son être à la fois du Père et du Fils et Il procède éternellement de l’Un comme de l’Autre comme d’un seul Principe et par une seule spiration... Et parce que tout ce qui est au Père, le Père Lui-même l’a donné à Son Fils unique en L’engendrant, à l’exception de son être de Père, cette procession même du Saint-Esprit à partir du Fils, Il la tient éternellement de son Père qui L’a engendré éternellement » (DS 1300-1301).
La tradition orientale exprime d’abord le caractère d’origine première du Père par rapport à l’Esprit. En confessant l’Esprit comme « issu du Père » 1, elle affirme que celui-ci est issu du Père par le Fils a. La tradition occidentale exprime d’abord la communion consubstantielle entre le Père et le Fils en disant que l’Esprit procède du Père et du Fils (filioque). Elle le dit « de manière légitime et raisonnable » (concile de Florence en 1439 : DS 1302), car l’ordre éternel des personnes divines dans leur communion consubstantielle implique que le Père soit l’origine première de l’Esprit en tant que « principe sans principe » b, mais aussi qu’en tant que Père du Fils unique, Il soit avec Lui « l’unique principe d’où procède l’Esprit Saint » c. Cette légitime complémentarité, si elle n’est pas durcie, n’affecte pas l’identité de la foi dans la réalité du même mystère confessé.