La tradition latine du Credo confesse que l’Esprit « procède du Père et du Fils (filioque) ». Le Concile de Florence, en 1438, explicite : « Le Saint-Esprit tient son essence et son être à la fois du Père et du Fils et Il procède éternellement de l’Un comme de l’Autre comme d’un seul Principe et par une seule spiration... Et parce que tout ce qui est au Père, le Père Lui-même l’a donné à Son Fils unique en L’engendrant, à l’exception de son être de Père, cette procession même du Saint-Esprit à partir du Fils, Il la tient éternellement de son Père qui L’a engendré éternellement » (DS 1300-1301).
« Filioque » (« et du Fils »)
4 paragraphes sélectionnés
246, 247, 248, 264
L’affirmation du filioque ne figurait pas dans le symbole confessé en 381 à Constantinople. Mais sur la base d’une ancienne tradition latine et alexandrine, le Pape saint Léon l’avait déjà confessée dogmatiquement en 447 a avant même que Rome ne connût et ne reçût, en 451, au Concile de Chalcédoine, le symbole de 381. L’usage de cette formule dans le Credo a été peu à peu admis dans la liturgie latine (entre le VIII e et le XI e siècle). L’introduction du filioque dans le Symbole de Nicée-Constantinople par la liturgie latine constitue cependant, aujourd’hui encore, un différend avec les Églises orthodoxes.
La tradition orientale exprime d’abord le caractère d’origine première du Père par rapport à l’Esprit. En confessant l’Esprit comme « issu du Père » 1, elle affirme que celui-ci est issu du Père par le Fils a. La tradition occidentale exprime d’abord la communion consubstantielle entre le Père et le Fils en disant que l’Esprit procède du Père et du Fils (filioque). Elle le dit « de manière légitime et raisonnable » (concile de Florence en 1439 : DS 1302), car l’ordre éternel des personnes divines dans leur communion consubstantielle implique que le Père soit l’origine première de l’Esprit en tant que « principe sans principe » b, mais aussi qu’en tant que Père du Fils unique, Il soit avec Lui « l’unique principe d’où procède l’Esprit Saint » c. Cette légitime complémentarité, si elle n’est pas durcie, n’affecte pas l’identité de la foi dans la réalité du même mystère confessé.
