La demande du pardon est le premier§2838 mouvement de la prière de demande 1. Elle est le préalable d’une prière juste et pure. L’humilité confiante nous remet dans la lumière de la communion avec le Père et son Fils Jésus-Christ, et les uns avec les autres 2 : alors « quoi que nous Lui demandions, nous le recevrons de Lui » (1 Jn 3:22). La demande du pardon est le préalable de la liturgie eucharistique, comme de la prière personnelle.
5 paragraphes sélectionnés
2631, 2838, 2839, 2840, 2841
Cette demande est étonnante. Si elle ne comportait que le premier membre de phrase – « Pardonne-nous nos offenses§1425 » – elle pourrait être incluse, implicitement, dans les trois premières demandes de la Prière du Seigneur, puisque le Sacrifice du Christ est « pour la rémission§1933 des péchés ». Mais, selon un second membre de phrase, notre demande ne sera exaucée que si nous avons d’abord répondu à une exigence. Notre demande est§2631 tournée vers le futur, notre réponse doit l’avoir précédée ; un mot les relie : « comme ».
Dans une confiance audacieuse, nous avons commencé à prier notre Père. En le suppliant que son Nom soit sanctifié, nous lui avons demandé d’être toujours plus sanctifiés. Mais, bien que§1425 revêtus de la robe baptismale, nous ne cessons de pécher, de nous détourner de Dieu. Maintenant, dans cette nouvelle demande, nous revenons à lui, comme l’enfant§1439 prodigue 1, et nous nous reconnaissons pécheurs, devant lui, comme le publicain 2. Notre demande commence par une « confession » où nous confessons en même temps notre misère et sa Miséricorde. Notre espérance est ferme, puisque, dans son Fils, ‘nous avons la rédemption, la rémission de nos péchés’ 3. Le signe efficace et indubitable de son pardon, nous le trouvons§1422 dans les sacrements de son Église 4.
Or, et c’est redoutable, ce flot de miséricorde ne peut pénétrer notre cœur tant que nous n’avons pas pardonné à ceux qui nous ont offensés. L’Amour, comme le Corps du Christ, est indivisible : nous ne pouvons pas aimer le Dieu que nous ne voyons pas si nous n’aimons pas le frère, la sœur, que nous voyons 1. Dans le refus de pardonner à nos frères et sœurs, notre cœur se referme, sa dureté le rend imperméable à l’amour miséricordieux du Père ; dans§1864 la confession de notre péché, notre cœur est ouvert à sa grâce.
