Catéchisme

Bonté de la création

6 paragraphes sélectionnés

299, 302, 339, 353, 1333, 1359

Puisque Dieu crée avec sagesse, la création est ordonnée : « Tu as tout disposé avec mesure, nombre et poids » 1. Créée dans§339 et par le Verbe éternel, « image du Dieu invisible » 2, elle est destinée, adressée à l’homme, image de Dieu 3, appelé à une relation personnelle avec Dieu. Notre intelligence, participant à la lumière de l’Intellect divin, peut entendre ce que Dieu nous dit par sa création 4, certes§41§1147 non sans grand effort et dans un esprit d’humilité et de respect devant le Créateur et son œuvre 5. Issue de la bonté divine, la création participe à cette bonté 6. Car la création est voulue par Dieu comme un don adressé à l’homme, comme un héritage qui§358 lui est destiné et confié. L’Église a dû, à maintes reprises, défendre la bonté de la création, y compris§2415 du monde matériel a7.
La création a sa bonté et sa perfection propres, mais elle n’est pas sortie tout achevée des mains du Créateur. Elle est créée dans un état de cheminement (« in statu viæ ») vers une perfection ultime encore à atteindre, à laquelle Dieu l’a destinée. Nous appelons divine providence les dispositions par lesquelles Dieu conduit sa création vers cette perfection :
Dieu garde et gouverne par sa providence tout ce qu’Il a créé, « atteignant avec force d’une extrémité à l’autre et disposant tout avec douceur » (Sg 8:1). Car « toutes choses sont à nu et à découvert devant ses yeux » 1, même celles que l’action libre des créatures produira 2.
Chaque créature possède sa bonté et sa perfection propres. Pour chacune des œuvres des « six jours » il est dit§2501 : « Et Dieu vit que cela était bon ». « C’est en vertu de la création même que toutes les choses sont établies selon leur consistance, leur vérité, leur excellence propre§299 avec leur ordonnance et leurs lois spécifiques » a. Les différentes créatures, voulues en leur être propre, reflètent, chacune à sa façon, un rayon de la sagesse et de la bonté infinies de Dieu. C’est pour cela que l’homme doit respecter la bonté propre de chaque créature pour éviter un usage désordonné des choses, qui méprise§226 le Créateur et entraîne des conséquences néfastes pour les hommes et pour leur ambiance.
Dieu a voulu la diversité de ses créatures et leur bonté propre, leur interdépendance et leur ordre. Il a destiné toutes les créatures matérielles au bien du genre humain. L’homme, et toute la création à travers lui, est destiné à la gloire de Dieu.
Au cœur de la célébration de l’Eucharistie il y a le pain et le vin qui, par les paroles du Christ et par l’invocation de l’Esprit Saint§1350, deviennent le Corps et le Sang du Christ. Fidèle à l’ordre du Seigneur l’Église continue de faire, en mémoire de Lui, jusqu’à son retour glorieux, ce qu’il a fait la veille de sa passion : « Il prit du pain... », « Il prit la coupe remplie de vin... ». En devenant mystérieusement le Corps et le Sang du Christ, les signes du pain et du vin continuent à signifier aussi la bonté de la création. Ainsi, dans§1147 l’Offertoire, nous rendons grâce au Créateur pour le pain et le vin 1, fruit « du travail§1148 de l’homme », mais d’abord « fruit de la terre » et « de la vigne », dons du Créateur. L’Église voit dans le geste de Melchisédech, roi et prêtre, qui « apporta du pain et du vin » 2 une préfiguration de sa propre offrande a.
L’Eucharistie, sacrement de notre salut accompli par le Christ sur la croix, est aussi un sacrifice de louange en action§293 de grâce pour l’œuvre de la création. Dans le sacrifice eucharistique, toute la création aimée par Dieu est présentée au Père à travers la mort et la résurrection du Christ. Par le Christ, l’Église peut offrir le sacrifice de louange en action de grâce pour tout ce que Dieu a fait de bon, de beau et de juste dans la création et dans l’humanité.