Catéchisme

8 paragraphes sélectionnés

301, 304, 2086, 2115, 2119, 2828, 2836, 2861

Avec la création, Dieu n’abandonne pas sa créature à elle-même. Il ne lui donne pas seulement d’être et d’exister, il la maintient à chaque instant dans l’être, lui donne d’agir et la porte à son§1951§396 terme. Reconnaître cette dépendance complète par rapport au Créateur est une source de sagesse et de liberté, de joie et de confiance :
Oui, tu aimes tout ce qui existe, et tu n’as de dégoût pour rien de ce que tu as fait ; car si tu avais haï quelque chose, tu ne l’aurais pas formé. Et comment une chose aurait-elle subsisté, si tu ne l’avais voulue ? Ou comment ce que tu n’aurais pas appelé aurait-il été conservé ? Mais tu épargnes tout, parce que tout est à toi, Maître ami de la vie 1.
Ainsi voit-on l’Esprit Saint, auteur principal de l’Écriture Sainte, attribuer souvent des actions à Dieu, sans mentionner des causes secondes. Ce n’est pas là « une façon de parler » primitive, mais une manière profonde de rappeler la primauté de Dieu et sa Seigneurie absolue sur l’histoire et le monde 1 et d’éduquer ainsi à la confiance§2568 en Lui. La prière des Psaumes est la grande école de cette confiance 2.
« Le premier des préceptes embrasse la foi, l’espérance et la charité. Qui dit Dieu, en effet, dit un être constant§212, immuable, toujours le même, fidèle, parfaitement juste. D’où il suit que nous devons nécessairement accepter ses Paroles, et avoir en lui une foi et une confiance entières. Il est tout-puissant, clément, infiniment porté à faire du bien. Qui pourrait ne pas mettre en lui toutes ses espérances ? Et qui pourrait ne pas l’aimer en contemplant les trésors de bonté et de tendresse qu’il a répandus sur nous ? De là cette formule que Dieu emploie dans la Sainte Écriture soit au commencement§2061, soit à la fin de ses préceptes : ‘Je suis le Seigneur’ » a.
Dieu peut révéler l’avenir à ses prophètes ou à d’autres saints. Cependant l’attitude chrétienne juste consiste à s’en remettre avec confiance entre les mains de la Providence pour ce qui concerne le futur et à abandonner§305 toute curiosité malsaine à ce propos. L’imprévoyance peut constituer un manque de responsabilité.
L’action de tenter Dieu consiste en une mise à l’épreuve, en parole ou en acte, de sa bonté et de sa toute-puissance. C’est ainsi§394 que Satan voulait obtenir de Jésus qu’il se jette du Temple et force Dieu, par ce geste, à agir 1. Jésus lui oppose la parole de Dieu : « Tu ne tenteras pas le Seigneur, ton Dieu » 2. Le défi que contient pareille tentation de Dieu blesse le respect et la confiance que nous devons à notre Créateur§2088 et Seigneur. Il inclut toujours un doute concernant son amour, sa providence et sa puissance 3.
« Donne-nous » : elle est belle la confiance des enfants qui attendent tout de leur Père. « Il fait lever son soleil§2778 sur les méchants et sur les bons et tomber la pluie sur les justes et sur les injustes » 1 et il donne à tous les vivants « en son temps leur nourriture » 2. Jésus nous apprend cette demande : elle glorifie en effet notre Père parce qu’elle reconnaît combien il est Bon au-delà de toute bonté.
« Aujourd’hui » est aussi une expression de confiance. Le Seigneur nous l’apprend 1 ; notre présomption ne pouvait l’inventer. Puisqu§1165’il s’agit surtout de sa Parole et du Corps de son Fils, cet « aujourd’hui » n’est pas seulement celui de notre temps mortel : il est l’Aujourd’hui de Dieu :
Si tu reçois le pain chaque jour, chaque jour pour toi c’est aujourd’hui. Si le Christ est à toi aujourd’hui, tous les jours il ressuscite pour toi. Comment cela ? ‘Tu es mon Fils, moi, aujourd’hui je t’engendre’ 23. Aujourd’hui, c’est-à-dire : quand le Christ ressuscite a.
Dans la quatrième demande, en disant « Donne-nous », nous exprimons, en communion avec nos frères, notre confiance filiale envers notre Père des cieux. « Notre pain » désigne la nourriture terrestre nécessaire à notre subsistance à tous et signifie aussi le Pain de Vie : Parole de Dieu et Corps du Christ. Il est reçu dans l’ « Aujourd’hui » de Dieu, comme la nourriture indispensable, (sur-)essentielle du Festin du Royaume qu’anticipe l’Eucharistie.