Catéchisme

Providence et collaboration des créatures

8 paragraphes sélectionnés

301, 306, 312, 321, 323, 342, 373, 1884

Avec la création, Dieu n’abandonne pas sa créature à elle-même. Il ne lui donne pas seulement d’être et d’exister, il la maintient à chaque instant dans l’être, lui donne d’agir et la porte à son§1951§396 terme. Reconnaître cette dépendance complète par rapport au Créateur est une source de sagesse et de liberté, de joie et de confiance :
Oui, tu aimes tout ce qui existe, et tu n’as de dégoût pour rien de ce que tu as fait ; car si tu avais haï quelque chose, tu ne l’aurais pas formé. Et comment une chose aurait-elle subsisté, si tu ne l’avais voulue ? Ou comment ce que tu n’aurais pas appelé aurait-il été conservé ? Mais tu épargnes tout, parce que tout est à toi, Maître ami de la vie 1.
Dieu est le Maître souverain de son dessein. Mais pour sa réalisation, Il se sert aussi du concours des créatures. Ceci n’est§1884 pas un signe de faiblesse, mais de la grandeur et de la bonté du Dieu Tout-puissant. Car Dieu ne donne pas seulement à ses créatures d’exister, il leur donne aussi la dignité d’agir elles-mêmes, d’être causes et principes les unes des autres§1951 et de coopérer ainsi à l’accomplissement de son dessein.
Ainsi, avec le temps, on peut découvrir que Dieu, dans sa providence toute-puissante, peut tirer un bien des conséquences d’un mal, même moral, causé par ses créatures : « Ce n’est pas vous, dit Joseph à ses frères, qui m’avez envoyé ici, c’est Dieu ; [...] le mal que vous aviez dessein de me faire, le dessein de Dieu l’a tourné en bien afin de [...] sauver la vie d’un peuple nombreux » 1. Du mal moral le plus grand qui ait jamais§598-600 été commis, le rejet et le meurtre du Fils de Dieu, causé par les péchés de tous les hommes, Dieu, par la surabondance de sa grâce 2, a tiré le plus grand des§1994 biens : la glorification du Christ et notre Rédemption. Le mal n’en devient pas pour autant un bien.
La divine Providence, ce sont les dispositions par lesquelles Dieu conduit avec sagesse et amour toutes les créatures jusqu’à leur fin ultime.
La providence divine agit aussi par l’agir des créatures. Aux êtres humains, Dieu donne de coopérer librement à ses desseins.
La hiérarchie des créatures est exprimée par l’ordre des « six jours », qui va du moins parfait au plus parfait. Dieu aime§310 toutes ses créatures 1, il prend soin de chacune, même des passereaux. Néanmoins, Jésus dit : « Vous valez mieux qu’une multitude de passereaux » 2, ou encore : « Un homme vaut plus qu’une brebis » 3.
Dans le dessein de Dieu, l’homme et la femme ont la vocation de « soumettre » la terre§307 1 comme « intendants » de Dieu. Cette souveraineté ne doit pas être une domination§2415 arbitraire et destructrice. À l’image du Créateur « qui aime tout ce qui existe » 2, l’homme et la femme sont appelés à participer à la Providence divine envers les autres créatures. De là, leur responsabilité pour le monde que Dieu leur a confié.
Dieu n’a pas voulu retenir pour lui seul l’exercice de tous les pouvoirs. Il remet à chaque créature les fonctions qu’elle§307 est capable d’exercer, selon les capacités de sa nature propre. Ce mode de gouvernement doit être imité dans la vie sociale. Le comportement de Dieu dans le gouvernement du monde, qui témoigne de si grands égards pour la liberté humaine, devrait inspirer la sagesse de ceux qui gouvernent les communautés humaines. Ils ont à se comporter en ministres de la providence divine§302.