Catéchisme

4 paragraphes sélectionnés

311, 312, 324, 412

Les anges et les hommes, créatures intelligentes et libres, doivent cheminer vers leur destinée ultime par choix§396 libre et amour de préférence. Ils peuvent donc se dévoyer. En fait, ils ont péché. C’est§1849 ainsi que le mal moral est entré dans le monde, sans commune mesure plus grave que le mal physique. Dieu n’est en aucune façon, ni directement ni indirectement, la cause du mal moral ab. Il le permet cependant, respectant la liberté de sa créature, et, mystérieusement, il sait en tirer le bien :
Car le Dieu Tout-puissant [...], puisqu’il est souverainement bon, ne laisserait jamais un mal quelconque exister dans ses œuvres s’il n’était assez puissant et bon pour faire sortir le bien du mal lui-même c.
Ainsi, avec le temps, on peut découvrir que Dieu, dans sa providence toute-puissante, peut tirer un bien des conséquences d’un mal, même moral, causé par ses créatures : « Ce n’est pas vous, dit Joseph à ses frères, qui m’avez envoyé ici, c’est Dieu ; [...] le mal que vous aviez dessein de me faire, le dessein de Dieu l’a tourné en bien afin de [...] sauver la vie d’un peuple nombreux » 1. Du mal moral le plus grand qui ait jamais§598-600 été commis, le rejet et le meurtre du Fils de Dieu, causé par les péchés de tous les hommes, Dieu, par la surabondance de sa grâce 2, a tiré le plus grand des§1994 biens : la glorification du Christ et notre Rédemption. Le mal n’en devient pas pour autant un bien.
La permission divine du mal physique et du mal moral est un mystère que Dieu éclaire par son Fils, Jésus-Christ, mort et ressuscité pour vaincre le mal. La foi nous donne la certitude que Dieu ne permettrait pas le mal s’il ne faisait pas sortir le bien du mal même, par des voies que nous ne connaîtrons pleinement que dans la vie éternelle.
Mais pourquoi Dieu n’a-t-il pas empêché le premier homme de pécher ? Saint Léon le Grand répond : « La grâce ineffable du Christ§310§395 nous a donné des biens meilleurs que ceux que l’envie du démon nous avait ôtés » a. Et saint Thomas d’Aquin : « Rien ne s’oppose à ce que la nature humaine ait été destinée à une fin plus haute après le péché. Dieu permet§272, en effet, que les maux se fassent pour en tirer un plus grand bien. D’où le mot de saint Paul : ‘Là où le péché a abondé, la grâce a surabondé’ 1. Et le chant de l’‘Exultet’ : ‘O heureuse faute§1994 qui a mérité un tel et un si grand Rédempteur’ » b.