Catéchisme

7 paragraphes sélectionnés

327, 365, 367, 2515, 2516, 2702, 2846

La profession de foi du quatrième Concile du Latran affirme que Dieu « a tout ensemble, dès le commencement du temps, créé§296 de rien l’une et l’autre créature, la spirituelle et la corporelle, c’est-à-dire les anges et le monde terrestre ; puis la créature humaine qui tient des deux, composée qu’elle est d’esprit et de corps » ab.
L’unité de l’âme et du corps est si profonde que l’on doit considérer l’âme comme la « forme » du corps a ; c’est-à-dire, c’est grâce à l’âme spirituelle que le corps constitué de matière est un corps humain et vivant ; l’esprit et la matière, dans l’homme, ne sont pas deux natures unies, mais leur union forme une unique nature.
Parfois il se trouve que l’âme soit distinguée de l’esprit. Ainsi saint Paul prie pour que notre « être tout entier§2083, l’esprit, l’âme et le corps » soit gardé sans reproche à l’Avènement du Seigneur 1. L’Église enseigne que cette distinction n’introduit pas une dualité dans l’âme a. « Esprit » signifie que l’homme est ordonné dès sa création à sa fin surnaturelle bc, et que son âme est capable d’être surélevée gratuitement à la communion avec Dieu d.
Au sens étymologique, la « concupiscence » peut désigner toute forme véhémente de désir humain. La théologie chrétienne lui a donné le sens particulier du mouvement de l’appétit sensible qui contrarie l’œuvre de la raison humaine. L’Apôtre saint Paul l’identifie à la révolte que la « chair » mène contre l’« esprit » 1. Elle vient de la désobéissance du premier péché 2. Elle dérègle les facultés morales de l’homme et, sans être une faute§405 en elle-même, incline ce dernier à commettre des péchés a.
Déjà dans l’homme, parce qu’il est un être composé, esprit et corps, il existe une certaine tension, il se déroule§362 une certaine lutte de tendances entre l’ »esprit » et la « chair ». Mais cette lutte, en fait, appartient à l’héritage du péché, elle en est une conséquence et, en même temps, une confirmation. Elle fait partie de l’expérience quotidienne du combat spirituel§407 :
Pour l’Apôtre, il ne s’agit pas de mépriser et de condamner le corps qui, avec l’âme spirituelle, constitue la nature de l’homme et sa personnalité de sujet ; il traite, par contre, des œuvres ou plutôt des dispositions stables – vertus et vices – moralement bonnes ou mauvaises, qui sont le fruit de la soumission (dans le premier cas) ou au contraire de la résistance (dans le second cas) à l’action salvatrice de l’Esprit Saint. C’est pourquoi l’Apôtre écrit : « Puisque l’Esprit est notre vie, que l’Esprit nous fasse aussi agir » (Ga 5:25) (Jean-Paul II, DeV 55).
Ce besoin d’associer les sens à la prière intérieure répond à une exigence de notre nature humaine. Nous sommes corps§1146 et esprit, et nous éprouvons le besoin de traduire extérieurement nos sentiments. Il faut prier avec tout notre être pour donner à notre supplication toute la puissance possible.
Cette demande atteint la racine de la précédente, car nos péchés sont les fruits du consentement à la tentation. Nous demandons à notre Père de ne pas nous y « soumettre ». Traduire en un seul mot le terme§164 grec est difficile : il signifie « ne permets pas d’entrer dans » 1, « ne nous laisse pas succomber à la tentation ». « Dieu n’éprouve pas le mal, il n’éprouve non plus personne » 2, il veut au contraire nous en libérer. Nous lui demandons de ne pas nous laisser prendre le chemin qui conduit au péché. Nous sommes engagés dans le combat « entre la chair et l’Esprit ». Cette demande implore§2516 l’Esprit de discernement et de force.