Catéchisme

6 paragraphes sélectionnés

377, 2514, 2534, 2536, 2539, 2553

La « maîtrise » du monde que Dieu avait accordée à l’homme dès le début, se réalisait avant tout chez l’homme lui-même comme maîtrise de soi. L’homme était intact et ordonné dans tout son§2514 être, parce que libre de la triple concupiscence 1 qui le soumet aux plaisirs des sens, à la convoitise des biens terrestres et à l’affirmation de soi contre les impératifs de la raison.
Saint Jean distingue trois espèces de convoitise ou de concupiscence : la convoitise de la chair, la convoitise des yeux et l’orgueil§377§400 de la vie 1. Suivant la tradition catéchétique catholique, le neuvième commandement proscrit la concupiscence charnelle ; le dixième interdit la convoitise du bien d’autrui.
Le dixième commandement§2069 dédouble et complète le neuvième, qui porte sur la concupiscence de la chair. Il interdit la convoitise du bien d’autrui, racine du vol, de la rapine et de la fraude, que proscrit le septième commandement. La « convoitise des yeux » 1 conduit à la violence et à l’injustice défendues par le cinquième précepte 2. La cupidité trouve son origine, comme la fornication, dans l’idolâtrie prohibée dans les trois premières prescriptions de la loi 3. Le dixième commandement porte sur l’intention du cœur ; il résume, avec le neuvième, tous les préceptes de la Loi.§242
Le dixième commandement proscrit l’avidité et le désir d’une appropriation sans mesure des biens terrestres§2445 ; il défend la cupidité déréglée née de la passion immodérée des richesses et de leur puissance. Il interdit encore le désir de commettre une injustice par laquelle on nuirait au prochain dans ses biens temporels :
Quand la Loi nous dit : « Vous ne convoiterez point », elle nous dit, en d’autres termes, d’éloigner nos désirs de tout ce qui ne nous appartient pas. Car la soif du bien du prochain est immense, infinie et jamais rassasiée, ainsi qu’il est écrit : « L’avare ne sera jamais rassasié d’argent » 1 a.
L’envie est un vice capital. Elle désigne la tristesse éprouvée devant le bien d’autrui et le désir immodéré de se l’approprier, fût-ce indûment§1866. Quand elle souhaite un mal grave au prochain, elle est un péché mortel :
Saint Augustin voyait dans l’envie « le péché diabolique par excellence » a. « De l’envie naissent la haine, la médisance, la calomnie, la joie causée par le malheur du prochain et le déplaisir causé par sa prospérité » b.
L’envie est la tristesse éprouvée devant le bien d’autrui et le désir immodéré de se l’approprier. Elle est un vice capital.