Catéchisme

Union de l’homme et de la femme

9 paragraphes sélectionnés

383, 400, 1606, 1608, 1646, 2335, 2353, 2390, 2391

« Dieu n’a pas créé l’homme solitaire : dès l’origine, ‘il les créa homme et femme’ 1 ; leur société réalise la première forme de communion entre personnes » a.
L’harmonie dans laquelle ils étaient, établie grâce à la justice originelle, est détruite ; la maîtrise des facultés spirituelles de l’âme sur le corps est brisée 1 ; l’union de l’homme et de la femme est soumise à des§1607 tensions 2 ; leurs rapports seront marqués par la convoitise et la domination 3. L’harmonie§2514 avec la création est rompue : la création visible est devenue pour l’homme étrangère et hostile 4. À cause de l’homme, la création est soumise « à la servitude de la corruption » 5. Enfin, la conséquence explicitement annoncée pour le cas de la désobéissance 6 se réalisera : l’homme « retournera à la poussière de laquelle il est formé » 7. La mort fait son entrée dans l’histoire§602§1008 de l’humanité 8.
Tout homme fait l’expérience du mal, autour de lui et en lui-même. Cette expérience se fait aussi sentir dans les relations entre l’homme et la femme. De tout temps, leur union a été menacée par la discorde, l’esprit de domination, l’infidélité, la jalousie et par des conflits qui peuvent aller jusqu’à la haine et la rupture. Ce désordre peut se manifester de façon plus ou moins aiguë, et il peut être plus ou moins surmonté, selon les cultures, les époques, les individus, mais il semble bien avoir un caractère universel.
Pourtant, l’ordre de la création subsiste, même s’il est gravement perturbé. Pour guérir les blessures du péché, l’homme§55 et la femme ont besoin de l’aide de la grâce que Dieu, dans sa miséricorde infinie, ne leur a jamais refusée 1. Sans cette aide, l’homme et la femme ne peuvent parvenir à réaliser l’union de leurs vies en vue de laquelle Dieu les a créés « au commencement ».
L’amour conjugal exige des époux, de par sa nature même, une fidélité inviolable. Ceci est la conséquence du don d’eux-mêmes que se font l’un à l’autre les époux. L’amour veut être définitif. Il ne peut être « jusqu’à nouvel ordre ». « Cette union intime, don réciproque de deux personnes, non moins que le bien des enfants, exigent l’entière fidélité des époux et requièrent leur indissoluble unité » a.
Chacun des deux sexes est, avec une égale dignité, quoique de façon différente, image§2205 de la puissance et de la tendresse de Dieu. L’union de l’homme et la femme dans le mariage est une manière d’imiter dans la chair la générosité et la fécondité du Créateur : « L’homme quitte son père et sa mère afin de s’attacher à sa femme ; tous deux ne forment qu’une seule chair » 1. De cette union procèdent toutes les générations humaines 2.
La fornication est l’union charnelle en dehors du mariage entre un homme et une femme libres. Elle est gravement contraire à la dignité des personnes et de la sexualité humaine naturellement ordonnée au bien des époux ainsi qu’à la génération et à l’éducation des enfants. En outre c’est un scandale grave quand il y a corruption des jeunes.
Il y a union libre lorsque l’homme et la femme refusent de donner une forme juridique et publique à une liaison impliquant§1631 l’intimité sexuelle.
L’expression recouvre des situations différentes : concubinage, refus du mariage en tant que tel, incapacité à se lier par des engagements à long terme a. Toutes ces situations offensent la dignité du mariage ; elles détruisent l’idée même de la famille ; elles affaiblissent le sens de la fidélité. Elles sont contraires à la loi morale : l’acte sexuel doit prendre place§2353 exclusivement dans le mariage ; en dehors de celui-ci, il constitue toujours un péché grave§1385 et exclut de la communion sacramentelle.
Plusieurs réclament aujourd’hui une sorte de « droit à l’essai », là où il existe une intention de se marier. Quelle que soit la fermeté du propos de ceux qui s’engagent dans des rapports sexuels prématurés, « ceux-ci ne permettent pas d’assurer dans sa sincérité et sa fidélité la relation interpersonnelle d’un homme et d’une femme, et notamment de les protéger contre les fantaisies et les caprices » a. L’union charnelle n’est moralement légitime que lorsque s’est instaurée une communauté de vie définitive entre l’homme et la femme§2364. L’amour humain ne tolère pas l’« essai ». Il exige un don total et définitif des personnes entre elles b.