Catéchisme

Liberté et péché

7 paragraphes sélectionnés

387, 601, 654, 1739, 1741, 1853, 1859

La réalité du péché, et plus particulièrement du péché des origines, ne s’éclaire qu’à la lumière de la Révélation divine. Sans la connaissance qu’elle nous donne de Dieu on ne peut clairement reconnaître le péché§1848, et on est tenté de l’expliquer uniquement comme un défaut de croissance, comme une faiblesse psychologique, une erreur, la conséquence nécessaire d’une structure sociale inadéquate, etc. C’est seulement dans la connaissance du dessein de Dieu sur l’homme que l’on comprend que le péché est§1739 un abus de la liberté que Dieu donne aux personnes créées pour qu’elles puissent l’aimer et s’aimer mutuellement.
Ce dessein divin de salut par la mise à mort du « Serviteur, le Juste » 1 avait été annoncé par avance dans l’Écriture comme un mystère de rédemption universelle, c’est-à-dire de rachat qui libère les hommes de l’esclavage du péché 2. Saint Paul professe, dans une confession de foi qu’il dit avoir « reçue » 3 que « le Christ est mort pour nos péchés selon§652 les Écritures » 4. La mort rédemptrice de Jésus accomplit en particulier la prophétie du Serviteur souffrant§713 5. Jésus lui-même a présenté le sens de sa vie et de sa mort à la lumière du Serviteur souffrant 6. Après sa Résurrection, il a donné cette interprétation des Écritures aux disciples d’Emmaüs 7, puis aux apôtres eux-mêmes 8.
Il y a un double aspect dans le mystère Pascal : par sa mort il nous libère du péché, par sa Résurrection il nous ouvre l’accès à une nouvelle vie. Celle-ci est d’abord la justification qui nous remet dans§1987 la grâce de Dieu 1 « afin que, comme le Christ est ressuscité des morts, nous vivions nous aussi dans une vie nouvelle » 2. Elle consiste en la victoire sur la mort du péché et dans la nouvelle participation à la grâce 3. Elle accomplit l’adoption filiale§1996 car les hommes deviennent frères du Christ, comme Jésus lui-même appelle ses disciples après sa Résurrection : « Allez annoncer à mes frères » 4. Frères non par nature, mais par don de la grâce, parce que cette filiation adoptive procure une participation réelle à la vie du Fils unique, qui s’est pleinement révélée dans sa Résurrection.
Liberté et péché. La liberté de l’homme est finie et faillible. De fait, l’homme a failli. Librement, il a péché. En refusant le projet§387 d’amour de Dieu, il s’est trompé lui-même ; il est devenu esclave du péché. Cette aliénation première en a engendré une multitude d’autres. L’histoire de l’humanité§401, depuis ses origines, témoigne des malheurs et des oppressions nés du cœur de l’homme, par suite d’un mauvais usage de la liberté.
Libération et salut. Par sa Croix glorieuse, le Christ a obtenu le salut de tous les hommes. Il les a rachetés du péché qui les détenait en esclavage. « C’est pour la liberté que le Christ nous a libérés » 1. En Lui, nous communions à « la vérité qui nous rend libres » 2. L’Esprit§782 Saint nous a été donné et, comme l’enseigne l’Apôtre, « là où est l’Esprit, là est la liberté » 3. Dès maintenant, nous nous glorifions de la « liberté des enfants de Dieu » 4.
On peut distinguer les péchés selon leur objet, comme pour tout acte humain, ou selon les vertus auxquelles ils s’opposent, par§1751 excès ou par défaut, ou selon les commandements qu’ils contrarient. On peut les ranger aussi§2067 selon qu’ils concernent Dieu, le prochain ou soi-même ; on peut les diviser en péchés spirituels et charnels, ou encore en péchés en pensée, en parole, par action ou par omission. La racine§368 du péché est dans le cœur de l’homme, dans sa libre volonté, selon l’enseignement du Seigneur : « Du cœur en effet procèdent mauvais desseins, meurtres, adultères, débauches, vols, faux témoignages, diffamations. Voilà les choses qui rendent l’homme impur » 1. Dans le cœur réside aussi la charité, principe des œuvres bonnes et pures, que blesse le péché.
Le péché mortel requiert pleine connaissance et entier consentement. Il présuppose la connaissance du caractère peccamineux de l’acte, de son§1734 opposition à la Loi de Dieu. Il implique aussi un consentement suffisamment délibéré pour être un choix personnel. L’ignorance affectée et l’endurcissement du cœur 1 ne diminuent pas, mais augmentent le caractère volontaire du péché.