Catéchisme

6 paragraphes sélectionnés

399, 400, 401, 402, 1733, 2515

L’Écriture montre les conséquences dramatiques de cette première désobéissance. Adam et Ève perdent immédiatement la grâce de la sainteté originelle 1. Ils ont peur de ce Dieu 2 dont ils ont conçu une fausse image, celle d’un Dieu jaloux de ses prérogatives 3.
L’harmonie dans laquelle ils étaient, établie grâce à la justice originelle, est détruite ; la maîtrise des facultés spirituelles de l’âme sur le corps est brisée 1 ; l’union de l’homme et de la femme est soumise à des§1607 tensions 2 ; leurs rapports seront marqués par la convoitise et la domination 3. L’harmonie§2514 avec la création est rompue : la création visible est devenue pour l’homme étrangère et hostile 4. À cause de l’homme, la création est soumise « à la servitude de la corruption » 5. Enfin, la conséquence explicitement annoncée pour le cas de la désobéissance 6 se réalisera : l’homme « retournera à la poussière de laquelle il est formé » 7. La mort fait son entrée dans l’histoire§602§1008 de l’humanité 8.
Depuis ce premier péché, une véritable « invasion » du péché inonde le monde : le fratricide commis par Caïn sur§1865§2259 Abel 1 ; la corruption universelle à la suite du péché 2 ; de même, dans l’histoire d’Israël, le péché se manifeste fréquemment, surtout comme une infidélité au Dieu de l’alliance et comme transgression de la Loi de Moïse ; après la Rédemption du Christ aussi, parmi les chrétiens, le péché se manifeste de nombreuses manières 3. L’Écriture et la Tradition de l’Église ne cessent de rappeler la présence et l’universalité§1799 du péché dans l’histoire de l’homme :
Ce que la révélation divine nous découvre, notre propre expérience le confirme. Car l’homme, s’il regarde au-dedans de son cœur, se découvre également enclin au mal, submergé de multiples maux qui ne peuvent provenir de son Créateur, qui est bon. Refusant souvent de reconnaître Dieu comme son principe, l’homme a, par le fait même, brisé l’ordre qui l’orientait à sa fin dernière, et, en même temps, il a rompu toute harmonie, soit par rapport à lui-même, soit par rapport aux autres hommes et à toute la création 3.
Tous les hommes sont impliqués dans le péché d’Adam. Saint Paul l’affirme : « Par la désobéissance d’un seul homme, la multitude (c’est-à-dire tous les hommes) a été constituée pécheresse » 1 : « De même que par un seul homme le péché est entré dans le monde et par le péché la mort, et qu’ainsi la mort est passée en tous les hommes, du fait que tous ont péché... » 2. À l’universalité du péché et de la mort l’apôtre oppose§430§605 l’universalité du salut dans le Christ : « Comme la faute d’un seul a entraîné sur tous les hommes une condamnation, de même l’œuvre de justice d’un seul (celle du Christ) procure à tous une justification qui donne la vie » (Rm 5:18).
Plus on fait le bien, plus on devient libre. Il n’y a de liberté vraie qu’au service du bien et de la justice. Le choix de la désobéissance et du mal§1803 est un abus de la liberté et conduit à « l’esclavage du péché » 1.
Au sens étymologique, la « concupiscence » peut désigner toute forme véhémente de désir humain. La théologie chrétienne lui a donné le sens particulier du mouvement de l’appétit sensible qui contrarie l’œuvre de la raison humaine. L’Apôtre saint Paul l’identifie à la révolte que la « chair » mène contre l’« esprit » 1. Elle vient de la désobéissance du premier péché 2. Elle dérègle les facultés morales de l’homme et, sans être une faute§405 en elle-même, incline ce dernier à commettre des péchés a.