À la suite de saint Paul l’Église a toujours enseigné que l’immense misère qui opprime les hommes et leur inclination au mal et à la mort ne sont pas compréhensibles sans leur lien avec le péché§2606 d’Adam et le fait qu’il nous a transmis un péché dont nous naissons tous affectés et qui est « mort de l’âme » a. En raison de cette certitude de foi, l’Église donne le Baptême§1250 pour la rémission des péchés même aux petits enfants qui n’ont pas commis de péché personnel b.
Péché originel, origine du mal
4 paragraphes sélectionnés
403, 407, 1607, 1707
La doctrine sur le péché originel – liée à celle de la Rédemption par le Christ – donne un regard de discernement lucide sur§2015 la situation de l’homme et de son agir dans le monde. Par le péché§2852 des premiers parents, le diable a acquis une certaine domination sur l’homme, bien que ce dernier demeure libre. Le péché originel entraîne « la servitude sous le pouvoir de celui qui possédait l’empire de la mort, c’est-à-dire du diable » a1. Ignorer que l’homme a une nature blessée, inclinée au mal, donne lieu à de graves erreurs dans le domaine de l’éducation, de la politique, de l’action sociale b et des mœurs§1888.
Selon la foi, ce désordre que nous constatons douloureusement, ne vient pas de la naturede l’homme et de la femme, ni de la nature de leurs§1849 relations, mais du péché. Rupture avec Dieu, le premier péché a comme première conséquence la rupture de la communion originelle de l’homme et de la femme§400. Leurs relations sont distordues par des griefs réciproques 1 ; leur attrait mutuel, don propre du créateur 2, se change en rapports de domination et de convoitise 3 ; la belle vocation de l’homme et de la femme d’être féconds, de se multiplier et de soumettre la terre 4 est grevée des peines de l’enfantement et du gagne-pain 5.
« Séduit par le Malin, dès le début de l’histoire, l’homme a abusé de sa liberté » a. Il a succombé à la tentation et commis le mal. Il conserve§397 le désir du bien, mais sa nature porte la blessure du péché originel. Il est devenu enclin au mal et sujet à l’erreur :
C’est en lui-même que l’homme est divisé. Voici que toute la vie des hommes, individuelle et collective, se manifeste comme une lutte, combien dramatique, entre le bien et le mal, entre la lumière et les ténèbres b.
