Catéchisme

8 paragraphes sélectionnés

411, 475, 532, 539, 612, 615, 908, 1009

La tradition chrétienne voit dans ce passage une annonce du « nouvel Adam » 1 qui, par son « obéissance jusqu§359§615’à la mort de la Croix » 2 répare en surabondance la désobéissance d’Adam 3. Par ailleurs, de nombreux Pères et docteurs de l’Église voient dans la femme annoncée dans le « protévangile » la mère du Christ, Marie, comme « nouvelle Ève ». Elle a été celle qui, la première et d’une manière unique, a bénéficié de la victoire sur le péché remportée par le Christ : elle a été préservée§491 de toute souillure du péché originel a et durant toute sa vie terrestre, par une grâce spéciale de Dieu, elle n’a commis aucune sorte de péché b.
De manière parallèle, l’Église a confessé au sixième Concile œcuménique a que le Christ possède deux volontés et deux opérations naturelles, divines et humaines, non pas opposées, mais coopérantes§2008, de sorte que le Verbe fait chair a voulu humainement dans l’obéissance à son Père§2824 tout ce qu’il a décidé divinement avec le Père et le Saint-Esprit pour notre salut b. La volonté humaine du Christ « suit sa volonté divine, sans être en résistance ni en opposition vis-à-vis d’elle, mais bien plutôt en étant subordonnée à cette volonté toute-puissante » c.
La soumission de Jésus à sa mère et son père§2214-2220 légal accomplit parfaitement le quatrième commandement. Elle est l’image temporelle de son obéissance filiale à son Père céleste. La soumission de tous les jours de Jésus à Joseph et à Marie annonçait et anticipait la soumission du Jeudi Saint§612 : « Non pas ma volonté... » 1. L’obéissance du Christ dans le quotidien de la vie cachée inaugurait déjà l’œuvre de rétablissement de ce que la désobéissance d’Adam avait détruit 2.
Les Évangélistes indiquent le sens salvifique de cet événement mystérieux. Jésus est le nouvel Adam, resté fidèle§397 là où le premier a succombé à la tentation. Jésus accomplit parfaitement la vocation d’Israël : contrairement à ceux qui provoquèrent jadis Dieu pendant quarante ans au désert 1, le Christ se révèle comme le Serviteur de Dieu totalement obéissant à la volonté divine. En cela, Jésus est vainqueur du diable : il a « ligoté l’homme fort » pour lui reprendre son butin 2. La victoire de Jésus sur le tentateur au désert anticipe la victoire de la passion, obéissance suprême de son amour filial du Père§609.
La coupe de la Nouvelle Alliance, que Jésus a anticipée à la Cène en s’offrant lui-même 1, il l’accepte ensuite des mains du Père dans son agonie à Gethsémani 2 en se faisant « obéissant jusqu’à la mort » 3. Jésus§532§2600 prie : « Mon Père, s’il est possible que cette coupe passe loin de moi... » 4. Il exprime ainsi l’horreur que représente la mort pour sa nature humaine. En effet celle-ci, comme la nôtre, est destinée à la vie éternelle ; en plus, à la différence de la nôtre, elle est parfaitement exempte du péché 5 qui cause la mort 6 ; mais surtout elle est assumée par la personne divine du « Prince de la Vie » 7, du « Vivant » 8. En acceptant dans sa volonté humaine que la volonté du Père soit faite 9, il accepte sa mort§1009 en tant que rédemptrice pour « porter lui-même nos fautes dans son corps sur le bois » 10.
« Comme par la désobéissance d’un seul la multitude a été constituée pécheresse, ainsi par l’obéissance§1850 d’un seul la multitude sera constituée juste » 1. Par son obéissance jusqu’à la mort, Jésus a accompli la substitution du Serviteur souffrant qui « offre sa vie en sacrifice§433 expiatoire », « alors qu’il portait le péché des multitudes » « qu’il justifie en s’accablant lui-même de leurs fautes » 2. Jésus a réparé pour nos fautes et satisfait§411 au Père pour nos péchés a.
Par son obéissance jusqu’à la mort 1, le Christ a communiqué à ses disciples le don de la liberté royale, « pour qu’ils§786 arrachent au péché son empire en eux-mêmes par leur abnégation et la sainteté de leur vie » a :
Celui qui soumet son propre corps et régit son âme, sans se laisser submerger par les passions est son propre maître : il peut être appelé roi parce qu’il est capable de régir sa propre personne ; il est libre et indépendant et ne se laisse captiver par un esclavage coupable b.
La mort est transformée par le Christ. Jésus, le Fils de Dieu, a souffert lui aussi la mort, propre de la condition humaine. Mais§612, malgré son effroi face à elle 1, il l’assuma dans un acte de soumission totale et libre à la volonté de son Père. L’obéissance de Jésus a transformé la malédiction de la mort en bénédiction 2.