Catéchisme

3 paragraphes sélectionnés

412, 679, 1861

Mais pourquoi Dieu n’a-t-il pas empêché le premier homme de pécher ? Saint Léon le Grand répond : « La grâce ineffable du Christ§310§395 nous a donné des biens meilleurs que ceux que l’envie du démon nous avait ôtés » a. Et saint Thomas d’Aquin : « Rien ne s’oppose à ce que la nature humaine ait été destinée à une fin plus haute après le péché. Dieu permet§272, en effet, que les maux se fassent pour en tirer un plus grand bien. D’où le mot de saint Paul : ‘Là où le péché a abondé, la grâce a surabondé’ 1. Et le chant de l’‘Exultet’ : ‘O heureuse faute§1994 qui a mérité un tel et un si grand Rédempteur’ » b.
Le Christ est Seigneur de la vie éternelle. Le plein droit de juger définitivement les œuvres et les cœurs des hommes appartient à Lui en tant que Rédempteur du monde. Il a « acquis » ce droit par sa Croix. Aussi le Père a-t-il remis « le jugement tout entier au Fils » 1. Or, le Fils n’est pas venu pour juger, mais pour sauver 2 et pour donner la vie qui est en lui 3. C’est par le refus de la grâce en cette vie que chacun se juge§1021 déjà lui-même 4, reçoit selon ses œuvres 5 et peut même se damner pour l’éternité en refusant l’Esprit d’amour 6.
Le péché mortel est une possibilité radicale de la liberté humaine comme l’amour lui-même. Il entraîne la perte de la charité§1742 et la privation de la grâce sanctifiante, c’est-à-dire de l’état de grâce. S’il n’est pas racheté par le repentir et le pardon de Dieu, il cause l’exclusion du Royaume du Christ§1033 et la mort éternelle de l’enfer, notre liberté ayant le pouvoir de faire des choix pour toujours, sans retour. Cependant si nous pouvons juger qu’un acte est en soi une faute grave, nous devons confier le jugement sur les personnes à la justice et à la miséricorde de Dieu.