Catéchisme

8 paragraphes sélectionnés

430, 436, 438, 440, 534, 536, 606, 608

Jésus veut dire en hébreu : « Dieu sauve ». Lors de l’Annonciation, l’ange Gabriel lui donne comme nom propre§210 le nom de Jésus qui exprime à la fois son identité et sa mission 1. Puisque « Dieu seul peut remettre les péchés » 2, c’est lui qui, en Jésus, son Fils éternel fait homme « sauvera son peuple de ses péchés » 3. En Jésus, Dieu récapitule ainsi toute§402 son histoire de salut en faveur des hommes.
Christ vient de la traduction grecque du terme hébreu « Messie » qui veut dire « oint ». Il ne devient le nom propre de Jésus§690§695 que parce que celui-ci accomplit parfaitement la mission divine qu’il signifie. En effet en Israël étaient oints au nom de Dieu ceux qui lui étaient consacrés pour une mission venant de lui. C’était le cas des rois 1, des prêtres 2 et, en de rares cas, des prophètes 3. Ce devait être par excellence le cas du Messie que Dieu enverrait pour instaurer définitivement son Royaume 4. Le Messie devait être oint par l’Esprit du Seigneur 5 à la fois comme roi et prêtre 6 mais aussi comme prophète 7. Jésus§711-716 a accompli l’espérance messianique d’Israël dans sa triple§783 fonction de prêtre, de prophète et de roi.
La consécration messianique de Jésus manifeste sa mission divine. « C’est d’ailleurs ce qu’indique son nom lui-même§727, car dans le nom de Christ est sous-entendu Celui qui a oint, Celui qui a été oint et l’Onction même dont il a été oint : Celui qui a oint, c’est le Père, Celui qui a été oint, c’est le Fils, et il l’a été dans l’Esprit qui est l’Onction » a. Sa consécration messianique éternelle s’est révélée dans le temps de sa vie terrestre lors de son§535 baptême par Jean quand « Dieu l’a oint de l’Esprit Saint et de puissance » 1 « pour qu’il fût manifesté à Israël » 2 comme son Messie. Ses œuvres et ses paroles le feront connaître comme « le saint de Dieu » 3.
Jésus a accueilli la profession de foi de Pierre qui le reconnaissait comme le Messie en annonçant la passion prochaine du Fils de l’Homme§552 1. Il a dévoilé le contenu authentique de sa royauté messianique à la fois dans l’identité transcendante du Fils de l’Homme « qui est descendu du ciel » 2 et dans sa mission rédemptrice comme Serviteur souffrant : « Le Fils de l’Homme n’est pas venu pour être servi mais§550 pour servir et donner sa vie en rançon pour la multitude » 3. C’est pourquoi le vrai sens de sa royauté n’est manifesté que du haut de la Croix 4. C’est seulement après sa Résurrection§443 que sa royauté messianique pourra être proclamée par Pierre devant le Peuple de Dieu : « Que toute la maison d’Israël le sache avec certitude : Dieu l’a fait Seigneur et Christ, ce Jésus que vous, vous avez crucifié » 5.
Le recouvrement de Jésus au Temple 1 est le seul événement qui rompt le silence des Évangiles sur les années cachées de Jésus. Jésus y laisse entrevoir le mystère de sa consécration totale à une mission découlant§583§2599 de sa filiation divine : « Ne saviez-vous pas que je me dois aux affaires de mon Père ? » Marie et Joseph « ne comprirent pas » cette parole, mais ils§964 l’accueillirent dans la foi, et Marie « gardait fidèlement tous ces souvenirs en son cœur », tout au long des années où Jésus restait enfoui dans le silence d’une vie ordinaire.
Le Baptême de Jésus, c’est, de sa part, l’acceptation et l’inauguration de sa mission de Serviteur souffrant. Il se laisse compter parmi§606 les pécheurs 1 ; il est déjà « l’Agneau de Dieu qui ôte le péché du monde » 2 ; déjà, il anticipe le « baptême » de sa mort sanglante 3. Il vient déjà « accomplir§1224 toute justice » 4, c’est-à-dire qu’il se soumet tout entier à la volonté de son Père : il accepte par amour le baptême de mort pour la rémission de nos péchés 5. À cette acceptation répond la voix du Père qui met toute sa complaisance en son Fils 6. L’Esprit que Jésus possède en plénitude§444§727 dès sa conception, vient « reposer » sur lui 7. Il en sera la source pour§739 toute l’humanité. À son Baptême, « les cieux s’ouvrirent » 8 que le péché d’Adam avait fermés ; et les eaux sont sanctifiées par la descente de Jésus et de l’Esprit, prélude de la création nouvelle.
Le Fils de Dieu, « descendu du ciel non pour faire sa volonté mais celle de son Père qui l’a envoyé » 1, « dit en entrant§517 dans le monde : [...] Voici je viens [...] pour faire ô Dieu ta volonté. [...] C’est en vertu de cette volonté que nous sommes sanctifiés par l’oblation du corps de Jésus-Christ, une fois pour toutes » 2. Dès le premier instant de son Incarnation, le Fils épouse le dessein de salut divin dans sa mission rédemptrice : « Ma nourriture est de faire la volonté de celui qui m’a envoyé et de mener son œuvre à bonne fin » 3. Le sacrifice de Jésus « pour les péchés du monde entier§536 » 4 est l’expression de sa communion d’amour au Père : « Le Père m’aime parce que je donne ma vie » 5. « Il faut que le monde sache que j’aime le Père et que je fais comme le Père m’a commandé » 6.
Après avoir accepté de Lui donner le Baptême à la suite des pécheurs 1, Jean-Baptiste a vu et montré en Jésus l’Agneau de Dieu§523, qui enlève les péchés du monde 2. Il manifeste ainsi que Jésus est à la fois le Serviteur souffrant qui, silencieux, se laisse mener à l’abattoir 3 et porte le péché des multitudes 4, et l’agneau Pascal symbole de la rédemption d’Israël lors de la première Pâque 5. Toute la vie du Christ§517 exprime sa mission : servir et donner sa vie en rançon pour la multitude 6.