Christ vient de la traduction grecque du terme hébreu « Messie » qui veut dire « oint ». Il ne devient le nom propre de Jésus§690§695 que parce que celui-ci accomplit parfaitement la mission divine qu’il signifie. En effet en Israël étaient oints au nom de Dieu ceux qui lui étaient consacrés pour une mission venant de lui. C’était le cas des rois 1, des prêtres 2 et, en de rares cas, des prophètes 3. Ce devait être par excellence le cas du Messie que Dieu enverrait pour instaurer définitivement son Royaume 4. Le Messie devait être oint par l’Esprit du Seigneur 5 à la fois comme roi et prêtre 6 mais aussi comme prophète 7. Jésus§711-716 a accompli l’espérance messianique d’Israël dans sa triple§783 fonction de prêtre, de prophète et de roi.
10 paragraphes sélectionnés
436, 437, 438, 439, 440, 528, 529, 535, 540, 547
L’ange a annoncé aux bergers la naissance de Jésus comme celle du Messie promis à Israël§525§486 : « Aujourd’hui, dans la ville de David vous est né un Sauveur qui est le Christ Seigneur » 1. Dès l’origine il est « celui que le Père a consacré et envoyé dans le monde » 2, conçu comme « saint » 3 dans le sein virginal de Marie. Joseph a été appelé par Dieu à « prendre chez lui Marie son épouse » enceinte de « ce qui a été engendré en elle par l’Esprit Saint » 4 afin que Jésus « que l’on appelle Christ » naisse de l’épouse de Joseph dans la descendance messianique de David 5.
La consécration messianique de Jésus manifeste sa mission divine. « C’est d’ailleurs ce qu’indique son nom lui-même§727, car dans le nom de Christ est sous-entendu Celui qui a oint, Celui qui a été oint et l’Onction même dont il a été oint : Celui qui a oint, c’est le Père, Celui qui a été oint, c’est le Fils, et il l’a été dans l’Esprit qui est l’Onction » a. Sa consécration messianique éternelle s’est révélée dans le temps de sa vie terrestre lors de son§535 baptême par Jean quand « Dieu l’a oint de l’Esprit Saint et de puissance » 1 « pour qu’il fût manifesté à Israël » 2 comme son Messie. Ses œuvres et ses paroles le feront connaître comme « le saint de Dieu » 3.
De nombreux juifs et même certains païens qui partageaient leur espérance ont reconnu en Jésus les traits fondamentaux§547 du « fils de David » messianique§528-529 promis par Dieu à Israël 1. Jésus a accepté le titre de Messie auquel il avait droit 2, mais non sans réserve parce que celui-ci était compris par une partie de ses contemporains selon une conception trop humaine 3, essentiellement politique 4.
Jésus a accueilli la profession de foi de Pierre qui le reconnaissait comme le Messie en annonçant la passion prochaine du Fils de l’Homme§552 1. Il a dévoilé le contenu authentique de sa royauté messianique à la fois dans l’identité transcendante du Fils de l’Homme « qui est descendu du ciel » 2 et dans sa mission rédemptrice comme Serviteur souffrant : « Le Fils de l’Homme n’est pas venu pour être servi mais§550 pour servir et donner sa vie en rançon pour la multitude » 3. C’est pourquoi le vrai sens de sa royauté n’est manifesté que du haut de la Croix 4. C’est seulement après sa Résurrection§443 que sa royauté messianique pourra être proclamée par Pierre devant le Peuple de Dieu : « Que toute la maison d’Israël le sache avec certitude : Dieu l’a fait Seigneur et Christ, ce Jésus que vous, vous avez crucifié » 5.
L’Épiphanie est la manifestation de Jésus comme Messie d’Israël§711-716, Fils de Dieu et Sauveur du monde. Avec le Baptême§439 de Jésus au Jourdain et les noces de Cana a, elle célèbre l’adoration de Jésus par des « mages » venus d’Orient 1. Dans ces « mages », représentants des religions païennes environnantes, l’Évangile voit les prémices des nations qui accueillent la Bonne Nouvelle du salut par l’Incarnation. La venue des mages à Jérusalem pour « rendre hommage au roi des Juifs » 2 montre qu’ils cherchent en Israël, à la lumière messianique de l’étoile de David 3, celui qui sera le roi des nations 4. Leur venue signifie que les païens ne peuvent découvrir Jésus et l’adorer comme Fils de Dieu et Sauveur du monde qu’en se tournant vers les juifs 5 et en recevant d’eux leur promesse messianique telle qu’elle est contenue dans l’Ancien Testament§122 6. L’Épiphanie manifeste que « la plénitude des païens entre dans la famille des patriarches » b et acquiert la Isrælitica dignitas c.
La présentation de Jésus au Temple§583 1 Le montre comme le Premier-Né appartenant au Seigneur 2. Avec Siméon et Anne c’est toute l’attente d’Israël qui vient à la rencontre de son Sauveur (la tradition byzantine appelle ainsi cet événement). Jésus est reconnu comme le Messie§439 tant attendu, « lumière des nations » et « gloire d’Israël », mais aussi « signe de contradiction ». Le glaive de douleur prédit à Marie annonce cette autre oblation, parfaite et unique§614, de la Croix qui donnera le salut que Dieu a « préparé à la face de tous les peuples ».
Le commencement 1 de la vie publique de Jésus est son Baptême par Jean§438 dans le Jourdain 2. Jean proclamait « un baptême de repentir pour la rémission des péchés » 3. Une foule de pécheurs, publicains et soldats 4, Pharisiens et Sadducéens 5 et prostituées 6 vient se faire baptiser par lui. « Alors paraît Jésus ». Le Baptiste hésite, Jésus insiste : il reçoit le Baptême. Alors l’Esprit Saint§719-720, sous forme de colombe§701, vient sur Jésus, et la voix du ciel proclame : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé » 7. C’est la manifestation (« Épiphanie ») de Jésus comme Messie d’Israël et Fils de Dieu.
La tentation de Jésus manifeste la manière qu’a le Fils de Dieu d’être Messie, à l’opposé de celle que lui propose§2119 Satan et que les hommes 1 désirent lui attribuer. C’est pourquoi le Christ a vaincu le Tentateur§519§2849 pour nous : « Car nous n’avons pas un grand prêtre impuissant à compatir à nos faiblesses, lui qui a été éprouvé en tout, d’une manière semblable, à l’exception du péché » 2. L’Église s’unit chaque année par les quarante jours du Grand Carême au mystère de Jésus au désert.
