Catéchisme

8 paragraphes sélectionnés

466, 468, 470, 473, 477, 481, 483, 626

L’hérésie nestorienne voyait dans le Christ une personne humaine conjointe à la personne§495 divine du Fils de Dieu. Face à elle saint Cyrille d’Alexandrie et le troisième Concile œcuménique réuni à Éphèse en 431 ont confessé que « le Verbe, en s’unissant dans sa personne une chair animée par une âme rationnelle, est devenu homme » a. L’humanité du Christ n’a d’autre sujet que la personne divine du Fils de Dieu qui l’a assumée et faite sienne dès sa conception. Pour cela le Concile d’Éphèse a proclamé en 431 que Marie est devenue en toute vérité Mère de Dieu par la conception humaine du Fils de Dieu dans son sein : « Mère de Dieu, non parce que le Verbe de Dieu a tiré d’elle sa nature divine, mais parce que c’est d’elle qu’il tient le corps sacré doté d’une âme rationnelle, uni auquel en sa personne le Verbe est dit naître selon la chair » b.
Après le Concile de Chalcédoine, certains firent de la nature humaine du Christ une sorte de sujet personnel. Contre eux, le cinquième Concile œcuménique, à Constantinople en 553, a confessé à propos du Christ : « Il n’y a qu’une seule hypostase [ou personne], qui est notre Seigneur Jésus§254-Christ, un de la Trinité » a. Tout dans l’humanité du Christ doit donc être attribué à sa personne divine comme à son sujet propre b, non seulement les miracles mais aussi les souffrances c et même la mort : « Celui qui a été crucifié dans§616 la chair, notre Seigneur Jésus-Christ, est vrai Dieu, Seigneur de la gloire et Un de la sainte Trinité » d.
Parce que dans l’union mystérieuse de l’Incarnation « la nature humaine a été assumée, non absorbée » a, l’Église a été amenée au cours des siècles à confesser la pleine réalité de l’âme humaine, avec ses opérations d’intelligence et de volonté§2599, et du corps humain du Christ. Mais parallèlement, elle a eu à rappeler à chaque fois que la nature humaine du Christ appartient en propre à la personne divine du Fils de Dieu qui l’a assumée. Tout ce qu’il est et ce qu’il fait en elle relève « d’Un de la Trinité ». Le Fils de Dieu communique donc§516 à son humanité son propre mode d’exister personnel dans la Trinité. Ainsi, dans son âme comme dans son corps, le Christ exprime humainement§626 les mœurs divines de la Trinité 1 :
Le Fils de Dieu a travaillé avec des mains d’homme, il a pensé avec une intelligence d’homme, il a agi avec une volonté d’homme, il a aimé avec un cœur d’homme. Né de la Vierge Marie, il est vraiment devenu l’un de nous, en tout semblable à nous, hormis le péché b.
Mais en même temps, cette connaissance vraiment humaine du Fils de Dieu exprimait la vie divine de sa personne a. « La nature humaine du Fils de Dieu, non par elle-même mais par son union au Verbe, connaissait et manifestait en elle tout ce qui convient à Dieu » b. C’est en premier le cas de la connaissance intime et immédiate que le Fils§240 de Dieu fait homme a de son Père 1. Le Fils montrait aussi dans sa connaissance humaine la pénétration divine qu’il avait des pensées secrètes du cœur des hommes 2.
En même temps l’Église a toujours reconnu que, dans le corps de Jésus, « Dieu qui est par nature invisible est devenu visible à nos yeux » a. En effet, les particularités individuelles du corps du Christ expriment la personne divine du Fils de Dieu. Celui-ci a fait siens les traits de son corps humain au point que, dépeints sur une image sainte, ils peuvent être vénérés car le croyant qui vénère son image, « vénère en elle la personne qui y est dépeinte » b.
Jésus-Christ possède deux natures, la divine et l’humaine, non confondues, mais unies dans l’unique Personne du Fils de Dieu.
L’Incarnation est donc le mystère de l’admirable union de la nature divine et de la nature humaine dans l’unique Personne du Verbe.
Puisque le « Prince de la vie » qu’on a mis à mort 1 est bien le même que « le Vivant qui est ressuscité » 2, il faut que la personne divine du Fils de Dieu ait continué à assumer son âme et son corps§470§650 séparés entre eux par la mort :
Du fait qu’à la mort du Christ l’âme a été séparée de la chair, la personne unique ne s’est pas trouvée divisée en deux personnes ; car le corps et l’âme du Christ ont existé au même titre dès le début dans la personne du Verbe ; et dans la mort, quoique séparés l’un de l’autre, ils sont restés chacun avec la même et unique personne du Verbe a.