Catéchisme

Nature humaine de Jésus

6 paragraphes sélectionnés

467, 468, 470, 473, 503, 612

Les monophysites affirmaient que la nature humaine avait cessé d’exister comme telle dans le Christ en étant assumée par sa personne divine de Fils de Dieu. Confronté à cette hérésie, le quatrième Concile œcuménique, à Chalcédoine, a confessé en 451 :
À la suite des saints Pères, nous enseignons unanimement à confesser un seul et même Fils, notre Seigneur Jésus-Christ, le même parfait en divinité et parfait en humanité, le même vraiment Dieu et vraiment homme, composé d’une âme rationnelle et d’un corps, consubstantiel au Père selon la divinité, consubstantiel à nous selon l’humanité, « semblable à nous en tout, à l’exception du péché » 1 ; engendré du Père avant tout les siècles selon la divinité, et en ces derniers jours, pour nous et pour notre salut, né de la Vierge Marie, Mère de Dieu, selon l’humanité.
Un seul et même Christ, Seigneur, Fils unique, que nous devons reconnaître en deux natures, sans confusion, sans changement, sans division, sans séparation. La différence des natures n’est nullement supprimée par leur union, mais plutôt les propriétés de chacune sont sauvegardées et réunies en une seule personne et une seule hypostase a.
Après le Concile de Chalcédoine, certains firent de la nature humaine du Christ une sorte de sujet personnel. Contre eux, le cinquième Concile œcuménique, à Constantinople en 553, a confessé à propos du Christ : « Il n’y a qu’une seule hypostase [ou personne], qui est notre Seigneur Jésus§254-Christ, un de la Trinité » a. Tout dans l’humanité du Christ doit donc être attribué à sa personne divine comme à son sujet propre b, non seulement les miracles mais aussi les souffrances c et même la mort : « Celui qui a été crucifié dans§616 la chair, notre Seigneur Jésus-Christ, est vrai Dieu, Seigneur de la gloire et Un de la sainte Trinité » d.
Parce que dans l’union mystérieuse de l’Incarnation « la nature humaine a été assumée, non absorbée » a, l’Église a été amenée au cours des siècles à confesser la pleine réalité de l’âme humaine, avec ses opérations d’intelligence et de volonté§2599, et du corps humain du Christ. Mais parallèlement, elle a eu à rappeler à chaque fois que la nature humaine du Christ appartient en propre à la personne divine du Fils de Dieu qui l’a assumée. Tout ce qu’il est et ce qu’il fait en elle relève « d’Un de la Trinité ». Le Fils de Dieu communique donc§516 à son humanité son propre mode d’exister personnel dans la Trinité. Ainsi, dans son âme comme dans son corps, le Christ exprime humainement§626 les mœurs divines de la Trinité 1 :
Le Fils de Dieu a travaillé avec des mains d’homme, il a pensé avec une intelligence d’homme, il a agi avec une volonté d’homme, il a aimé avec un cœur d’homme. Né de la Vierge Marie, il est vraiment devenu l’un de nous, en tout semblable à nous, hormis le péché b.
Mais en même temps, cette connaissance vraiment humaine du Fils de Dieu exprimait la vie divine de sa personne a. « La nature humaine du Fils de Dieu, non par elle-même mais par son union au Verbe, connaissait et manifestait en elle tout ce qui convient à Dieu » b. C’est en premier le cas de la connaissance intime et immédiate que le Fils§240 de Dieu fait homme a de son Père 1. Le Fils montrait aussi dans sa connaissance humaine la pénétration divine qu’il avait des pensées secrètes du cœur des hommes 2.
La virginité de Marie manifeste l’initiative absolue de Dieu dans l’Incarnation. Jésus n’a que Dieu comme Père 1. « La nature humaine§422 qu’il a prise ne l’a jamais éloigné du Père [...] ; naturellement Fils de son Père par sa divinité, naturellement fils de sa mère par son humanité, mais proprement Fils de Dieu dans ses deux natures » a.
La coupe de la Nouvelle Alliance, que Jésus a anticipée à la Cène en s’offrant lui-même 1, il l’accepte ensuite des mains du Père dans son agonie à Gethsémani 2 en se faisant « obéissant jusqu’à la mort » 3. Jésus§532§2600 prie : « Mon Père, s’il est possible que cette coupe passe loin de moi... » 4. Il exprime ainsi l’horreur que représente la mort pour sa nature humaine. En effet celle-ci, comme la nôtre, est destinée à la vie éternelle ; en plus, à la différence de la nôtre, elle est parfaitement exempte du péché 5 qui cause la mort 6 ; mais surtout elle est assumée par la personne divine du « Prince de la Vie » 7, du « Vivant » 8. En acceptant dans sa volonté humaine que la volonté du Père soit faite 9, il accepte sa mort§1009 en tant que rédemptrice pour « porter lui-même nos fautes dans son corps sur le bois » 10.