Catéchisme

Révélation de Dieu

8 paragraphes sélectionnés

50, 53, 151, 240, 272, 385, 2583, 2812

Par la raison naturelle, l’homme§36 peut connaître Dieu avec certitude à partir de ses œuvres. Mais il existe un autre ordre de connaissance que l’homme ne peut nullement atteindre par ses propres forces, celui de la Révélation divine a. Par une décision tout à fait libre, Dieu se révèle et se donne à l’homme. Il le fait en révélant son mystère, son dessein bienveillant§1066 qu’Il a formé de toute éternité dans le Christ en faveur de tous les hommes. Il révèle pleinement son dessein en envoyant son Fils bien-aimé, notre Seigneur Jésus-Christ, et l’Esprit Saint.
Le dessein divin de la Révélation se réalise à la fois « par des actions et par des paroles, intimement liées entre elles et s’éclairant mutuellement » a. Il comporte une « pédagogie divine§1950 » particulière : Dieu se communique graduellement à l’homme, Il le prépare par étapes à accueillir la Révélation surnaturelle qu’Il fait de lui-même et qui va culminer dans la Personne et la mission du Verbe incarné, Jésus-Christ§1953.
Saint Irénée de Lyon parle à maintes reprises de cette pédagogie divine sous l’image de l’accoutumance mutuelle entre Dieu et l’homme : « Le Verbe de Dieu a habité dans l’homme et s’est fait Fils de l’homme pour accoutumer l’homme à saisir Dieu et accoutumer Dieu à habiter dans l’homme, selon le bon plaisir du Père » b.
Pour le chrétien, croire en Dieu, c’est inséparablement croire en Celui qu’Il a envoyé, « son Fils bien-aimé » en qui Il a mis toute sa complaisance 1 ; Dieu nous a dit de L’écouter 2. Le Seigneur Lui-même dit à ses disciples : « Croyez en Dieu, croyez aussi en moi » 3. Nous pouvons croire en Jésus-Christ parce qu’Il est Lui-même Dieu, le Verbe fait§424 chair : « Nul n’a jamais vu Dieu ; le Fils unique, qui est dans le sein du Père, Lui, L’a fait connaître » 4. Parce qu’il « a vu le Père » 5, Il est seul à Le connaître et à pouvoir Le révéler 6.
Jésus§441-445 a révélé que Dieu est « Père » dans un sens inouï : Il ne l’est pas seulement en tant que Créateur, Il est éternellement§2780 Père en relation à son Fils unique, qui éternellement n’est Fils qu’en relation au Père : « Nul ne connaît le Fils si ce n’est le Père, comme nul ne connaît le Père si ce n’est le Fils et celui à qui le Fils veut bien Le révéler » 1.
La foi en Dieu le Père Tout-Puissant peut-être mise à l’épreuve par l’expérience du mal et de la souffrance. Parfois Dieu peut sembler absent et incapable d’empêcher le mal. Or, Dieu le Père a révélé sa Toute§309§412-Puissance de la façon la plus mystérieuse dans l’abaissement volontaire§609 et dans la Résurrection de son Fils, par lesquels Il a vaincu le mal. Ainsi, le Christ crucifié est « puissance de Dieu et sagesse de Dieu. Car ce qui est folie de Dieu est plus sage que les hommes et ce qui est faiblesse de Dieu est plus fort que les hommes » 1. C’est dans la Résurrection et dans l’exaltation du Christ que le Père§648 a « déployé la vigueur de sa force » et manifesté « quelle extraordinaire grandeur revêt sa puissance pour nous les croyants » 2.
Dieu est infiniment bon et toutes ses œuvres sont bonnes. Cependant, personne n’échappe à l’expérience de la souffrance, des maux dans la nature – qui apparaissent comme liés aux limites propres des créatures –, et surtout à la question du mal moral. D’où vient le mal ? « Je cherchais§309 d’où vient le mal et je ne trouvais pas de solution » dit saint Augustin a, et sa propre quête douloureuse ne trouvera d’issue que dans sa conversion au Dieu vivant. Car « le mystère de l’iniquité » 1 ne s’éclaire qu’à la lumière du mystère de la piété 2. La révélation de l’amour divin dans le Christ a manifesté§457 à la fois l’étendue du mal et la surabondance de la grâce 3. Nous devons donc considérer la question de l’origine du mal en fixant le regard de notre§1848§539 foi sur Celui qui, seul, en est le Vainqueur 4.
Après avoir appris la miséricorde dans sa retraite au torrent de Kérit, il apprend à la veuve de Sarepta la foi en la parole de Dieu, foi qu’il confirme par sa prière instante : Dieu fait revenir à la vie l’enfant de la veuve 1.
Lors du sacrifice sur le mont Carmel, épreuve décisive pour la foi du peuple de Dieu, c’est à sa supplication que le feu§696 du Seigneur consume l’holocauste, « à l’heure où l’on présente l’offrande du soir » : « Réponds-moi, Seigneur, réponds-moi ! » ce sont les paroles mêmes d’Elie que les liturgies orientales reprennent dans l’épiclèse eucharistique 2.
Enfin, reprenant le chemin du désert vers le lieu où le Dieu vivant et vrai s’est révélé à son peuple, Élie se blottit, comme Moïse, « au creux du rocher » jusqu’à ce que « passe » la Présence mystérieuse de Dieu 3. Mais c’est seulement sur la montagne de la Transfiguration que se dévoilera Celui§555 dont ils poursuivent la Face 4 : la connaissance de la Gloire de Dieu est sur la face du Christ crucifié et ressuscité 5.
Finalement, c’est en Jésus que le Nom du Dieu Saint nous est révélé et donné, dans la chair, comme Sauveur 1 : révélé par ce qu’il Est, par sa Parole et par son Sacrifice§434 2. C’est le cœur de sa prière sacerdotale : « Père saint [...] pour eux je me consacre moi-même, afin qu’ils soient eux aussi consacrés en vérité » 3. C’est parce qu’il « sanctifie » lui-même son Nom 4 que Jésus nous « manifeste » le Nom du Père 5. Au terme de sa Pâque, le Père lui donne alors le Nom qui est au-dessus de tout nom : Jésus est Seigneur à la gloire de Dieu le Père 6.