Catéchisme

Infirmités humaines et Jésus

4 paragraphes sélectionnés

517, 540, 1505, 2602

Toute la vie du Christ est mystère§1115 de Rédemption. La Rédemption nous vient avant tout par le sang de la Croix 1, mais ce mystère est à l’œuvre dans toute la vie du Christ : dans son Incarnation§606 déjà, par laquelle, en se faisant pauvre, il nous enrichit par sa pauvreté 2 ; dans sa vie cachée qui, par sa soumission 3, répare notre insoumission ; dans sa parole qui purifie ses auditeurs 4 ; dans ses guérisons et ses exorcismes, par lesquels « il a pris nos infirmités et s’est chargé de nos maladies » 5 ; dans sa Résurrection, par laquelle il nous justifie 6.
La tentation de Jésus manifeste la manière qu’a le Fils de Dieu d’être Messie, à l’opposé de celle que lui propose§2119 Satan et que les hommes 1 désirent lui attribuer. C’est pourquoi le Christ a vaincu le Tentateur§519§2849 pour nous : « Car nous n’avons pas un grand prêtre impuissant à compatir à nos faiblesses, lui qui a été éprouvé en tout, d’une manière semblable, à l’exception du péché » 2. L’Église s’unit chaque année par les quarante jours du Grand Carême au mystère de Jésus au désert.
Ému par tant de souffrances, le Christ non seulement se laisse toucher par les malades, mais il fait siennes leurs misères : « Il a pris nos infirmités et s’est chargé de nos maladies » 1. Il n’a pas guéri tous les malades. Ses guérisons étaient des signes de la venue du Royaume de Dieu. Ils annonçaient une guérison plus radicale : la victoire sur le péché§440 et la mort par sa Pâque. Sur la Croix, le Christ a pris sur lui tout le poids du mal 2 et a enlevé le « péché du monde » 3, dont la maladie n’est qu’une conséquence. Par sa passion et sa mort sur la Croix, le Christ a donné un sens nouveau à la souffrance : elle peut désormais nous configurer à lui et nous unir à sa passion§307 rédemptrice.
Jésus se retire souvent à l’écart, dans la solitude, sur la montagne, de préférence de nuit, pour prier 1. Il porte les§616 hommes dans sa prière, puisque aussi bien il assume l’humanité en son Incarnation, et il les offre au Père en s’offrant lui-même. Lui, le Verbe qui a « assumé la chair », participe dans sa prière humaine à tout ce que vivent « ses frères » 2 ; il compatit à leurs faiblesses pour les en délivrer 3. C’est pour cela que le Père l’a envoyé. Ses paroles et ses œuvres apparaissent alors comme la manifestation visible de sa prière « dans le secret ».