La venue du Fils de Dieu sur la terre est un événement si immense que Dieu a voulu le préparer pendant des siècles§711§762. Rites et sacrifices, figures et symboles de la Première alliance 1, Il fait tout converger vers le Christ ; Il l’annonce par la bouche des prophètes qui se succèdent en Israël. Il éveille par ailleurs dans le cœur des païens l’obscure attente de cette venue.
8 paragraphes sélectionnés
522, 556, 674, 840, 1001, 1403, 2772, 2816
Au seuil de la vie publique : le Baptême ; au seuil de la Pâque : la Transfiguration. Par le Baptême de Jésus « fut manifesté le mystère de notre première régénération » : notre Baptême ; la Transfiguration « est le sacrement de la seconde régénération » : notre propre résurrection a. Dès maintenant nous participons à la Résurrection du Seigneur par l’Esprit Saint§1003 qui agit dans les sacrements du Corps du Christ. La Transfiguration nous donne un avant-goût de la glorieuse venue du Christ « qui transfigurera notre corps de misère pour le conformer à son corps de gloire » 1. Mais elle nous rappelle aussi qu’« il nous faut passer par bien des tribulations pour entrer dans le Royaume de Dieu » 2 :
Cela Pierre ne l’avait pas encore compris quand il désirait vivre avec le Christ sur la montagne 3. Il t’a réservé cela, Pierre, pour après la mort. Mais maintenant il dit lui-même : Descend pour peiner sur la terre, pour servir sur la terre, pour être méprisé, crucifié sur la terre. La Vie descend pour se faire tuer ; le Pain descend pour avoir faim ; la Voie descend, pour se fatiguer en chemin ; la Source descend, pour avoir soif ; et tu refuses de peiner ? b.
La venue du Messie glorieux est suspendue à tout moment de l’histoire 1 à sa reconnaissance par « tout Israël » 2 dont « une partie s’est endurcie » 3 dans « l’incrédulité » 4 envers Jésus. Saint Pierre le dit aux juifs de Jérusalem après la Pentecôte : « Repentez-vous et convertissez-vous, afin que vos péchés soient effacés et qu’ainsi le Seigneur fasse venir le temps de répit. Il enverra alors le Christ qui vous est destiné, Jésus, celui que le Ciel doit garder jusqu’au temps de la restauration universelle dont Dieu a parlé dans la bouche de ses saints prophètes » 5. Et saint Paul lui fait écho : « Si leur mise à l’écart fut une réconciliation pour le monde, que sera leur assomption, sinon la vie sortant des morts ? » 6. L’entrée de « la plénitude des juifs » 7 dans le salut§840 messianique, à la suite de « la plénitude des païens » 8, donnera§58 au Peuple de Dieu de « réaliser la plénitude du Christ » 9 dans laquelle « Dieu sera tout en tous » 10.
Par ailleurs, lorsque l’on considère l’avenir, le Peuple de Dieu de l’Ancienne Alliance et le nouveau Peuple de Dieu tendent vers des§674 buts analogues : l’attente de la venue (ou du retour) du Messie. Mais l’attente est d’un côté du retour du Messie, mort et ressuscité, reconnu comme Seigneur et Fils de Dieu, de l’autre de la venue du Messie, dont les traits restent voilés, à la fin des temps, attente§597 accompagnée du drame de l’ignorance ou de la méconnaissance du Christ Jésus.
Quand ? Définitivement « au dernier jour » 1 ; « à la fin du monde » a. En effet, la résurrection des morts§1038§673 est intimement associée à la Parousie du Christ :
Car lui-même, le Seigneur, au signal donné par la voix de l’archange et la trompette de Dieu, descendra du ciel, et les morts qui sont dans le Christ ressusciteront en premier lieu 2345.
Lors de la dernière Cène, le Seigneur a lui-même tourné le regard de ses disciples vers l’accomplissement de la Pâque dans le royaume de Dieu : « Je vous le dis, je ne boirai plus désormais de ce produit de la vigne jusqu’au jour où je boirai avec vous le vin nouveau dans le Royaume de mon Père » 1. Chaque fois que l’Église célèbre l’Eucharistie, elle se souvient de cette promesse et son regard se tourne vers « Celui qui vient » 2. Dans sa prière, elle appelle sa venue : « Marana tha » 3, « Viens, Seigneur§671 Jésus » 4, « Que ta grâce vienne et que ce monde passe ! » a.
De cette foi inébranlable jaillit l’espérance qui soulève chacune des sept demandes. Celles-ci expriment les gémissements du temps§1820 présent, ce temps de la patience et de l’attente durant lequel « ce que nous serons n’est pas encore manifesté » 1. L’Eucharistie et le Pater sont tendus vers la venue du Seigneur, « jusqu’à ce qu’il vienne ! » 2.
Dans le Nouveau Testament, le même mot Basileia peut se traduire par royauté (nom abstrait), royaume §541 ou règne (nom d’action). Le Royaume de Dieu est avant nous§2632. Il s’est approché dans le Verbe incarné, il est annoncé à travers tout l’Évangile, il est venu dans la mort et la Résurrection du Christ. Le Royaume de Dieu vient dès la sainte Cène et dans l’Eucharistie, il est au milieu de nous. Le Royaume viendra dans la gloire lorsque le Christ le remettra à son Père :
Il se peut même que le Règne de Dieu signifie le Christ en personne, lui que nous appelons de nos vœux tous les jours, et dont nous voulons hâter l’avènement par notre attente. Comme il est notre Résurrection, car en lui nous ressuscitons, et peut être aussi le Règne de Dieu, car en lui nous régnerons (saint Cyprien, de Dominica oratione 13 : PL 4, 527C-528A).
