Catéchisme

« Devenir enfant »

4 paragraphes sélectionnés

526, 2517, 2785, 2837

« Devenir enfant » par rapport à Dieu§460 est la condition pour entrer dans le Royaume 1 ; pour cela il faut s’abaisser 2, devenir petit ; plus encore : il faut « naître d’en haut » 3, « naître de Dieu » 4 pour « devenir enfants de Dieu » 5. Le mystère de Noël s’accomplit en nous lorsque le Christ « prend forme » en nous 6. Noël est le mystère de cet « admirable échange » :
O admirable échange ! Le créateur du genre humain, assumant un corps et une âme, a daigné naître d’une vierge et, devenu homme sans l’intervention de l’homme, Il nous a fait don de sa divinité a.
Le cœur est le siège de la personnalité morale : « C’est du cœur que viennent intentions mauvaises, meurtres, adultères et inconduites§368 » 1. La lutte contre la convoitise charnelle passe par la purification du cœur et la pratique de la tempérance§1809 :
Maintiens-toi dans la simplicité, l’innocence, et tu seras comme les petits enfants qui ignorent le mal destructeur de la vie des hommes a.
Un cœur humble et confiant qui nous fait « retourner à l’état des enfants » 1 : car c’est aux « tout petits » que§2562 le Père se révèle 2 :
C’est un regard sur Dieu seul, un grand feu d’amour. L’âme s’y fond et s’abîme en la sainte dilection, et s’entretient avec Dieu comme avec son propre Père, très familièrement, dans une tendresse de piété toute particulière a.
Notre Père : ce nom suscite en nous, tout à la fois, l’amour, l’affection dans la prière, [...] et aussi l’espérance d’obtenir ce que nous allons demander. [...] Que peut-il en effet refuser à la prière de ses enfants, quand il leur a déjà préalablement permis d’être ses enfants ? b.
« De ce jour ». Ce mot, épiousios, n’a pas d’autre emploi dans le Nouveau Testament. Pris dans un sens temporel§2659, il est une reprise pédagogique de « aujourd’hui » 1 pour nous confirmer dans une confiance « sans réserve ». Pris au sens qualitatif, il signifie le nécessaire à la vie, et plus largement tout bien suffisant pour la subsistance 2. Pris à la lettre §2633 : « sur-essentiel »), il désigne directement le Pain de Vie, le Corps du Christ, « remède§1405 d’immortalité » (saint Ignace d’Antioche) sans lequel nous n’avons pas la Vie en nous a. Enfin, lié au précédent, le sens céleste est évident : « ce Jour » est celui du Seigneur§1166, celui du Festin du Royaume, anticipé dans l’Eucharistie qui est déjà l’avant-goût du Royaume qui vient. C’est pourquoi il convient que la Liturgie eucharistique soit§1389 célébrée « chaque jour ».
L’Eucharistie est notre pain quotidien. La vertu propre à ce divin aliment est une force d’union : elle nous unit au Corps du Sauveur et fait de nous ses membres afin que nous devenions ce que nous recevons. [...] Ce pain quotidien est encore dans les lectures que vous entendez chaque jour à l’Église, dans les hymnes que l’on chante et que vous chantez. Tout cela est nécessaire à notre pèlerinage 3.
Le Père du ciel nous exhorte à demander comme des enfants du ciel, le Pain du ciel. b. Le Christ « lui-même est le pain qui, semé dans la Vierge, levé dans la chair, pétri dans la Passion, cuit dans la fournaise du sépulcre, mis en réserve dans l’Église, apporté aux autels, fournit chaque jour aux fidèles une nourriture céleste » (saint Pierre Chrysologue, sermones 71 : PL 52, 402D).