Catéchisme

Amitié entre Dieu et l’homme

11 paragraphes sélectionnés

55, 277, 355, 374, 384, 396, 1023, 1030, 1468, 1863, 2709

Cette Révélation n’a pas été interrompue par le péché§397§761 de nos premiers parents. Dieu§410, en effet, « après leur chute leur promit une rédemption, leur rendit courage en les faisant espérer le salut ; sans arrêt, Il montra sa sollicitude pour le genre humain, afin de donner la vie éternelle à tous ceux qui par la constance dans le bien cherchent le salut » a.
Comme il avait perdu ton amitié en se détournant de Toi, tu ne l’as pas abandonné au pouvoir de la mort. [...] Tu as multiplié les alliances avec eux b.
Dieu manifeste sa Toute-Puissance en nous convertissant de nos péchés et en nous rétablissant dans son amitié par la grâce : « Dieu, qui donnes la preuve suprême de ta puissance, lorsque tu patientes et prends pitié... » a.
« Dieu créa l’homme à son image, à l’image de Dieu§1700 il le créa, homme§343 et femme il les créa » 1. L’homme tient une place unique dans la création : il est « à l’image de Dieu » (I) ; dans sa propre nature il unit le monde spirituel et le monde matériel (II) ; il est créé « homme et femme » (III) ; Dieu l’a établi dans son amitié (IV).
Le premier homme n’a pas seulement été créé bon, mais il a été constitué dans une amitié avec son Créateur§54 et une harmonie avec lui-même et avec la création autour de lui telles qu’elles ne seront dépassées que par la gloire de la nouvelle création dans le Christ.
La révélation nous fait connaître l’état de sainteté et de justice originelles de l’homme et de la femme avant le péché : de leur amitié avec Dieu découlait la félicité de leur existence au paradis.
Dieu a créé l’homme à son image et l’a constitué dans son amitié. Créature spirituelle, l’homme ne peut vivre cette§1730§311 amitié que sur le mode de la libre soumission à Dieu. C’est ce qu’exprime la défense faite à l’homme de manger de l’arbre de la connaissance du bien et du mal, « car du jour où tu en mangeras, tu mourras » 1. « L’arbre de la connaissance du bien et du mal » 2 évoque symboliquement la limite infranchissable que l’homme, en tant que créature, doit librement reconnaître et respecter avec confiance. L’homme dépend du Créateur, il est soumis aux lois de la création§301 et aux normes morales qui règlent l’usage de la liberté.
Ceux qui meurent dans la grâce et l’amitié de Dieu, et qui sont parfaitement purifiées, vivent pour toujours avec§954 le Christ. Ils sont pour toujours semblables à Dieu, parce qu’ils le voient « tel qu’il est » 1, face à face 2 :
De notre autorité apostolique nous définissons que, d’après la disposition générale de Dieu, les âmes de tous les saints [...] et de tous les autres fidèles morts après avoir reçu le saint Baptême du Christ, en qui il n’y a rien eu à purifier lorsqu’ils sont morts, [...] ou encore, s’il y a eu ou qu’il y a quelque chose à purifier, lorsque, après leur mort, elles auront achevé de le faire, [...] avant même la résurrection dans leur corps et le Jugement général, et cela depuis l’Ascension du Seigneur et Sauveur Jésus-Christ au ciel, ont été, sont et seront au ciel, au Royaume des cieux et au Paradis céleste avec le Christ, admis dans la société des saints anges. Depuis la passion et la mort de notre Seigneur Jésus-Christ, elles ont vu et voient l’essence divine d’une vision intuitive et même face à face, sans la médiation d’aucune créature 3.
Ceux qui meurent dans la grâce et l’amitié de Dieu, mais imparfaitement purifiés, bien qu’assurés de leur salut éternel, souffrent après leur mort une purification, afin d’obtenir la sainteté nécessaires pour entrer dans la joie du ciel .
« Toute l’efficacité de la Pénitence consiste à nous rétablir dans la grâce de Dieu et à nous unir à Lui dans une souveraine amitié » a. Le but et l’effet de ce sacrement sont donc la réconciliation avec Dieu. Chez ceux qui reçoivent le sacrement de Pénitence avec un cœur contrit et dans une disposition religieuse, « il est suivi de la paix et de la tranquillité de la conscience, qu’accompagne§2305 une forte consolation spirituelle » b. En effet, le sacrement de la réconciliation avec Dieu apporte une véritable « résurrection spirituelle », une restitution de la dignité et des biens de la vie des enfants de Dieu dont le plus précieux est l’amitié de Dieu 1.
Le péché véniel affaiblit la charité ; il traduit une affection désordonnée pour des biens créés ; il empêche les§1394 progrès de l’âme dans l’exercice des vertus et la pratique du bien moral ; il mérite des peines§1472 temporelles. Le péché véniel délibéré et resté sans repentance nous dispose peu à peu à commettre le péché mortel. Cependant le péché véniel ne rompt pas l’Alliance avec Dieu. Il est humainement réparable avec la grâce de Dieu. « Il ne prive pas de la grâce sanctifiante ou déifiante et de la charité, ni par suite, de la béatitude éternelle » a :
L’homme ne peut, tant qu’il est dans la chair, éviter tout péché, du moins les péchés légers. Mais ces péchés que nous disons légers, ne les tiens pas pour anodins : si tu les tiens pour anodins quand tu les pèses, tremble quand tu les comptes. Nombre d’objets légers font une grande masse ; nombre de gouttes emplissent un fleuve ; nombre de grains font un monceau. Quelle est alors notre espérance ? Avant tout, la confession. b.
Qu’est-ce que l’oraison ? Sainte Thérèse répond : « L’oraison mentale n’est, à mon avis, qu’un commerce intime d’amitié où l’on s’entretient souvent§2562-2564 seul à seul avec ce Dieu dont on se sait aimé » (libro de la vida 8).
L’oraison cherche « celui que mon cœur aime » 1. C’est Jésus, et en lui, le Père. Il est cherché, parce que le désirer est toujours le commencement de l’amour, et il est cherché dans la foi pure, cette foi qui nous fait naître de lui et vivre en lui. On peut méditer encore dans l’oraison, toutefois le regard porte sur le Seigneur.